La rupture façon Trump sème la confusion au Proche-Orient
En prenant ses distances avec la solution à deux Etats pour régler l'un des plus vieux conflits du globe, Donald Trump a ravi la droite israélienne, alarmé les Palestiniens et de nouveau semé la confusion sur ses intentions.
En recevant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain a annoncé, le 15 février, que Washington ne s'accrochait plus à la solution à deux Etats, à savoir la création d'un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël.
Cependant, dès jeudi 16 février, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Nikki Haley a nuancé ces déclarations, ajoutant à l'impression de cafouillage projetée par la nouvelle administration Trump.
"Nous soutenons absolument une solution à deux Etats, mais nous songeons aussi à des alternatives", a déclaré Mme Haley, une novice en politique étrangère, après une réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient.
Quant à l'ambassadeur que Donald Trump a nommé en Israël, l'avocat juif américain David Friedman, très controversé pour ses positions radicales en faveur de la colonisation et hostiles aux Palestiniens, il a reconnu devant le Sénat américain chargé de sa confirmation qu'il n'avait "pas de meilleure option" que la solution à deux Etats, tout en se disant "sceptique" sur cette voie de règlement du conflit.
Les propos du président Trump ont rompu avec un principe directeur de la diplomatie américaine adopté par ses prédécesseurs depuis au moins 2001. La solution à deux Etats est aussi la référence d'une grande partie de la communauté internationale, de l'ONU à la Ligue arabe, en passant par l'Union européenne.
Mais le flou de cette déclaration de rupture a semé le trouble.
Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé que le positionnement des Etats-Unis était "très confus et préoccupant" et que l'option à un seul Etat, évoquée aussi par son homologue américain Rex Tillerson lors de leur entrevue jeudi en Allemagne, n'était "pas réaliste".
"La solution à deux Etats reste la seule voie", a abondé l'émissaire de l'ONU pour la paix au Proche-Orient, Nickolay Mladenov.
M. Trump avait redit mercredi sa volonté de présider un accord entre Israéliens et Palestiniens, "vraiment, un formidable accord de paix". Mais sans préciser comment il s'y prendrait, là où ses prédécesseurs ont échoué, sinon pour évoquer une approche régionale préconisée par M. Netanyahu "avec beaucoup, beaucoup de pays".
Comment associer les pays arabes à une entreprise de paix qui n'aboutirait pas à un Etat palestinien indépendant, s'interrogeaient des experts, perplexes.
(Avec AFP)
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