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Le nord-est du Nigeria est coupé du monde

Le nord-est du Nigeria est coupé du monde
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Le 23 février 2017 à 8h51 | Modifié 23 février 2017 à 8h51

A Dikwa, grande ville de l'extrême nord-est du Nigeria, il ne reste plus qu'une voiture civile, plus de moyen de communication, plus de route d'accès sauf sous escorte armée, mais les travailleurs humanitaires s'efforcent de sauver 57.000 personnes coupées du monde.

En moyenne, 200 à 300 déplacés par le conflit opposant depuis 2009 l'armée et le groupe jihadiste Boko Haram arrivent chaque jour, explique le commandant Idriss, en poste à Dikwa. "Ils fuient leur village car il n'y ni nourriture, ni protection là-bas", explique le militaire nigérian.

Deux à trois cents personnes qui arrivent "dans des conditions sanitaires extrêmement précaires, souffrant de déshydratation sévère ou parfois de blessures de guerre, après avoir marché pendant plusieurs jours", résume Abubakar Gambo Adam, infirmier dans une clinique gérée par l'Unicef.

Sous une tente installée devant le petit hôpital, Maimuna Alhazi Kalo attend son tour avec une vingtaine d'autres jeunes mères, leur bébé sur les genoux. Cela fait sept semaines que son petit garçon d'un an suit le programme de nutrition d'urgence, mais il ne pèse toujours pas plus lourd qu'un nouveau-né.

M. Gambo assure toutefois que le nourrisson est tiré d'affaire, grâce aux distributions de "plumpy nut" (pâte super-nutritive) et aux améliorations des conditions sanitaires pour les populations déplacées.

"Lorsque nous sommes arrivés pour la première fois à Dikwa, en juillet 2016, nous recevions 10 nouveaux patients tous les jours. La situation était terrible, il n'y avait pas de nourriture, pas de latrines, les gens mourraient de diarrhées ou du paludisme".

En avril 2016, lorsque les premières villes libérées par l'armée ont été accessibles aux humanitaires, ces derniers ont déclaré l'urgence maximale.

En juillet, Médecins sans frontières lançait un appel aux Nations unies, affirmant par la voix du directeur général de MSF-Suisse que la situation médicale dans le nord-est du Nigeria était "la pire dans le monde".

10.700 tonnes de nourriture

Bama, Monguno, Dikwa, Gwoza, Rann, Damboa... Au fur et à mesure que l'armée nigériane reprend le contrôle des villes, les ONG internationales basées dans la région, ainsi que les agences nationales d'urgence, déploient nourriture, soins, vaccins, tentes pour des dizaines de milliers de personnes.

Dans les hangars du Programme alimentaire mondial (PAM) de la capitale régionale Maiduguri, 10.700 tonnes de riz, de pois, de sucre ou de maïs attendent de partir aux quatre coins de l'Etat du Borno, auprès de 1,3 million de bénéficiaires. Ils sont déjà quatre fois plus qu'il y a cinq mois et devraient bientôt atteindre les 2 millions.

Lors de la conférence des donateurs organisée vendredi à Oslo (Norvège), les Nations unies demanderont une aide financière d'un milliard de dollars pour la région du lac Tchad.

Pour des raisons de sécurité, aucune équipe ne peut rester plus d'une journée à Dikwa, deux en cas d'urgence. Depuis Maiduguri, ville stabilisée prise d'assaut par les ONG, les trajets se font exclusivement par hélicoptère, les routes restant trop dangereuses.

Les ONG s'appuient donc sur des "contractuels" locaux pour gérer la situation au quotidien. A Dikwa, pas de voiture: humanitaires et journalistes dépendent de l'armée nigériane pour se déplacer.

L'armée escorte aussi les 50 camions mensuels de nourriture pour les 57.000 déplacés. Mais faute d'un recensement précis et d'un encadrement efficace, les rations sont mal distribuées et n'atteignent pas tous les foyers.

Dans un des camps surpeuplés de Dikwa, Amina Mohammed, coordinatrice détachée pour l'Organisation internationale des migrations (OIM) tente de convaincre les déplacés de garder leurs tentes propres, de se laver et d'utiliser des latrines en dehors des habitations.

"Je leur répète qu'il faut garder une certaine hygiène, même si je sais très bien qu'ils ont pas de savon et qu'il n'y a déjà pas assez d'eau pour boire", se désole-t-elle.

Elle amuse des centaines d'enfants, pour beaucoup habillés d'un simple chiffon sale et troué, en leur chantant des comptines pour leur apprendre à "tuer les moustiques!", tout en se frappant comiquement le bras, suscitant l'hilarité générale.

"On fait avec ce qu'on a", sourit-elle. Et à Dikwa, cela ne représente pas grand chose.

(Avec AFP)

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Le 23 février 2017 à 8h51

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