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ECONOMIE

Finance participative. Quel impact sur le consommateur et l’économie? Réponse d'expert

Dynamiser la concurrence, booster le canal digital, bonifier les chiffres de l'inclusion financière... autant d'avantages de l'avènement de l'industrie de la finance participative au Maroc. Les détails.

Finance participative. Quel impact sur le consommateur et l’économie? Réponse d'expert
S.E.H.
Le 5 avril 2017 à 17h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

A l’aube du démarrage de l’activité des banques participatives, il est pertinent de se demander quels sont les changements qu'apportera l’industrie de la finance participative, ainsi que son impact aussi bien sur le consommateur final que sur l’économie.

Waïl Aaminou, directeur général du cabinet Al Maali Consulting, spécialisé en finance islamique, énumère plusieurs avantages qui accompagneront l’avènement de cette nouvelle industrie au Maroc. Il s'exprimait lors d'une conférence sur le sujet, organisée ce 30 mars par l'Université internationale de Casablanca.

Notre conférencier parle, tout d’abord, d’une concurrence accentuée dans les secteurs concernés, à savoir la banque et l’assurance.

Au niveau des banques, l’offre participative abondante (avec cinq banques et trois fenêtres participatives) permettra non seulement à l’activité de banque participative de démarrer avec une concurrence saine, mais également de concurrencer l’offre conventionnelle.

Waïl Aaminou évoque, à ce sujet, l’exemple du boom du secteur des télécommunications au début des années 2000, et la dynamique concurrentielle que ce phénomène a créée depuis. Bien évidemment, le tout est en faveur du client final.

Par ailleurs, les institutions ayant obtenu les agréments nécessaires à l’ouverture des banques participatives, ou au lancement de fenêtres participatives, ont quasiment toutes indiqué que le nombre d’agences spécialisées dans les instruments participatifs seront réduits (une douzaine au maximum), d’où l’importance inévitable qui sera accordée aux canaux technologiques.

"La technologie ne sera donc pas une option pour ces institutions, mais une nécessité", affirme M. Aaminou.  Cette accélération digitale fera en sorte que, de par la concurrence, les banques conventionnelles s’y mettront aussi de façon plus agressive. Le tout, encore une fois, à la faveur du client, vu que les canaux technologiques et digitaux sont moins coûteux.

D’un autre côté, la finance participative favorisera indéniablement la dimension sociale chez les entreprises, et plus particulièrement chez les banques. L’aspect social est présent dans l’ADN de cette industrie, qui compte parmi ses principes, le financement de l’économie réelle ou l’interdiction de la spéculation, entre autres.

"Ce qui serait intéressant aussi, c’est de voir comment ces institutions créeront des synergies avec des entités sociales, comme Al Awqaf par exemple. Chose qui se fait d’autres pays", ajoute M. Aaminou.

Pour notre interlocuteur, la finance participative permettra également de renforcer la place de Casablanca Finance City dans le monde. "Pour une place financière qui veut rayonner à l’international, il est indispensable pour elle de compter un compartiment de finance islamique", affirme-t-il.

Autre avantage: l’inclusion financière. Actuellement, nombreux sont les Marocains qui sont exclus du système financier conventionnel, vu que celui-ci ne correspond pas à leurs convictions religieuses.

L’avènement de la finance participative permettra donc non seulement d’augmenter le taux de bancarisation global, mais également de bonifier le taux d’équipement pour ceux qui sont déjà bancarisés mais désirent s’orienter vers des instruments participatifs.

M. Aaminou s’attend également à une augmentation du taux d’épargne, vu que la finance participative offrira dans ce sens des instruments qui répondront mieux aux attentes des personnes qui n’épargnent pas à travers le circuit bancaire.

Ceci étant, notre interlocuteur estime qu’au-delà de ces avantages, la réussite de la finance participative demeure tributaire d’une condition indispensable à sa réussite: la vulgarisation.

Un produit dont la structure n’est pas très claire pour le client, peut susciter une déception chez celui-ci et, tout désalignement des attentes avec l’offre peut provoquer une réception négative de la finance participative: "C’est un véritable challenge pour les banques, et il faut que tous les acteurs de l’éducation financière y mettent la main", conclut M. Aaminou.

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S.E.H.
Le 5 avril 2017 à 17h56

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