L'Anavi lance une campagne de sensibilisation contre l'abattage du poulet dans les tueries
L'Association nationale des abattoirs industriels avicoles (Anavi) a récemment lancé une campagne de sensibilisation sur l'abattage avicole dans les tueries. Dans un premier temps, deux capsules vidéo ont été lancées sur les réseaux sociaux. Deux autres suivront par la suite sur internet, et peut-être sur d'autres supports.
Les 10 et 17 janvier derniers, deux vidéos ont été publiées sur Facebook et Youtube par l'Anavi.
Contacté par Médias 24, le Président de l'Association Omar Benayachi nous explique que cette campagne vise à "sensibiliser le consommateur marocain sur les bonnes pratiques en matière d'abattage de la volaille", le but n'étant pas de s'attaquer aux tueries, mais de trouver des solutions pour les faire évoluer vers un secteur formel et contrôlé tout en préservant la santé publique.
"Aujourd'hui, la loi 49-99 interdit l'abattage dans les tueries. Celles-ci, n'étant pas agréées par l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ne sont pas contrôlées".
"L'abattage avicole doit se faire dans les abattoirs agréés, et doit être contrôlé par l'ONSSA sur plusieurs aspects: traçabilité, respect du protocole d'abattage, conformité des lieux par rapport aux prescriptions de la loi, règles d'hygiène très strictes.... Il doit suivre de ce fait un processus bien défini, notamment la séparation du vif et de l'abattu, l'éviscération, et le respect de la chaîne de froid pour préserver la qualité du produit".
"Notre but n'est pas d'arrêter l'activité des tueries, mais de trouver des solutions concrètes pour les transformer. Les tueries se trouvent dans des endroits stratégiques (tels que les marchés de proximité), et il y a une façon de faire évoluer ce système, à l'instar de la Tunisie en 2006 ou encore la Turquie, après l'apparition de la grippe aviaire".
"Les tueries peuvent donc être transformées en points de vente. Le poulet sera vendu abattu, aux côtés de la dinde, de la charcuterie et de tous les autres produits frais, comme partout dans les pays développés".
Dans ce sens, un contrat-programme a déjà été signé en 2017 par le gouvernement et les fédérations et associations professionnelles de l'agroalimentaire, dont la Fisa, et doit, à présent, être appliqué.
Il s'agit entre autres d'accorder une subvention de 30.000 DH pour leur adaptation à ce nouveau modèle de transformation. Les tueries qui disposent des moyens et espaces suffisants peuvent évoluer vers des abattoirs de proximité, à condition de satisfaire les conditions du CPS (cahier des prescriptions spéciales), obtenir l'agrément de l'ONSSA et s'engager à ne livrer que les particuliers et en aucun cas les restaurateurs quelle que soit leur taille.
"La commercialisation est, au stade actuel, le maillon faible du secteur avicole au Maroc. A peine 8% du poulet commercialisé est soumis au contrôle de l'ONSSA", conclut M. Benayachi.
Quatre capsules vidéo
Pour notre compagne, "nous avons commencé par une capsule sur les prix", nous indique le Président de l'Anavi. Le consommateur marocain croit que les prix proposés chez une tuerie sont moins élevés. Les faux frais ne sont donc pas comptés, "ainsi que la partie sanitaire qui n’a pas de prix".
"Quand on enlève les viscères, les pattes, et les plumes... on se retrouve avec exactement le même prix que celui proposé par les abattoirs agréés, mais avec un produit contrôlé, emballé, et avec une date limite de consommation..."
La deuxième capsule s'attaque quant à elle au "contrôle qualité et à la traçabilité".
Les deux autres vidéos qui suivront seront destinées au "Halal", et à "la restauration collective". Rappelons qu'il est formellement interdit pour tous les établissements de la restauration collective (snacks, rôtisseries, ou grand hôtels) de s'approvisionner dans des lieux autres que les abattoirs agréés.
"Nous sommes également en train de chercher des financements pour communiquer à travers d'autres circuits ", nous explique M. Benayachi.
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