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Entretien. Aziz Daouda: “L'âge d'or de l'athlétisme marocain avait commencé par la détection des talents”

Aux Mondiaux d’athlétisme, ce mardi 8 aout, le Marocain Soufiyane El Bakkali a remporté la médaille d’argent aux 3.000 steeple. Aziz Daouda qui a été l’un des artisans de l'âge d'or de l’athlétisme marocain et qui est actuellement directeur technique de la Confédération Africaine d’athlétisme, nous livre sa vision sur ce sport au Maroc. Il explique les méthodes de travail qu’il avait mises en place et nous parle de la génération dorée de 1991.  

Entretien. Aziz Daouda: “L'âge d'or de l'athlétisme marocain avait commencé par la détection des talents”
El Mehdi Berrada
Le 9 août 2017 à 16h55 | Modifié 9 août 2017 à 16h55

Médias24. Londres accueille actuellement les mondiaux d’athlétisme, et les Marocains savent que les chances pour avoir des médailles d'or sont très faibles. Pourquoi, selon vous, l’athlétisme marocain n'est plus aussi performant qu’avant ?

Aziz Daouda: Dans l’athlétisme, il y a ce qu’on appelle les fondamentaux de la performance sportive. Ce sont les piliers qu’on ne peut pas occulter et sans lesquels on ne peut pas obtenir de bons résultats sportifs.

Ça commence par la détection des talents. À l'époque, nous avions une cellule qui testait jusqu’à 250.000 jeunes par an, pour n’en choisir qu’une petite trentaine. Nous sillonnions tout le Maroc pour chercher les futurs champions. La chaîne américaine CNN s’est même intéressée à ce travail tellement c’était séduisant pour eux.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au Maroc, nous avons des talents. Ça c’est une certitude, environ 1 sur 10.000 qui pourra faire carrière. Notre travail consistait à le trouver. Ensuite, il fallait qu’il soit intéressé par l’athlétisme, sinon essayer de le convaincre.

Il fallait également lui créer un environnement qui le pousse vers le haut. Cet environnement doit être composé de gens très compétents et non seulement des murs et d'un centre d’entraînement.

Parce que la performance sportive n’est qu’une expression culturelle par le corps, ça n’a rien de mécanique. C’est juste quelqu’un qui a un potentiel qu’il faut parfaire et qu’il va traduire en performances.

Pour moi, une bonne prospection, c’est l’équivalent de 60% du chemin parcouru. Le reste dépend de l’accompagnement qu’on va mettre en place pour faire de ce talent un champion. À ce niveau, il y a plusieurs intervenants comme la fédération, les entraîneurs et même des médias. En tout cas, il n’y a pas un athlète au monde qui est devenu champion tout seul.

-C’est donc comme ça que nous avons eu les athlètes qui ont brillé en 1997 et plusieurs années après?

-Les mondiaux d’athlétisme de 1997 ont été la consécration pour toute une génération d’athlètes marocains, à l’image de Hicham El Guerrouj, Nezha Bidouane, Salah Hissou ou encore Khalid Boulami. C’était la première étape dans le giron mondial pour ces sportifs qui avaient été recrutés en 1991 à l’institut national d’athlétisme.

Les résultats satisfaisants obtenus lors de cette édition, ont confirmé que notre vision était juste. Parce que 6 ans plus tôt, nous avions pris ces jeunes et on leur a expliqué qu’ils étaient capables de devenir champions du monde.

Ils ont cru en nous et la confiance s’est consolidée après les bons résultats. Il est primordial qu’un athlète soit conscient de son potentiel, et c’est tout un travail psychologique qui a été entrepris à ce niveau.

-Pensez-vous que le Maroc peut ou a une chance de briller très prochainement? Peut-on s’attendre à l’arrivée d’un nouveau champion?

-Sur le site de l’IAAF, nous avons accès au ranking des athlètes. Un classement qui est fait d’une façon scientifique sur la base des performances. À partir de ces tableaux, il est possible de voir comment se comportent les athlètes et nous pouvons prévoir leurs futures performances.

Si un sportif fait partie du haut du tableau, c’est qu’il a une chance de briller dans les 3 ou 4 années à venir et sinon ça va être difficile en toute honnêteté.

Pour les Marocains, c’est très simple nous en avons qu’un seul et c’est Soufyane El Bekkali, qui est dans les 5 premiers. Nous n’avons aucun autre athlète qui figure parmi le top 10 de sa catégorie.

Cela dit, des fois il y a des regrets par rapport à quelques athlètes. Je déplore, par exemple, la participation de Rabab El Arafi aux jeux de la francophonie à quelques semaines du championnat du monde.

Normalement, elle aurait dû être en préparation pour les mondiaux et pas à Abidjan. Sa malheureuse défaite en finale à Londres me donne raison alors qu’elle est médaillable, j’en suis certain.

-Les Marocains et contrairement à avant ne sont plus intéressés par ce sport. L’engouement pour l’athlétisme s’est éteint petit à petit. C’est dû à quoi à votre avis?

-L’intérêt pour l’athlétisme au Maroc s’est construit depuis Aouita. Ensuite, nous avons, heureusement, eu une continuité avec d’autres athlètes à l’instar de Khalid Sekkah ou Khalid Boutayb avant d’arriver à la génération d’El Guerrouj.

Il faut dire que le Maroc a brillé lors des mondiaux entre 1997 et jusqu’en 2005. Nous avons été dans le top 10 mondial à cette époque. L’athlétisme marocain était séduisant, et les journalistes du monde entier s’intéressaient à nous. Toutes les chaines de télévision parlaient du Maroc et des athlètes marocains à l’occasion de chaque grande compétition. C’était une fierté pour nous.

C’est ainsi que les Marocains commençaient à y croire. Ils savaient pertinemment que les sportifs marocains allaient leur offrir des médailles à l’occasion des JO ou des mondiaux d’athlétisme. Moi je suis certain que les Marocains aiment beaucoup ce sport, mais ils sont en attente des bons résultats ou des exploits pour exprimer leur engouement.

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El Mehdi Berrada
Le 9 août 2017 à 16h55

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