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A l’Istiqlal, les réformistes appellent Chabat à une “sortie digne“

L’Istiqlal vit des moments de tensions. “Ce n’est pas un tableau noir“ indique toutefois l’élu Rahal Mekkaoui à Médias 24, il s’agit de revendications pour la démocratie interne“, souligne-t-il. Les réformistes appellent Chabat “à faire le choix d’une sortie digne“.

A l’Istiqlal, les réformistes appellent Chabat à une “sortie digne“
Jamal Amiar
Le 30 mars 2017 à 15h02 | Modifié 30 mars 2017 à 15h02

Le 17ème congrès du parti de l’Istiqlal dont l’ouverture était prévue dans un premier temps pour ce vendredi 31 mars aura lieu à une date ultérieure … que personne ne connaît.

“Le comité d’organisation qui doit compter 150 personnes n’est pas encore constitué; le conseil national n’a pas pu se mettre d’accord sur la répartition régionale de ses membres“ précise Rahal Mekkaoui. Le jeune conseiller de 46 ans de Béni Mellal analyse la crise actuelle du parti à travers le prisme du “nécessaire respect des procédures démocratiques au sein du parti“.

Vice-président du conseil régional de Tanger-Tétouan –Al Hoceima, Mohamed Saoud fait le même constat: “L’actuel secrétaire général Hamid Chabat ne peut pas prendre à titre personnel des décisions qui relèvent du comité exécutif et de ses 27 membres“ clame Saoud qui souhaite que “les prérogatives ne soient pas les mêmes lorsqu’on est secrétaire général et selon que l’on est ou pas candidat à sa propre succession“.

C’est le domicile tangérois de l’élu régional Mohamed Saoud qui a abrité le 18 mars dernier une réunion restreinte d’Istiqlaliens qui ont apporté leur soutien à la démarche de Nizar Baraka contre Hamid Chabat.

Pour Rahal Mekkaoui, “Chabat a été élu démocratiquement avec une étroite majorité de 20 voix sur près de 1.000 exprimées; il se doit également de respecter la démocratie“.

Le dernier congrès du parti s’est tenu en juin 2012.

Le mouvement réformiste revendique la majorité

A la mi-mars mars, le secrétaire général sortant avait perdu la majorité au sein du comité exécutif qui comprend 27 membres dont Hamid Chabat. Ensuite, ce fut au tour des deux groupes parlementaires de se réunir cette semaine et de réclamer le respect par l’actuel SG des procédures du parti.

“De 14 opposants recensés la semaine passée, le chiffre est passé à 16 puis à 18 sur 27, note un élu de l’Istiqlal ; seuls trois membres du comité exécutif s’affichent pro-Chabat“.

Dans un mail diffusé ce jeudi 30 mars, “le mouvement réformiste“ comme il se désigne, revendique le soutien de 69 élus parlementaires sur un total de 70. Ce chiffre était encore de 58 il y a moins de 72 heures. Ce jeudi également, les organisations de scouts et de sportifs affiliés au parti ont démenti tout soutien apporté à Hamid Chabat.

Hamid Chabat, sentant le vent tourner avec la montée de Nizar Baraka au filet et la perte croissante de la majorité au sein du comité exécutif “où  nous avons l’habitude de prendre nos décisions par consensus“ précise Mekkaoui,  organise la contre-offensive.

Sa principale place-forte reste le syndicat UGTM dirigé par Mohamed Kafi Cherrat depuis octobre 2014. Celui-ci défend Chabat. Ancien patron du syndicat UGTM, Chabat en contrôle toujours une partie des rouages.

Selon des sources dignes de foi, “40% des inspecteurs du parti de l’Istiqlal, une structure interne clé, sont également membres de l’UGTM“. Ces passerelles  créent des liens et permettent des verrouillages de procédure, mêmes temporaires.

Selon une source interne du parti, le communiqué de soutien à Chabat publié par l’UGTM la semaine dernière est partiellement faux pour une moins une raison: au moins trois des signataires … n’ont pas assisté à cette fameuse réunion et donc n’ont rien signé et pour cause; ils étaient en réunion au parlement.

L’autre enjeu des coulisses istiqlaliennes est constitué par le contrôle et la position de la jeunesse du parti, la Chabiba. Avec l’UGTM, elle constitue le principal bataillon du parti de Allal El Fassi. Il reste également à scruter l’attitude des économistes istiqlaliens, des femmes ou encore des avocats de l’Istiqlal.

Avec son poids historique, son implantation locale, ses 46 sièges à la première chambre et ses 24 élus à la deuxième chambre, l’Istiqlal ne laisse ni politiques, ni observateurs indifférents. Pour les prochains mois, le parti sera en dehors du gouvernement de coalition tout en se présentant comme un soutien critique du PJD.

Sur le terrain, le parti fait ouvertement la cour à des courants salafistes. L’Istiqlal sait que c’est du côté de  ces courants urbains conservateurs et religieux possiblement déçus du PJD demain qu’il y aura des voix à récupérer.

Selon le calendrier électoral, le Maroc connaîtra en 2021 des élections législatives, régionales et communales. Les enjeux de pouvoir et de postes à pourvoir sont donc importants pour tous les acteurs politiques.

Dans leur mail diffusé ce 30 mars, des élus istiqlaliens appellent Chabat “à ne pas cacher le soleil avec un tamis“ et “à faire le choix d’une sortie digne“. Pour les réformistes, “la majorité des Istiqlaliens souhaitent la mise en place d’une nouvelle direction capable de reconstruire la force du pari d’Allal El Fassi“.

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Jamal Amiar
Le 30 mars 2017 à 15h02

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