PJD: Benkirane se met en position pour un troisième mandat
Le conseil national du PJD a élu les membres de la commission chargée de préparer le congrès qui renouvellera, l’été prochain, toutes les instances du parti. La désignation de proches de l’actuel secrétaire général laisse penser que cet organe proposera d’amender les statuts du PJD pour lui permettre de rempiler à un 3e mandat.
Reporté d’un an en mai 2016, le 8e congrès national du PJD devrait finalement se tenir mi-2017 pour renouveler les mandats du secrétaire général, des membres du secrétariat général, du président du conseil national ainsi que des responsables régionaux et locaux du parti de la lampe.
Si aucune date définitive n’a été arrêtée lors du conseil national du 10 et 11 février dernier, Saâdeddine El Othmani, qui préside le parlement du parti nous déclare qu’il devrait se tenir entre les mois de juin et août prochains.
En fonction de l’avancement des travaux de préparation du congrès, c’est aux membres de la commission préparatoire qu’il reviendra de proposer une date au conseil national pour validation.
Cette commission proposera au parlement du parti un agenda d’organisation du congrès ainsi que la préparation du programme politique du PJD pour les quatre prochaines années. Pour l’aider, 4 sous-commissions ont été chargées de l’organisation, de la logistique, des médias et du volet politique.
A la tête de cette commission stratégique, le conseil national a élu le député et syndicaliste Mohamed Yatim, dont la candidature a été suggérée et soutenue par le secrétaire général du PJD.
En dehors de Yatim qui est aussi président de la commission des affaires étrangères réputé proche de Benkirane, quatorze autres membres ont été désignés pour organiser le prochain congrès national.
On compte dans cette liste plusieurs autres fidèles comme l’ex-ministre la Communication Mustapha El Khalfi, le directeur général du parti Abdelhak El Arabi, le chef du groupe parlementaire des conseillers Nabil Chikhi, le numéro deux du parti Slimane El Amrani et les députées Amina Maâ El Ainin ou Nezha El Ouafi.
Dans le cas où Benkirane serait tenté par un 3e mandat de secrétaire général, sachant que les statuts limitent cette fonction à deux mandats, la proposition d’amendement doit obligatoirement émaner des membres du conseil national qui la transmettent ensuite aux congressistes pour trancher. Seuls le conseil national ou le congrès ont le pouvoir de modifier le règlement intérieur.
Selon notre interlocuteur, aucune discussion sérieuse sur l’éventualité de permettre à l’actuel secrétaire général de rempiler n’a été engagée, pour l’instant, au sein du conseil national.
Soulignons que contrairement aux autres partis politiques où les candidatures sont libres, au PJD, seul le conseil national peut proposer une liste de candidats supposés représenter les différents courants du parti.
Après avoir été sélectionnés par le conseil national, les noms des candidats sont dévoilés au cours du congrès pour être discutés par les congressistes qui procèdent ensuite au vote.
Interrogé sur le scénario d’une candidature de Benkirane à un troisième mandat du fait de sa proximité avec le président de la commission préparatoire qu’il a coopté à ce poste, M. El Othmani conclut d’un ton sans équivoque que "Yatim n’est proche ni de Benkirane, ni d’un autre éventuel candidat. Il n’avantagera personne car il est au service du parti et pas d’un homme en particulier."
Rappelons toutefois que Benkirane a été élu pour la 1ère fois secrétaire général en 2008 grâce à l’appui du Mouvement de l’unicité et de la réforme (MUR) et que cette matrice idéologique du PJD est actuellement dirigée par un de ses proches, Abderahim Chikhi, qui était jusqu’en 2014 son chef de cabinet à la primature.
Au final, si le congrès a été reporté d’une année pour pouvoir garder le cap avec un leader charismatique pendant la campagne législative, il apparaît que le blocage gouvernemental semble peu propice aux adversaires de Benkirane qui se positionne de plus en plus comme le seul candidat capable de réunir les votes des congressistes.
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