Après le départ de Zuma, l'Afrique du sud entre dans l'ère Ramaphosa
L'Afrique du sud s'apprêtait jeudi 15 février à accueillir son nouveau président Cyril Ramaphosa (65 ans), au lendemain de la démission de son prédécesseur Jacob Zuma, au terme de plusieurs semaines d'un féroce combat avec son parti, le Congrès national africain (ANC).
Eclaboussé depuis des années par les scandales de corruption, M. Zuma a mis fin, tard mercredi soir, à son règne de neuf ans à la tête du pays en obtempérant aux ordres de son parti, qui le menaçait d'un vote de défiance au Parlement.
"J'ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation", a déclaré M. Zuma lors d'une allocution d'une demi-heure, retransmise en direct à la télévision.
"J'ai servi le peuple d'Afrique du sud de mon mieux", a-t-il ajouté, concédant toutefois ne pas avoir été "un parangon de vertu".
A la tête de l'ANC depuis décembre, M. Ramaphosa, un ancien hommes d'affaires, devait être élu par le Parlement pour lui succéder dès jeudi, au plus tard vendredi.
Depuis des semaines, l'actuel vice-président du pays tentait d'obtenir un départ en douceur du chef de l'Etat, éclaboussé par les scandales, afin d'éviter une catastrophe électorale en 2019.
Mais il s'est heurté de front au refus de l'obstiné président, dont le mandat n'expire que l'an prochain.
Au bout de plusieurs jours de vaines tractations, la direction du parti s'est résolue mardi à prendre le taureau Zuma par les cornes en le "rappelant", ainsi qu'elle peut le faire pour tous ses membres "délégués" à un mandat gouvernemental.
Mais M. Zuma, qui n'avait aucune obligation juridique de se soumettre aux ordres de son parti, a résisté jusqu'au bout.
L'opposition, qui a vainement tenté depuis des années de pousser vers la sortie celui qu'elle appelle le "délinquant" Zuma, a applaudi des deux mains l'annonce de sa démission.
Soulagement
"M. Zuma a fait beaucoup de mal à notre pays (...). Sous son règne, la corruption a fleuri au point de presque détruire notre pays", a déclaré Mmusi Maimane, le chef de l'Alliance démocratique (DA).
Quelques heures avant son allocution d'adieu au pouvoir, M. Zuma s'est invité sur la chaîne de télévision publique SABC pour dire toute sa rancœur à l'endroit de la direction de l'ANC.
"J'ai trouvé très injuste que la question (de ma démission) soit posée", s'est-il plaint lors d'un long entretien à bâtons rompus. "Je ne suis pas d'accord car il n'y a aucune preuve que j'aie fait quoi que ce soit de mal."
Après des semaines de vives tensions qui ont souligné les fractures qui traversent ses rangs, l'ANC a accueilli la démission du chef de l'Etat par un "ouf" de soulagement.
"Nous n'allons pas faire la fête", a confié une de ses responsables, Jessie Duarte. "Nous avons dû "rappeler" un dirigeant du mouvement qui a servi notre mouvement pendant plus de soixante ans, ce n'est pas une mince affaire."
A un peu plus d'un an des élections générales, la tâche du futur président Cyril Ramaphosa s'annonce rude.
Ancien homme d'affaires devenu millionnaire, il a promis de relancer l'économie du pays, désespérément atone, et d'éradiquer la corruption qui gangrène son parti et le sommet de l'Etat.
Coïncidence ou non, la police a mené mercredi sa première opération contre la sulfureuse et jusque-là intouchable famille Gupta, au coeur des scandales qui impliquent le président.
Cinq personnes ont été arrêtées et le luxueux domicile de la fratrie à Johannesburg perquisitionné dans le cadre d'une enquête sur les détournements de fonds publics, a indiqué l'unité d'élite de la police sud-africaine (Hawks).
Dans la ligne de mire de la justice, l'ex-président Zuma a laissé entendre qu'il vendrait chèrement sa peau.
"C'est un personnage encore très influent au sein de l'ANC", a rappelé à l'AFP l'analyste politique Ralph Mathekga. "S'il veut garder le calme dans ses rangs, l'ANC va devoir le ménager".
(AFP)
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