Modèle de développement: quelles pistes pour le Maroc? Des experts internationaux répondent
La nécessité de construire un nouveau modèle de développement se fait pressante au Maroc. Médias 24 a interrogé à ce sujet des experts connus, en marge des travaux de la 10ème édition du World Policy Conference. Voici leurs points de vue.

Pr Thierry de Montbrial – Fondateur et président de la World Policy Conference
J’estime que le meilleur levier est de s’orienter vers une économie du savoir, qui permet de quasiment gagner une génération. Le Maroc a une réelle carte à jouer en ce domaine, d’autant plus qu’il a déjà commencé dans cette voie avec l’université polytechnique Mohammed VI par exemple.
Les créneaux les plus porteurs sont principalement les technologies de l’information et les technologies liées aux énergies renouvelables. Un autre levier est l’adaptation de ces nouvelles technologies aux besoins spécifiques du Maroc et du continent africain. C’est un choix intelligent et porteur d’avenir.
En matière de développement, il est clair que les efforts doivent se concentrer sur le niveau d’éducation et de formation, avec l’appropriation locale de best practices à l’international.

Pr Yi Xiaozhun, DG adjoint de l’OMC (Organisation mondiale du Commerce)
Au sein de l’OMC, nous encourageons les pays similaires au Maroc à maintenir leur économie ouverte, en instaurant une politique et un climat propices aux affaires.
Parallèlement, le Maroc doit aussi adapter sa politique en matière d’emploi, principalement en renforçant la formation - aussi bien initiale que continue, ce qui permet de disposer d’une force de travail ayant les atouts nécessaires pour être compétitive à l’international.
En complément de ce dispositif, il faut instaurer un système de sécurité sociale qui permet de protéger les employés et, par extension, de consolider la croissance.
Je recommande aussi au Maroc de rejoindre les pays africains qui ont déjà intégré l’initiative de l’OMC en faveur de la facilitation des investissements. Actuellement, le royaume étudie cette option mais n’a pas encore confirmé son adhésion. Cela peut créer de meilleures opportunités de croissance pour le pays, en diversifiant sa capacité d’exportation pour une meilleure intégration dans l’économie mondiale.

Kemal Dervis - vice-président de la Brookings Institution, ancien ministre de l’Economie de Turquie
Le socle d’un modèle de croissance soutenable doit reposer sur un équilibre entre création de richesse et redistribution des revenus, qui est souvent inéquitable. On constate partout dans le monde que les grandes compagnies améliorent leur rendement et leurs bénéfices, alors que les PME souffrent de l’inverse.
A mon avis, il faut se focaliser sur les TPE/PME qui assurent une redistribution plus équitable de la richesse entre différentes couches de la société. La stagnation des salaires est aussi un problème à résoudre pour assurer une croissance équitable et homogène.
On peut par exemple mettre en place une politique fiscale avantageuse, mais cela ne portera vraiment ses fruits que si l’on résout le problème des inégalités. Ce qui m’amène au second point: combattre l’inégalité en matière d’éducation, pas seulement en termes d’accès mais aussi en termes de qualité de l’enseignement dispensé.
Sur un plan macroéconomique, les économies qui s’appuient pour une grande part sur les financements extérieurs ont tout intérêt à rééquilibrer leur modèle et s’orienter davantage vers une croissance inclusive. Sinon, ce sera insoutenable.
De manière générale, il faut garder à l’esprit que les conséquences sociales d’une mauvaise distribution des richesses peuvent être dramatiques, surtout pour un pays en développement.

Jung Sung-Chun, vice-président de l’Institut coréen de politique économique internationale
Le premier axe consiste à développer de nouveaux secteurs de croissance – particulièrement dans l’industrie, en mettant l’accent sur les technologies et les ressources humaines. C’est ce qu’a fait la Corée pendant 30 ans avec les résultats qu’on voit aujourd’hui.
Le gouvernement doit aussi mener une politique fiscale volontariste et avantageuse pour les entreprises, tout en leur demandant d’agir en faveur de l’augmentation des salaires. Cela aura pour conséquence la réduction des inégalités sociales par le renforcement du pouvoir d’achat, ce qui au final bénéficie à l’économie toute entière.
À découvrir
à lire aussi
Article : Aïd Al-Adha 2026 : la CNRA et le RCAR annoncent le versement anticipé des pensions et rentes dès le 20 mai
À l’occasion de l’Aïd Al-Adha, la Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA) et le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR) procèdent au paiement anticipé des pensions et rentes à partir du 20 mai 2026.
Article : Promotions sur Volkswagen, Audi, Cupra, Skoda et Seat
La Centrale Automobile Chérifienne (CAC) et son réseau de concessionnaires viennent de lancer l’édition 2026 du « Village Auto », sa grande campagne commerciale nationale organisée du 11 mai au 15 juin 2026. Ce rendez-vous annuel de l’automobile promet cette année encore une série d’offres exceptionnelles sur plusieurs modèles des marques Volkswagen, Audi, Skoda, Seat et Cupra.
Article : Aïd Al Adha : les abattoirs communaux de Casablanca reprennent le service d’abattage et d’hébergement
À l’occasion de Aïd Al Adha 2026, la commune de Casablanca, à travers la Société de développement local Casablanca Prestations, se mobilise afin d’assurer aux citoyens un service d’abattage professionnel, sécurisé et conforme aux normes sanitaires en vigueur.
Article : Le dossier des “foires d’El Jadida” en délibéré, Hicham El Mhajri bientôt fixé
La chambre des crimes financiers près la cour d’appel de Casablanca a mis en délibéré l’affaire dite des “foires d’El Jadida”, ouverte sur fond de soupçons de dissipation de deniers publics et de gestion litigieuse de ressources communales. L’arrêt est attendu le 22 mai 2026.
Article : Top School in Morocco 2026 : Al Akhawayn, ENCG Settat et ISCAE en tête du classement des écoles de management au Maroc
Le classement Top School in Morocco 2026 distingue les établissements marocains de management selon la perception des recruteurs et leur impact sur le marché de l’emploi, plaçant Al Akhawayn University - School of Business Administration, ENCG Settat et Groupe ISCAE en tête du classement.
Article : Le cas Bouaddi : pourquoi son choix n'est pas une décision de dernière minute
Loin d’être une décision de dernière minute, ce passage sous le pavillon marocain est le résultat d’un processus administratif rigoureux et d’une stratégie de long terme orchestrée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).