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L'Istiqlal s'installe dans la guerre des positions, Chabat perd le contrôle

Le Parti de l'Istiqlal n'a plus un fonctionnement normal. Le siège est partiellement occupé. Le comité exécutif se réunit sans Chabat et malgré son interdiction. Les parlementaires se rebellent. Les organisations parallèles se réunissent sans résultat. Les deux courants qui s'affrontent ont des visions antagonistes des prochaines étapes. Y aura-t-il scission, implosion ou chaos et refondation? Chabat semble perdre le contrôle du parti.

L'Istiqlal s'installe dans la guerre des positions, Chabat perd le contrôle
Samir El Ouardighi
Le 5 avril 2017 à 16h39 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Mardi 4 avril, le siège central de l’Istiqlal situé à Rabat a été le théâtre d’affrontements en coulisses pour préparer l’élection du futur secrétaire général du parti qui pourrait avoir lieu après le ramadan.

De son bureau situé au 1er étage, le secrétaire général sortant a convoqué un Conseil national extraordinaire pour limiter à 150 personnes la composition du comité préparatoire du congrès.

Au rez-de-chaussée, 14 membres du comité exécutif, tous anti-Chabat, ont demandé l’organisation exceptionnelle d’un Conseil national pour élargir le nombre des participants au comité préparatoire du congrès au plus grand nombre et traduire deux proches du secrétaire général devant la commission de discipline. Pour eux, les 150 membres que Chabat veut faire nommer sont tous ses obligés. De ce fait, ils veulent que le comité préparatoire soit ouvert à tout membre du conseil national qui le souhaiterait.

Dans un communiqué publié sur le site du parti, Chabat a qualifié les décisions du comité exécutif de violation des statuts du parti du fait de son absence alors qu’il en est membre de plein droit.

Selon un membre influent du Conseil national, requérant l’anonymat, les décisions antagonistes du comité exécutif et du secrétaire général devraient faire l’objet de plaintes respectives au tribunal.

"On parle du 15 avril pour organiser ce Conseil national extraordinaire qui aura pour seul ordre du jour de déterminer le nombre de membres du comité préparatoire du congrès. Nos statuts énoncent que c’est le comité exécutif qui peut le convoquer et que Chabat n’a pas le droit de l’imposer. Il est donc probable que les deux camps essaieront d’imposer leur décision par voie de justice", prédit notre source.

Hormis la décision d’organiser un Conseil extraordinaire, les 14 membres du conseil exécutif qui étaient présents au siège du parti ont profité de leur réunion pour révoquer deux fidèles de Hamid Chabat et réintégrer un inspecteur tangérois du parti qui avait été limogé par le SG.

Abdelakader El Kihel a été démis de son poste de président de la commission des statuts, seule habilitée à proposer la suppression de l’article 54 qui empêche Nizar Baraka de se présenter au secrétariat général car il n’est pas membre du Conseil exécutif composé de 27 membres, dont Chabat.

Abdellah Bekkali a également été écarté de la présidence du comité préparatoire du futur congrès du fait de son soutien inconditionnel au secrétaire général sortant.

Les participants au comité exécutif ont également demandé qu’ils soient traduits devant la commission de discipline du parti.

Notre interlocuteur avance que ces affrontements qui paralysent la tenue du congrès risquent non seulement de s’éterniser mais surtout d’aboutir à une injonction du ministère de l’Intérieur d’organiser le congrès sous peine de suspension du parti et de retrait des subventions publiques.

"Pour l’instant, on a deux clans qui prennent des décisions contradictoires qui impactent le fonctionnement du parti. Que va décider le groupe parlementaire au moment du vote de confiance du gouvernement et comment va s’organiser le congrès sachant que Chabat tient les cordons de la bourse et que Adil Douiri (avec Mounia Ghoulam) qui est le trésorier du parti ne s’est pas prononcé?", conclut notre source.

Interrogé par Médias24, Tawfik Hjira, président du parlement du parti déclare qu’en dehors de la convocation d’un Conseil national extraordinaire avec un ordre du jour contradictoire, les statuts de l’Istiqlal prévoient la tenue d’une session ordinaire d’un Conseil national, chaque année, en avril et en septembre.

"Chabat est obligé d’accepter ce rendez-vous biannuel qui doit se tenir au courant du mois. Un millier de participants devront voter (ou pas) la suppression de l’article 54. Ce sera déterminant pour résoudre le blocage actuel car soit la majorité réformatrice l’emporte soit ce sera l’implosion du parti qui ressemble à une ville ravagée par un ouragan", ajoute le numéro 2 de l’Istiqlal.

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Samir El Ouardighi
Le 5 avril 2017 à 16h39

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