Le fast-fashion ibérique booste les exportations textiles marocaines en 2017
En analysant les chiffres à fin novembre 2017, on constate que les industries textiles marocaines réalisent une grosse performance en 2017, avec un taux de croissance à l'export supérieur à 5%, dans un contexte international de stagnation.
A fin août 2017, les importations globales effectuées par l’UE à partir du reste du monde ont crû de 1% seulement. Cette timide croissance compense à peine la décrue de leurs achats, déjà observée en 2016 (-1%)! (Chiffres de l’IFM Paris).
La Chine avec -2%, continue de perdre des parts dans ce marché (sa baisse était encore de 8% en 2016) à cause du renchérissement de ses coûts de production.
C’est à l’aune de cette quasi-stagnation de l'environnement international, qu’il faudrait apprécier les réalisations marocaines: +6% à fin août 2017, soit la deuxième meilleure croissance, parmi les principaux pays fournisseurs de l’UE! Ces chiffres viennent conforter la croissance positive déjà observée en 2016 : +8.8% !).
Par ailleurs, ces évolutions positives de l’industrie marocaine se confirment par les chiffres globaux à fin novembre 2017, comme il est indiqué dans le tableau ci-dessous (source : Office des changes).

Ces montants plus qu’honorables, sont la conséquence d’un changement de posture chez la majorité des industriels marocains, qui ont su s’adapter aux exigences des cycles courts de production (fast-fashion). Ces derniers sont de plus en plus adoptés par les donneurs d’ordre européens, afin de rafraîchir leur offre en permanence, tout en réduisant leurs stocks et leurs encours de production.
Plusieurs améliorations furent à l’origine de la mutation de l’offre textile marocaine, dont nous citerons à titre d’exemple:
1. La réduction du transit time, entre l’usine marocaine et l’entrepôt européen, grâce notamment à la simplification continue des procédures douanières (catégorisation, digitalisations des formalités, permanences pour l’export….).
2. La réduction des délais d’import des intrants, grâce à une consolidation des volumes et une amélioration des circuits logistiques.
3. La grande flexibilité des capacités d’assemblage (confection), grâce au large réseau de sous-traitants, capable d’absorber les variations soudaines, d’une semaine à l’autre, des volumes à traiter.
L’augmentation des ventes marocaines à l’export, ces deux dernières années, ne devrait cependant pas nous faire oublier la précarité de l’industrie d’habillement. La majeure partie de ses secteurs continuent de souffrir en silence, depuis la grosse maille jusqu’au vêtement de travail, en passant par des filières capitales telles que la maille fine ou encore l’indémaillable.
En effet et en plus de l’absence endémique de l’amont textile, obligeant les opérateurs à importer leurs semi-finis et ce que cela induit comme perte de compétitivité en termes de délais et de prix, les exportations marocaines se concentrent de plus en plus sur le marché du fast-fashion ibérique (presque 60% de l’ensemble des exportations)!
C’est pour remédier à cette situation de dépendance, que les industriels emmenés par leur association (AMITH), avaient pu élaborer leur propre plan d’accélération industrielle avec le ministère de tutelle, où une vision et une stratégie furent établies et les moyens pour les appliquer furent précisés.
Parmi ces derniers, figure le soutien financier de l’Etat aux industriels. Ces aides sont conditionnées par l’exécution effective des plans de développement. La réaction des industriels ne s’est pas fait attendre, puisque les conventions signées cette année se traduiront par plus de 2 MMDH d’investissements.
Ces investissements concernent de grands leaders internationaux, tel que l’Américain Fruit of the loom ou le suisse Triumph, mais aussi des dizaines de PME. Contacté au téléphone, Mohamed Tazi (Directeur de l’AMITH) nous a assuré que ce montant est supérieur aux investissements cumulés des quatre dernières années!!
Toujours selon le directeur de l’association des textiliens, les efforts commerciaux seront concentrés cette année sur le marché allemand et les marchés d’Europe du nord.
C’est d’ailleurs de cette région du globe, que deux grands donneurs d’ordre, et non des moindres commencent à adresser des commandes aux fabricants marocains (H&M et Primark).
Si l’intérêt de ces deux majors se confirmait en 2018, cela diminuerait la dépendance par rapport au marché ibérique et permettrait à l’industrie marocaine d’affronter avec plus de sérénité, ses deux autres défis : la diversification des produits et l’intégration verticale de l’industrie.
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