Casablanca. Grève des commerçants du centre-ville contre la prolifération des vendeurs ambulants
Des magasins du centre-ville historique de Casablanca vont baisser le rideau ce jeudi 13 juillet. Ils protestent contre la dégradation avancée que connaît le quartier depuis quelques années, mais principalement contre la présence envahissante des marchands ambulants.
Les commerçants du centre-ville historique de Casablanca vont faire grève ce jeudi 13 juillet en fermant leurs magasins. "Nous protestons contre la présence des vendeurs ambulants dans notre quartier contre la saleté, l’insécurité et globalement contre la dégradation avancée que connaît le centre-ville de Casablanca", nous explique Ali Bouftass président de l’association Assafaa.
La région concernée va de la rue prince Moulay Abdellah à l’Avenue Mohammed V en passant par toutes les rues avoisinantes et jusqu’à la place des Nations Unies.

La décision a été prise lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire qui s’est tenue à la chambre de commerce de Casablanca le samedi 7 juillet. Plus de 200 personnes sont venues pour exprimer un mécontentement général et pour soutenir la décision de fermeture des magasins ce 13 juillet.
"Nous avons reçu en plus des commerçants, des médecins, des pharmaciens, des avocats, des restaurateurs et même des hôteliers et des experts comptables qui sont impactés par la situation actuelle du centre-ville", explique le président de l’association.

Depuis plusieurs années, les rues piétonnes du centre ville sont remplies de marchands ambulants sauf que, selon les commerçants, la situation a empiré durant les 2 dernières années. Les membres de l’association expliquent que les "ferrachas" qu’on connaît habituellement ne sont plus ceux qui profitent des trottoirs et des rues. "Aujourd’hui, nous ne parlons plus de marchands ambulants, ils sont devenus des commerçants ambulants", précise Ali Bouftass.
Selon lui, ce sont des individus qui sont très bien organisés et qui emploient même jusqu’à 6 personnes pour gérer les ventes avec un stock de marchandises qui dépasse les 100.000 DH. "À cause de la négligence des autorités et du bouche-à-oreille, le nombre des marchands ambulants s’est considérablement multiplié durant la dernière année", estime le président de ladite association.
C’est ce qui a induit, en toute logique, une baisse de l’activité dans le centre-ville. Pour quelques commerces, la baisse du chiffre d’affaires a atteint 60% sur les 3 dernières années.
Ce que les commerçants trouvent désolant, c’est que les autorités doivent traverser les rues bouchées par les colporteurs pour venir les contrôler. "Les autorités ne trouvent aucune gène à venir faire des contrôles pour les sacs en plastiques ou encore pour voir si notre marchandise n’est pas contrefaite, mais ne contrôlent jamais les autres. C’est injuste", déplore Ali Bouftass.
Par ailleurs, l’association Assafaa ne proteste pas seulement contre les vendeurs ambulants, mais aussi pour la dégradation avancée que connaît le centre-ville. Elle déplore qu’un quartier qui a été pendant de très longues années l’un des plus chics devienne mal ou aussi peu fréquenté.
"Pourquoi les efforts du conseil de la ville et des autorités se concentrent sur d’autres quartiers, comme Anfa ou Maarif? La différence est tellement grande entre l’état de ces quartiers et le centre-ville qu’on pourrait penser qu’il ne s’agit pas de la même ville", crie l’un des commerçants du quartier.
Cette anarchie dans le quartier, accompagnée de la connivence et de la négligence des autorités a fait naître une forme d’insécurité, selon notre source. "Le chaos urbain dans lequel le centre-ville est plongé depuis quelques années fait beaucoup de mal aux commerçants, ça fait fuir les clients, la circulation est presqu'impossible dans le quartier et le laisser-aller perdure", résume notre interlocuteur.
Suite à ce mouvement de protestation, les membres de l’association Assafaa veulent ouvrir un dialogue avec les autorités locales. "La dernière pétition que nous avons envoyée au Wali Khalid Safir avant son départ avait réuni plus de 324 signatures, mais nous n’avons reçu aucune réponse de la part des autorités", raconte cette commerçante. Cette action ne sera donc pas la première, menacent ces commerçants.
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