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ECONOMIE

Présidence de la CGEM. La précampagne a déjà démarré… en catimini

Les élections auront lieu en avril 2018. Des noms de candidats à la succession de Miriem Bensalah circulent, dont un seul est officiellement déclaré: Hammad Kassal. D’autres jouent la carte de la prudence ou jouent sur les mots, se déclarant prêts à aller au charbon "si le devoir les appelle". 

Présidence de la CGEM. La précampagne a déjà démarré… en catimini
Nabila Fathi
Le 6 décembre 2017 à 21h05 | Modifié 6 décembre 2017 à 21h05

Avril 2018, roulement de tambour à la CGEM. Sauf surprise, Miriem Bensalah quittera la confédération après deux mandats de trois années chacun et cèdera son fauteuil à un nouveau président. Qui sera-t-il? Homme ou femme?  Grande figure du milieu des affaires ou illustre inconnu?

Même si de nombreuses personnes interrogées par nos soins ont répondu qu’il était trop tôt pour en parler, l’ouverture des candidatures étant prévue pour mars prochain, le débat n’est pas si prématuré qu’elles le laissent entendre. 

Hammad Kassal, ex-vice président de la CGEM aux côtés de Moulay Hafid Elalamy, est le premier prétendant à avoir brisé la glace. Il aurait pu faire durer le suspense, attendre mi-mars pour se déclarer, mais il a choisi une autre stratégie, celle de sortir du lot et intéresser les médias. C’est sa marque de fabrique.

Ancien enfant terrible de la confédération, il s’est fait connaître surtout en tant que président de la fédération de la PME et par ses positions hostiles à la politique de Hassan Chami. C’est lui qui a été à l’origine de l’externalisation de la Fédération de la PME avant de rejoindre à nouveau le vaisseau amiral durant le mandat de MHE.

"Je suis la mémoire vivante de la CGEM", nous déclare celui qui a fait ses classes auprès de cinq présidents. "J’y ai côtoyé Lahjouji, Chami, Elalamy, Horani puis Bensalah. La confédération a certes beaucoup évolué, même si elle n’a pas encore tout donné. Elle est passée du statut de club fermé à ses débuts à un mix entre l’ennemi à abattre et la vache à traire durant l’ère Basri, puis à un partenaire incontournable", ajoute-t-il.

Une CGEM qui a évolué, mais également une CGEM de plus en plus puissante.

La CGEM, un enjeu à elle seule

"Ce n’est plus la CGEM d’il y a six ans. Aujourd’hui, elle est devenue un passage obligé. Chaque haut responsable qui se rend au Maroc rencontre les représentants de la CGEM", analyse un connaisseur du monde des affaires.

"Elle est le représentant officiel des employeurs. Pour chaque décret, loi… , la confédération est sollicitée pour avis. Elle est devenue un vrai partenaire des pouvoirs publics. Elle a son propre groupe à la chambre des conseillers, ce qui attise les convoitises", poursuit-il.  

Certes, ce groupe ne compte que 8 membres sur un total de 120, mais parfois ces huit personnes peuvent faire basculer un vote. C’est ce qui s’est passé par exemple pour la réforme des retraites où le patronat a fait pencher la balance en faveur du gouvernement.

En jouant ce rôle, la CGEM est devenue un acteur politique, tout en insistant, à coup de communiqués s’il le fallait, sur son indépendance, en refusant également de prendre la parole publiquement sur le blocage gouvernemental qui a duré près de six mois et en insistant sur son objectif: défendre l’entreprise. Point barre.

"La CGEM n’est pas politique, mais elle fait de la politique malgré elle. Dès lors qu’elle incarne le rôle d’acteur dans la vie économique et sociale, qu’elle peut peser sur une décision, elle est dans la politique. A partir du moment où elle devient un acteur influent et reconnu, elle fait de la politique. Aussi, parfois, elle peut faire des concessions, céder de la voie, nouer des alliances… C’est un jeu purement politique", analyse un observateur du champ politico-économique.

Qui croiseront le fer pour la présidence?

C’est la grande inconnue pour le moment. Officiellement.

Mais les bruits qui courent au sein même de la CGEM citent quelques noms.

Parmi lesquels, Hakim Marrakchi, vice-président de la CGEM.  

"C’est trop tôt pour en parler. L’appel à candidature a lieu le 15 mars. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là. Je reconnais toutefois que beaucoup d’amis m’ont sollicité et j’ai promis d’y réfléchir très sérieusement", nous répond-il.

"S’il y a nécessité, je ne me débinerais pas. Pour le moment, je travaille avec Mme Bensalah et son mandat n’est pas encore terminé", ajoute-t-il.

Autre nom: Khalida Azbane, DG de l’entreprise éponyme.  

"J’ai été sollicitée par de nombreuses personnes pour me présenter, voyant en moi une candidate sérieuse. En plus de l’entreprise familiale, je siège également au conseil économique, social et environnemental, je ne pourrai malheureusement pas endosser d’autres responsabilités", commente-t-elle.

D’autres citent Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM ou encore Mohamed Fikrat, PDG de Cosumar. Tous les deux ont été injoignables.

Une question se pose: Les candidats se bousuleront-ils au portillon, créant un débat d'idées, comme espéré par M.Kassal? Pour rappel, la dernière fois où plusieurs prétendants se sont manifestés remonte à 2003 à l'époque Chami. 

En attendant d'y voir plus calir, le jeu des alliances a déjà commencé en coulisses, confie l'ex-président de la fédération de la PME. Pour le moment, les prétendants préfèrent observer de loin avant de se déclarer candidats. 

MBC encensée par ses pairs

"L’enjeu est que le prochain président fasse aussi bien que l’actuelle présidente qui a mis la barre très haut, a donné une dimension internationale à cette organisation patronale", commente un vieux routier de la confédération.  

"C'est une battante. Une force de proposition. Elle est venue au bon moment, alors que nous avions un gouvernement imprévisible. Son seul tort, ne pas avoir poussé en faveur de la PME", selon M.Kassal.

"Celui ou celle qui présidera aux destinées de la CGEM doit avoir le profil adéquat par rapport aux problématiques de l’entreprise et de la voie choisie par le pays qu’est la réindustrialisation. Il faut que le nouveau président soit capable de porter ce projet avec les pouvoirs publics. Beaucoup de personnes qui pensent qu’il serait préférable que la candidature vienne d’un industriel. En tant que tel, Mme Bensalah a été brillante. Je pense que beaucoup lui demanderont de rester", clame M. Marrakchi.

En changeant  les statuts?

"Le CESE a traité du rôle de la CGEM dans son dernier rapport sur l’industrialisation. Lui conférer un rôle plus important est recommandé. Si cette recommandation se traduit en loi, Miriem Bensalah sera tout à fait capable de porter ce projet", poursuit-il.

De nombreuses sources proches de Miriem Bensalah Cheqroun réfutent catégoriquement cette éventualité. "Elle est profondément démocrate et n’acceptera jamais de prétendre à un troisième mandat".

Les prochaines semaines nous le diront.  

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Nabila Fathi
Le 6 décembre 2017 à 21h05

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