A Dubaï, le plaidoyer de Christine Lagarde pour réformer les dépenses de la masse salariale publique dans les pays arabes
DUBAI [Envoyée spéciale]. La patronne du FMI a rappelé que les subventions à l'énergie et les salaires publics continuent à accaparer une part élevées des dépenses publiques, au détriment de celles allouées à la santé ou à l'éducation.
La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a lancé depuis Dubaï ce 10 février, dans le cadre du Forum fiscal arabe, un appel aux pays arabes pour contenir leurs dépenses publiques, afin d’assurer une croissance durable et inclusive.
"L'agenda de réformes auquel vous faites face est large, mais la politique budgétaire en est une fondation", a-t-elle indiqué, devant un parterre de ministres des Finances et de gouverneurs de banques centrales venus de différents pays arabes dont le Maroc, représenté par son ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid.
Christine Lagarde a critiqué la composition des dépenses publiques de la région: "Les priorités pour une croissance durable et inclusive incluent l’investissement public mais aussi la santé, l’éducation et la protection sociale, domaines où les dépenses tendent à être faibles dans les pays arabes. Les subventions à l’énergie et les salaires publics accaparent des dépenses élevées".
"Je comprends que les emplois gouvernementaux puissent servir de soupape de sûreté sociale importante. Mais lorsque le secteur public soutient un emploi sur cinq, cela entraîne des coûts énormes pour la viabilité financière, le développement d'un secteur privé dynamique et la gouvernance", a-t-elle ajouté.
La patronne de l’institution de Bretton Woods a par ailleurs indiqué que les salaires élevés n’ont pas réussi à améliorer la qualité des services publics: "Les investissements publics ne sont pas non plus conformes aux attentes, comme le montrent plusieurs évaluations de la gestion des investissements publics".
Pour réduire la pression sur la masse salariale publique, Christine Lagarde recommande d’harmoniser les niveaux de salaires avec ceux qui prévalent dans le secteur privé: "Si cela est fait correctement, et avec les bonnes protections sociales, cela pourrait aider à libérer plus d’innovation et d’ingéniosité dans le secteur privé" a-t-elle expliqué.
Ceci étant, Mme Lagarde a appelé à la prudence en termes de réformes de la masse salariale publique: "Elles devraient s’inscrire dans un agenda plus large de politiques de dépenses, lié à des objectifs sociaux réalisables. Ils devraient également être équitables et inclure des analyses précoces de l’impact social".
La directrice générale du FMI a également vivement critiqué les subventions énergétiques, en commentant qu’aucune excuse n’est valable pour continuer à s’en servir: "Elles sont extrêmement coûteuses, en moyenne 3% du PIB chez les importateurs de pétrole, et ce malgré la baisse des prix de celui-ci. Ces subventions manquent de transparence car elles sont souvent implicites et hors budget. Et puis, elles sont extrêmement inéquitables, favorisant les riches qui consomment beaucoup d’énergie. Peut-être pire encore, elles participent à augmenter l'étendue des dommages environnementaux à un moment où nous devons aller dans la direction opposée, pour protéger la planète et la vie, la santé et l’avenir des gens".
Mme Lagarde estime toutefois que de nombreux pays de la région se sont engagés dans différentes mesures pour contenir leurs dépenses, mais que "cela est trop souvent basé sur des réductions générales ou des coupes ad-hoc. Une approche plus stratégique qui protège les pauvres et la capacité productive de l’économie est préférée".
Christine Lagarde a en outre affirmé que l’augmentation de l’efficacité des dépenses publiques libérera des ressources à consacrer à la santé, à l’éducation et à la protection sociale: "C’est du win-win, un moyen de réduire la pauvreté et les inégalités sans pour autant stimuler les dépenses globales".
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