Sahara: le marathon diplomatique onusien démarre ce vendredi
A 20 jours de la mise au vote d’une résolution pour l’extension du mandat de la Minurso, l’inconnue diplomatique américaine reste entière alors que le rapport du SG de l’ONU, Antonio Guterres, est attendu ce 7 avril.
Antonio Guterres doit remettre aux 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU un rapport sur la situation au Sahara. Le document aura été principalement préparé par l’envoyé spécial de l’ONU, Christopher Ross. Ce dernier a présenté sa démission, effective fin avril, de son poste le 7 mars dernier. Ce document doit à son tour servir de base à la rédaction de la résolution onusienne attendue fin avril au CS de l’ONU.
Par ailleurs, selon des sources de presse basées aux Nations unies à New York, Antonio Guterres doit rencontrer le président Donald Trump la semaine prochaine. Mais il n’a pas été possible ce vendredi de savoir si le dossier du Sahara figurerait à l’ordre du jour de cette rencontre. A l’heure actuelle, les relations entre Washington et l’ONU ne sont pas au beau fixe, le dossier syrien accapare l’attention internationale et le dossier nucléaire nord-coréen représente un souci prioritaire pour les Américains, les Japonais et les Sud-Coréens.
La Minurso et Guergarate
Selon les premières informations concernant le rapport du secrétariat général de l’ONU, devant être remis aux 15 ce vendredi, celui-ci se focalise sur deux points principaux.
Le premier concerne les tensions nées, à Guergarate à la frontière maroco-mauritanienne, depuis le mois d’août. La décision marocaine d’asphalter une route pour assurer un meilleur contrôle sécuritaire et commercial du no man’s land entre les deux pays s’est heurtée à l’opposition d’éléments séparatistes. L’ONU avait fini fin février par demander aux parties d’apaiser les tensions conduisant le Maroc à abandonner le chantier de la route et à retirer ses hommes armés du no man’s land.
Le second point important du rapport revient sur l’avenir du rôle de la composante civile de la Minurso au Sahara abordé par la résolution 2285 (2016) du 29 avril 2016. La Minurso a été créée en 1991 afin de veiller au respect du cessez-le-feu signé entre le Maroc et le polisario.
En mars 2016, au milieu de tensions entre la diplomatie marocaine et le secrétariat général de l’ONU, Rabat avait exigé et obtenu la réduction de la composante civile de la Minurso principalement basée à Laâyoune. Plus de 80 éléments onusiens avaient dû se replier à Las Palmas d’où ils ont pour la plupart continué de servir la Minurso.
Le texte de la résolution regrettait que "la capacité de la Minurso d’exercer pleinement son mandat avait été affectée par le fait que la majorité de sa composante civile, dont son personnel politique, ne pouvait exercer ses fonctions dans la zone d’opérations de la Minurso".
Guterres en première ligne
L’article 11 de la résolution 2285 (2016) "demande au SG d’informer le CS de manière régulière, et au moins deux fois par an, sur le statut et le progrès de ces négociations placées sous ses auspices, sur la mise en œuvre de cette résolution, les challenges posés à la conduite des opérations de la Minurso et les mesures prises pour y répondre (…)".
Le marathon diplomatique qui s’ouvre ce vendredi ne va pas obligatoirement s’achever fin avril avec le vote probable d’une nouvelle résolution. Comme on l’a vu au cours de ces derniers mois, négociations et vifs échanges sur le dossier n’ont pas cessé. Ils se sont poursuivis jusqu’à l’appel à l’apaisement lancé par Antonio Guterres et la décision de Rabat, annoncée le 26 février dernier, de retirer ses troupes du no man’s land afin de ne pas être accusée de violer l’accord de cessez-le-feu onusien.
Du nouveau à Washington et à New York
Au cours des prochains jours, il faudra aussi suivre l’évolution du dossier aux Nations unies avec une optique nouvelle ou, au minimum, différenciée.
Washington compte une nouvelle administration toujours à la recherche de ses marques diplomatiques, ce qui peut réserver quelques surprises. Ce même appareil diplomatique américain voit son budget et ses capacités réduits de près de 30% à partir de 2018, sachant que des dizaines de cadres ont d’ores et déjà présenté leur démission début 2017 en raison de désaccords avec les orientations de l’administration Trump.
Aux Nations unies, la nouvelle ambassadrice US, Nikki Haley, qui se présente comme "un nouveau shérif" travaille en étroite collaboration avec le Conseil national de sécurité et la Maison Blanche. Elle revendique la conduite d’une diplomatie "plus combative et plus agressive".
A ces nouveautés diplomatiques américaines tant à Washington qu’à New York au siège des Nations unies, il faut ajouter l’arrivée d’un nouveau SG onusien le 1er janvier dernier et le départ annoncé de Christopher Ross à la fin de ce mois.
En 2017, le dossier du Sahara peut entrer dans une nouvelle phase diplomatique.
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