Le changement climatique impacte la disponibilité d'eau potable au Maroc
L’adduction à l’eau potable atteindra fin 2017 un taux de 96,5% de la population. La généralisation est freinée par le changement climatique qui fait baisser le niveau des nappes et des barrages. Des solutions nouvelles s'imposent comme dessaler l'eau de mer.
Aghbala, Khenifra, Beni Mellal, Sidi Slimane, Chaouen, Ouezzane, Taounate: De nombreuses régions ont connu au cours du mois de juillet, des protestations liées à la disponibilité de l’eau potable.
Le Maroc n’est pas le seul pays de la région ni de la planète à souffrir de problèmes liés à l’eau potable. Rome a souffert de coupures allant jusqu’à 8 heures par jour. L’Espagne et la Grèce sont dans des situations similaires. Au Maroc, toutes les villes sont alimentées 24H/24.
Dans les petits centres ou à la campagne, des problèmes persistent.
Le monde rural bénéficiait auparavant du programme PAGER (programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales), lancé en 1995. Il s’agissait d’un programme volontariste basé sur la mise en place d’ouvrages de captage tels que les puits, les forages ou les sources. Des bornes fontaines étaient alimentées par ces ouvrages.
Aujourd’hui, dans la plupart des centres ruraux ou urbains, c’est l’ONEE qui gère l’approvisionnement en eau. La différence avec le PAGER est énorme: l’ONEE puise l’eau dans les grandes sources ou directement aux barrages. Il garantit une eau potable, de qualité et en permanence, 24H/24. L’eau est contrôlée et pérenne.
Sur 681 centres alimentés par l’ONEE, 37 connaissent des problèmes depuis le début de la saison estivale.
30 d’entre eux bénéficient d’une enveloppe d’urgence de 40 MDH, pour la mise en place de systèmes hydriques intégrés.
Les problèmes sont de trois ordres:
-dans des communes situées dans des régions riches en eau (Beni Mellal Khenifra par exemple), la gestion n’est pas donnée à l’ONEE. Des habitants veulent la gratuité et c’est courant dans les communes proches des grandes sources comme c’est le cas dans le Moyen Atlas. Le problème cette année, couleur de l’eau, goût parfois saumâtre, coupures, est provoqué par la baisse de la nappe phréatique.
-Dans des communes comme Souk Sebt, des constructions anarchiques ont proliféré. Les élus ont laissé faire. L’ONEE n’a pas le droit d’effectuer des branchements sans autorisation d’habiter. Les habitants sortent protester, mais le problème est insoluble.
-Enfin, dans des régions comme Ouezzane et Chaouen, on constate une pression sur la nappe par usage illicite.
Les changements climatiques vont impacter de plus en plus la disponibilité en eau du Maroc.
Le dessalement d’eau de mer est une solution qui risque de devenir courante le long du littoral. A Agadir et dans sa région, le dessalement d’eau de mer sera utilisé à la fois pour l’eau potable (avec une capacité de production de 150.000 mètres cubes/jour) et pour l’irrigation (recharger la nappe phréatique).
Idem dans la région de Chtouka avec une capacité de production à 125.000 mètres cubes/jour lors de la première phase pour atteindre 400.000 mètres cubes/jour sur le long terme. Un projet de dessalement d'eau de mer est en cours de lancement pour approvisionner la ville d'Al Hoceima en eau potable avec une capacité de production de 17.500 mètres cubes/jour. Un barrage sera construit dans la région d’Al Hoceima avec un investissement de 1,3 milliards de DH.
Le gouvernement se tourne vers les sources en eau non conventionnelles à travers la mise en œuvre prochaine du Plan national de réutilisation des eaux usées. 325 millions de mètres cubes d'eaux usées seront réutilisées, 28 centres de traitements d'eaux usées seront créés au cours des prochaines années.
Notons que le l’investissement annuel moyen pour la période 2014-2017 dans le domaine de l’eau, s'est élevé à environ 2,8 MMDH, englobant, notamment la production et la distribution de l'eau potable et l'amélioration de la rentabilité du réseau de drainage et de distribution, permettant ainsi une baisse des perturbations dans l’approvisionnement.
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