Sahara. Ce qu’il faut retenir de l’invitation lancée par Horst Köhler
L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, a entamé jeudi 25 janvier, sa série de rencontres bilatérales avec les parties. Sa première rencontre a eu lieu avec une délégation du “polisario“ conduite par son chef Brahim Ghali.
Köhler a invité le ministre marocain des Affaires étrangères, le chef du “polisario“ ainsi que l’Algérie et la Mauritanie à des rencontres “séparées“ à Berlin. Que signifie cette initiative? S’agit-il de négociations? Décryptage.
En diplomatie, chaque mot a un sens précis et chaque information doit être située dans son contexte.
L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations Unies, Horst Köhler, a été nommé en aout 2017. Il succède à Christopher Ross qui avait accompli un mandat stérile.
Avant d’inviter les parties à se réunir à Berlin, “en janvier ou en février“, Kohler avait rencontré différents interlocuteurs, y compris de l’Union européenne. Il est dans un processus d’écoute et son mandat d’ailleurs, ne va pas au-delà.
Le dossier du Sahara est entre les mains du Conseil de sécurité. Ce dernier “interagit“, selon l’expression d’une source diplomatique marocaine, avec le secrétaire général. Lequel s’appuie sur différents collaborateurs dont son envoyé personnel.
Köhler ne gère pas le dossier. Il agit dans ce cadre qui en en premier lieu, est défini par le Conseil de sécurité.
Il ne s’agit donc pas de négociation, mais de “facilitation“. Ce n’est pas une médiation. La solution doit émaner des parties selon le processus d’écoute entamé par Köhler.
La question essentielle: Où est l’Algérie ?
La nouvelle séquence qui commence, comme d’ailleurs le processus de recherche d’une paix durable, bute sur l’absence de l’Algérie. L’Algérie est invitée à ces rencontres d’écoute en tant que voisin, et partie intéressée ou concernée alors qu’elle est l’acteur principal du conflit.
Le statu quo politique à Alger se prolongeant et dans ce contexte, il semble difficile de trouver un interlocuteur capable d’engager ce pays sur la voie d’une solution définitive du conflit. Le pays est davantage en “mode attente“ qu’en mode “action“. Dans cet entre-deux, les acteurs politiques croient pour la plupart utile de taper sur le Maroc, dans une surenchère de politique intérieure.
Le “polisario“ de son côté, répond à des instructions et ne dispose d’aucune marge de manœuvre. L’implication de l’Algérie est connue: armes, diplomatie, moyens financiers… Au cours des dernières années, l’ONU a choisi l’approche inclusive pour régler les conflits, comme ça a été le cas en Libye, en Syrie ou au Yémen. Les acteurs véritables sont invités au tour de table. Si on applique cette approche au conflit du Sahara, l’Algérie devrait être le premier pays présent.
Si l’acteur clé est absent, se réunir ne servira à rien.
Dans son rapport au conseil de sécurité présenté en avril 2017, le secrétaire général Antonio Guterres avait eu cette phrase pleine de signification:
“Algeria and Mauritania, as neighbouring countries, can and should make important contributions to this process“.
“L’Algérie et la Mauritanie, en tant que pays voisins, peuvent et doivent fournir une importante contribution à ce processus“.
C’est la première fois que le mot “doivent“ est utilisé concernant l’Algérie. En d’autres termes, cela signifie que l’Algérie est obligée de fournir une contribution à la hauteur de son implication réelle dans la genèse du conflit et de son rôle quotidien auprès du “polisario“.
Pour le reste, ce ne sont que de petites péripéties qui ne changeront rien à la situation ni au conflit. Köhler a reçu et écouté la délégation du “polisario“. Ce dernier a publié tout au long de la journée du jeudi, ses habituels communiqués propagandistes, accompagnés d’une photo reprise par des médias marocains.
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