Les salariés de la Samir de nouveau dans la rue, mutisme persistant de l'Etat
Nouveau sit-in des salariés de la Samir. Premier créancier du raffineur, l'Etat est sollicité mais reste muet. Les syndicats proposent trois pistes pour la sortie de crise.
Les employés de la Samir ont participé, mardi 20 février, devant le siège du parlement à Rabat, à un énième sit-in appelant au sauvetage du raffineur. En liquidation depuis mars 2016, le sort de cet ancien fleuron demeure incertain.
Organisé par la Confédération Démocratique du Travail, ce nouveau rassemblement s'inscrit dans la même ligne que les précédents : Revendiquer l'aide de l'Etat pour faciliter la cession de la Samir, le tribunal de commerce étant encore à la recherche d'un repreneur.
La procédure de cession "fait face à des blocages" que Houcine El Yamani n'arrive pas à identifier, ou sur lesquels il ne voudrait pas communiquer: "Je raisonne en fonction du résultat constaté. Le Tribunal fait tout pour faire aboutir le dossier. Des investisseurs ont déposé des offres de 30 milliards de DH. Mais le fait est que la société est toujours en arrêt d'activité. Il y a donc quelque chose qui bloque quelque part", estime le secrétaire général du syndicat national des industries du pétrole et du gaz.
Pendant ce temps, l'avenir de 865 salariés est en suspens. Une autre manifestation, prévue pour le 7 mars, se tiendra devant le siège du ministère de l'Energie et des Mines. Même si El Yamani refuse "de cantonner le dossier à son seul volet social", mettant l'accent sur "ses enjeux économiques et sécuritaires". "Une cause nationale" en somme.
Ce qui interpelle sur le mutisme de l'Etat, qui est par ailleurs le premier créancier de la Samir, et donc le premier perdant en cas d'échec de la procédure: "La dette de la Samir s'élève à plus de 40 milliards de dirhams, dont 25 MMDH d'argent public. La Douane en réclame 16 et les 9 restants se répartissent entre la CNSS, les caisses de retraite, l'ONE et différents organismes publics. Comment le gouvernement compte-t-il récupérer cet argent sans l'aboutissement de la procédure?", s'interroge le syndicaliste.
Le front syndical de la Samir n'a pas cessé de relancer la Primature et les ministères des Finances, de l'Intérieur et de l'Energie au sujet d'éventuelles pistes de sortie de crise. La plus persistante, en dehors de la cession à un tiers, est celle d'un partenariat public-privé, via lequel l'Etat convertirait sa créance en capital.
Une autre option, usuelle dans les petits dossiers, tend à "ordonner l'exploitation de la raffinerie sous la tutelle du tribunal, en attendant de surmonter les difficultés qui entravent la cession aux tiers", nous explique Houcine El Yamani, indiquant que cette option demeure la plus favorable "aux intérêts des créanciers et des salariés", car il s'agira alors de céder une raffinerie en état de marche.
Cette démarche, entreprise au début du processus, a échoué; le syndic judiciaire n'ayant pas réussi à faire redémarrer l'unité de production.
Des propositions auxquelles les responsables n'ont pas donné suite, à en croire une lettre adressée le 17 février par les bureaux exécutifs (Samir) de la FDT, la CDT et l'UNTM.

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