Modèle de développement du Maroc. Le diagnostic de l’OCDE
L’OCDE vient de rendre public le premier volume de son rapport sur l’examen multidimensionnel du Maroc où il passe au crible les contraintes au développement du pays.
Il y avait du beau monde dans la grande salle de l’annexe de la primature à Hay Al Irfane à Rabat, ce mardi 11 juillet. Des ministres comme Mohamed Boussaid, Moulay Hafid Elalamy, Houcine Louardi, Aziz Rebbah, Mustapha El Khalfi… Mais également le gouverneur de Bank Al Maghrib, la présidente de la CGEM, le président du Conseil économique, social et environnemental… Même le président du Conseil de la Concurrence Abdelali Benamor, qui avait naguère disparu des radars, était présent.
La raison de ce rassemblement hétéroclite: la présentation de la première partie du rapport sur l’examen multidimensionnel au Maroc, sous la présidence de Saadeddine Elotmani, chef du gouvernement. L’objectif de ce travail mené depuis des années est d’accompagner le Maroc dans l’élaboration de stratégies permettant d’accélérer le développement du pays.
La première partie qui vient d’être bouclée s’attarde sur le diagnostic de la situation actuelle et l’identification des contraintes. Le deuxième volume, en cours de préparation, proposera des recommandations et le troisième analysera les modalités de leur mise en œuvre.
Des contraintes majeures –et toutes liées- ont été identifiées. Leur résolution posera les jalons d’un nouveau modèle économique, selon l’OCDE.
[ci-dessous, vidéo de la première partie de la présentation]
Ces contraintes sont au nombre de trois:
-La faible qualité de la formation des compétences: "A l’exception du primaire, les inégalités territoriales, genre et socio-économiques empêchent l’accès et la généralisation de l’éducation. Les chiffres sont éloquents: 58% des Marocains sont scolarisés au niveau du collège, contre 90% au Viet Nam et en Turquie. En zone rurale, moins d’une fille sur 4 est inscrite au collège…", note le rapport.
L’accent est également mis sur le manque d’adéquation entre la formation et les besoins du marché de travail, handicapant la création d’emplois qualifiés.
-La rareté de secteurs dynamiques, compétitifs à l’international et créateurs d’emploi: la corruption, les difficultés d’accès au financement, la forte présence de l’informel sont cités comme facteurs handicapant l’émergence de ce type de secteurs, et ce en dépit d’une forte ouverture commerciale.
-L’inefficacité de l’action publique. L’OCDE impute cela au manque de cohérence des politiques publiques sectorielles –conçues en silos- et de coordination et de coopération entre les différents services du gouvernement et quand bien même des stratégies de mise en cohérence auraient existé, certains de leurs mécanismes seraient défaillants avec un système d’évaluation archaïque.
Exemple de distorsion: Pour les stratégies, le volet formation est abordé sous un angle sectoriel et non transversal.
Autre exemple. Entre les politiques commerciales et industrielles, des défaillances existent en termes de séquençage: la stratégie industrielle n'a été adoptée qu’en 2005, soit tardivement par rapport à la conclusion des ALE; lancée à partir de 2008. Résultat: ces derniers n’ont pas servi de relais d’exportation…
D’un autre côté, le Maroc a un taux d’investissement public parmi les plus forts au monde: 30% du PIB, mais avec une faible participation à la croissance. Ce n’est que récemment que le ministère des Finances a lancé un projet en collaboration avec la Banque mondiale visant à mettre en place un mécanisme de ciblage et de priorisation des investissements publics (Project management investment) qui sera prêt fin 2017.
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