L'usage des cartes de paiement contactless appelé à s'étendre au Maroc
Désormais au Maroc, les porteurs de cartes Visa pourront effectuer des paiements "sans contact" (Système Tap & pay). C’est ce qui ressort d’un communiqué publié le 4 janvier par le leader mondial du paiement électronique.
MasterCard l’avait déjà fait 3 ans auparavant, dans le cadre des comptes-jeunes de la banque CIH, mais ses cartes sans contact n’avaient pas été généralisées sur le marché marocain.
Aujourd’hui, le lancement de cette technologie par le leader du marché marocain (7 millions de cartes en circulation contre 1,5 million pour MasterCard) devrait accélérer son adoption par le client national.
La simplicité de leur utilisation séduirait plus d’un. Il suffit d’approcher sa carte des terminaux dédiés (Point of Sale ou POS). La moitié d’une seconde suffirait pour boucler la transaction. Une distance inférieure à 4 cm entre la carte et le terminal, est nécessaire, afin de prévenir tout risque de transactions non autorisées. Ce système ne nécessite ni saisie de code confidentiel ni signature.
Cependant et malgré ses commodités évidentes, cette technologie ne pourra s’étendre, qu’à condition que les acteurs concernés «jouent le jeu» et agissent de concert pour son implantation effective. Il s’agit des banques, du CMI, des commerçants et du client bien sûr.
- Le centre monétique marocain (CMI): Créé et contrôlé par les banques, il aura pour mission d’achever l’installation des terminaux nécessaires (POS) sur l’ensemble du territoire.
Sur un total de 38.000 TPE, 13.000 sont déjà prêts à recevoir les cartes "Tap & Pay" et le directeur général du centre prévoit d’atteindre le chiffre de 20.000 unités en fin d’année 2018 (les malls et les magasins BIM en sont déjà équipés et la chaîne Marjane le sera cette année). L’éditeur des cartes Visa subventionne la mise en place de ces terminaux.
Il est à noter que le passage par le CMI n'est pas incontournable, car l'entreprise NAPS elle-même filiale du spécialiste marocain de la monétique "M2M", propose aux commerçants ses propres TPE contactless, capables de lire les différentes cartes de paiement. C'est cette technologie qui a été utilisée par Attijariwafa Bank pour ses cartes contactless lancées en 2015.
- Les banques: Elles devront éditer les "contactless" pour remplacer progressivement les cartes classiques en circulation. BMCE fait figure de pionnière à cet égard, car elle en a déjà distribué plus de 400.000 au 30 septembre 2017.
Comme leurs consœurs occidentales (en France le plafond est de 30€), les banques marocaines devront aussi prévoir le montant en deçà duquel elles ne feraient plus de contrôle en ligne du compte-client, car cette opération demande du temps et réduit la rapidité de ce nouveau système.
- Les commerçants: Les freins chez ces troisièmes acteurs ne concernent pas le contactless proprement dit, car il leur sera forcément bénéfique dans la mesure où il réduira le temps de passage en caisse. Il s’agit surtout pour eux de vaincre leurs appréhensions classiques concernant les paiements par carte et leurs coûts supposés.
Le directeur général adjoint du CMI, que nous avons contacté pour des éclaircissements, nous a assuré que les commissions au Maroc se situent dans la moyenne mondiale et qu’elles sont modulées en fonction des secteurs concernées (0,9% pour les petits commerces, 0,3% pour les stations-services et 2,25% pour les restaurants). Par ailleurs, les coûts de connexion avec le serveur de la banque, ne sont plus rédhibitoires grâce au remplacement de la ligne téléphonique par l’ADSL.
- Les clients: Certains usagers devront dépasser le frein psychologique et la peur latente d’être victimes d’une utilisation frauduleuse de leurs cartes.
La première crainte concerne un piratage à distance des données confidentielles de leurs cartes par des malfrats et leurs utilisations dans des sites d’achats en ligne ou autres. Les éditeurs Visa et MasterCard affirment que leurs cartes sont inviolables, car elles bénéficient des dernières technologies et des ultimes techniques de cryptographie.
La seconde crainte concerne l’absence de protection en cas de vol de la carte, car le voleur n’aura pas besoin de connaître son code confidentiel pour en abuser. Pour contrer ce risque, l’éditeur Visa nous a affirmé que le client pourra toujours définir en concertation avec sa banque, le montant plafond au-delà duquel, la saisie du code confidentiel deviendrait obligatoire.
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