Guerguerat. Guterres: le trafic civil ne doit pas être perturbé et le statu quo doit rester
Le "polisario" voulait absolument créer une crise qui fasse parler de lui et provoque une réaction du Maroc, à quelques mois du rendez-vous annuel du Conseil de sécurité. Il a obtenu une réaction de Guterres qui confirme la position marocaine et le renvoie à ses bases.
A l'approche du mois d'avril, le "polisario" cherche à rompre le statu quo. Voire à propovoquer une minè-crise. Mais il n'en a pas les moyens, ni militaires,ni diplomatiques, ni juridiques.
Après avoir organisé un "défilé militaire" abondamment relayé par une partie des médias algériens, il a menacé de reprendre les armes contre le Maroc. Une menace dont il n'a évidemment pas les moyens.
Ensuite, il a envoyé trois véhicules dans le no man's land de Guergarate. Une décision illégale au regard de l'accord de cesse-le-feu.Le Ces trois véhicules ont empêché le passage d'un rallye. C'est leur seul fait d'armes. Le Maroc saisit la Minurso. Le no man's land a une largeur inférieure à 5 km. En vertu de l'accord de cessez-le-feu signé en 1991, toute présence y est illégale.
Fin avril 2017, l'ONU avait enjoint au "polisario" de quitter la zone, il avait obtempéré.
Après la prise de position du secrétaire général et du Conseil de sécurité, toute présence éventuelle du "polisario" à Guergarate devient une affaire entre lui et l'ONU.
Dans un communiqué diffusé ce samedi 6 janvier 2018 par Farhan Haq, porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres "est profondément préoccupé par les tensions dans la zone tampon de Guerguerat, près de la frontière mauritanienne".
Le secrétaire général explique que "le retrait du Polisario de Guerguerat en avril 2017, ainsi que le retrait du Maroc de cette région ont été essentiels pour créer un environnement propice à la reprise du dialogue sous les auspices de son Envoyé personnel Horst Kohler".
Ainsi, M. Guterres "appelle les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter l'escalade des tensions".
"Le trafic civil et commercial régulier ne devrait pas être entravé et aucune mesure ne devrait être prise, ce qui pourrait constituer un changement au statu quo de la bande tampon", conclut le communiqué.
Les explications de Omar Hilale
Dans une déclaration à la MAP, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, a pris note avec appréciation du communiqué du Secrétaire Général des Nations Unies.
L’Ambassadeur Hilale a confié que le Maroc a entrepris des démarches à tous les niveaux, dès l’apparition des premiers éléments du «polisario» dans la zone tampon de Guergarate, le 3 janvier. Et d’ajouter qu’après avoir bloqué les participants du Rallye Sahara Desert Challenge, ils ont été obligés de quitter les lieux sur ordre de la Minurso.
M. Hilale a indiqué que le Maroc est revenu, vendredi, à la charge auprès des plus hauts fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et saisi les 15 membres du Conseil de sécurité pour les alerter sur la gravité du déploiement de nouveaux éléments armés du «polisario» à Guergarate, vendredi matin, et des menaces de ce dernier de bloquer le passage, ce lundi 8 janvier, du Rallye Africa Eco Race. Il a appelé tous ses interlocuteurs à assumer fermement et promptement leur responsabilité en exigeant le départ immédiat et inconditionnel du «polisario» de la zone de Guergarate.
L’ambassadeur du Maroc a ajouté que le Royaume condamne vigoureusement ces actes de provocation répétitifs du «polisario», qui violent les accords militaires, mettent en péril le cessez-le-feu en place depuis 1991 et menacent dangereusement la sécurité et la stabilité dans la région. Ces agissements irresponsables du «polisario» constituent un défi à la communauté internationale et un affront au Secrétaire général et au Conseil de sécurité.
L’ambassadeur considère que le communiqué du Secrétaire général est aussi clair que fort dans son injonction au «polisario» pour ne pas entraver, d’aucune manière la liberté de circulation civile et commerciale.
M. Hilale a averti que les présentes manœuvres du «polisario» visent désespérément à recréer le même scénario de crise que celui de mars et avril derniers. Le «polisario» fait ainsi preuve d’amnésie, en oubliant qu’il a été contraint de retirer ses éléments armés, suite à la menace d’une condamnation, sans équivoque, du Conseil de sécurité et d’une sommation de 15 jours pour obtempérer.
L’ambassadeur du Maroc déplore profondément que la répétition de ce scénario est la preuve que le «polisario» et l’Algérie qui le finance, l’arme et achète les pickups qui bloquent la route à Guergarate, ne tirent pas les leçons de leur échec cuisant d’avril dernier.
Interrogé sur le rappel par le Secrétaire général du lien entre le retrait du «polisario» et l’impératif d’un environnement conduisant à la reprise du dialogue politique, M. Hilale a répondu que l’avertissement par M. Antonio Guterres est très important, car ce dernier est conscient qu’aucun processus politique n’est possible quand les autres parties optent pour la provocation et l’escalade. Le Royaume du Maroc, à l’instar du Secrétaire général et des membres du Conseil de sécurité, considère que les provocations du «polisario» sont antinomiques aux efforts actuels de M. Köhler pour relancer le processus politique, a précisé M. Hilale.
L’ambassadeur du Maroc a averti qu’aucun processus politique n’est possible tant que les autres parties persistent dans leurs violations récurrentes des accords militaires et du cessez-le-feu, ainsi que dans leur habituelle tactique de la tension et de la crise, à la veille des échéances onusiennes. Comme le rappelle le communiqué du Secrétaire général de ce matin, le processus politique a impérativement besoin d’un environnement de sérénité, de calme et de respect des engagements pris.
Le Royaume a respecté ses engagements depuis la crise de l’année dernière et n’a entrepris aucun acte affectant le statut de la zone tampon de Guergarate. Il fait preuve de retenue comme le souhaite de Secrétaire général. Cependant, sa patience a des limites, a-t-il conclu.
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