Que représente le marché marocain pour la Chine ? Une diplomate chinoise et un consultant de Hong Kong répondent
Les échanges, hormis touristiques, ont du mal à décoller entre le Maroc et la Chine. La signature de 15 conventions en mai 2016, à Pékin, a apporté une dynamique limitée. Seule la suppression du visa pour les touristes chinois a donné des résultats.
Interrogée par Médias24 sur l’importance du marché marocain pour la Chine, l’ambassadrice Jinghu Xu livre une réponse diplomatique et réservée qui se focalise sur un point : un avant et un après la visite du Roi à Pékin, en mai 2016.
"Avant cette date, 1.500 touristes chinois visitaient le Maroc chaque année; en 2017, ils sont au nombre de 60.000 et on en attend plus de 100.000 l’année prochaine“, affirme t-elle.
Jinghu Xu a également mis l'accent sur l’accroissement de la coopération culturelle avec le Maroc. “Il existe trois instituts Confucius“, indique-t-elle. En réalité, seulement deux d'entre eux sont fonctionnels : ceux de Casablanca et de Rabat.
Sur les projets de parcs industriels privés, celui de Tanger, et maintenant celui de Fès signé le mois dernier, la diplomate chinoise a botté en touche: “Je ne dispose pas d'assez d'informations concernant les projets de parcs, a-t-elle dit, c’est privé. Le gouvernement chinois encourage toujours les entreprises chinoises performantes à mener des projets à l’étranger“.
Jinghu Xu s'est rattrapée à la fin de l'entretien, en nous révélant que “dans le cadre du projet de la route de la soie, le Maroc jouera un rôle“.
A ce jour et depuis la rencontre Mohammed VI-Xi Ping à Pékin en mai 2016, le PDG de la BMCE Bank of Africa Othman Benjelloun a dû déployer tous ses talents de communicant pour faire renaître le projet de Tanger City Tech.
Le tourisme en attendant l’industrie
Pour Andrew Leung, un ancien diplomate, aujourd’hui converti en consultant pour les affaires en Chine et basé à Hong Kong, ces lenteurs ne surprennent pas outre mesure.
Interrogé par Médias24 en marge d’une conférence tenue au forum MEDays sur les relations entre les BRICS et les pays africains, Andrew Leung rappelle ce qui guide les intérêts chinois en termes de relations économiques extérieures. “Les Chinois, dit-il, recherchent des pays avec des ressources naturelles stratégiques et qui représentent un marché important. C’est pour cela qu’on les voit d’abord au Nigéria, en Ethiopie ou en Egypte, par exemple. Il y a du pétrole, du coton, des populations nombreuses“.
A fin 2015, les échanges commerciaux entre la Chine et le Maroc atteignaient les 3,5 MM de dollars. Pékin est le quatrième partenaire commercial du Maroc.
“La Chine, poursuit M. Leung, cherche aussi des pays où elle peut investir en infrastructures. L’énergie l’intéresse toujours et les terres arables aussi“. Au Maroc, la Chine ne peut pas être dans l’énergie sauf si elle intègre le projet de gazoduc avec le Nigéria. Mais le Maroc n’est pas le seul décideur en la matière.
En matière agricole et d’infrastructures, la présence chinoise est très mince. Seule présence en BTP notable, Othman Benjelloun, encore lui, a décidé d’octroyer à une entreprise chinoise la construction de la future tour BMCE de Rabat sur les berges du Bouregreg.
Andrew Leung met le doigt sur des évolutions récentes qui prennent plus d’importance dans le développement des relations commerciales extérieures chinoises. “Le gouvernement de Pékin, signale-t-il, est plus exigeant avec les engagements financiers extérieurs des entreprises du pays, surtout si elles ont du capital public“.
“Par ailleurs, les pays-hôtes et les opinions publiques deviennent plus exigeants“, rappelle-t-il. “Lorsque la Chine veut faire un parc industriel dans un pays étranger, elle veut ramener sa main d’œuvre, et quand le projet est achevé, une partie des travailleurs qu’elle a amenés restent sur place, parfois créent des réseaux commerciaux qui concurrencent les locaux“. “Enfin, rappelle, Leung, les entreprises chinoises ont mauvaise réputation sur un point-clé : leur respect de l’environnement naturel est faible“.
Pour Andrew Leung, le Maroc a une carte majeure à jouer à court et à moyen termes sur le marché : celle du tourisme. “Le Maroc est unique en ce sens, dit-il. C’est un beau pays avec des paysages romantiques, des monuments historiques... Il faut continuer d’améliorer les offres en direction du marché chinois. Le reste prendra plus de temps“.
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