img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Propriété intellectuelle: 1,28 milliard de DH payé par le Maroc en 2017, à peine 58 millions perçus

Le déficit est de 1,22 milliard et il est réglé en devises au profit de tiers étrangers. Un écart énorme à l’heure où le monde transite fermement vers une économie du savoir, et où le Royaume ne cesse de s’interroger sur son capital immatériel…

Propriété intellectuelle: 1,28 milliard de DH payé par le Maroc en 2017, à peine 58 millions perçus
Zakaria Boulahya
Le 11 avril 2018 à 19h09 | Modifié 11 avril 2018 à 19h09

Dans la balance des paiements 2017, une unique ligne comptable enregistre les "Frais pour usage de la propriété intellectuelle". Elle fait ressortir un solde débiteur (déficit) de plus de 1,218 MMDH. Si, en volume, ce montant est loin de déstabiliser les réserves en devises, il met la lumière sur la faiblesse de la production intellectuelle au Maroc. Alors que cette production représente la quintessence même du capital immatériel…

Le Maroc s’est donc acquitté à ce titre de presque 1,277 MMDH en 2017. Percevant en retour précisément 58,3 MDH selon le document de l’Office des changes.
Il aurait été intéressant de consulter la ventilation précise de ces redevances, sauf que du côté de l’Office, on nous assure que la modestie des montants ne justifie pas une analyse comptable plus approfondie.

Toutefois, Mohamed Mekouar, chef de service des Enquêtes statistiques au sein de l’Office des changes, nous apprend que ces redevances s’articulent précisément autour de 4 rubriques:

-Les brevets d’invention

-Les licences d’exploitation

-Les procédés de fabrication

-Les droits d’auteur.

Pour disposer d’un meilleur niveau de détail, l’interlocuteur idoine n’est autre que l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC). L’Office n’a toutefois pas encore publié ses statistiques de 2017, toujours en cours de consolidation. Mais pour se faire une idée de la production intellectuelle au Maroc, le rapport 2016 de l’OMPIC fait ressortir quelques points intéressants.

Première constatation, les statistiques de l’OMPIC n’englobent pas les droits d’auteur. Elles se décomposent en fait essentiellement en 3 segments: les brevets d’invention, les marques, et les dessins et modèles industriels.

>Brevets d’invention

306 brevets d’inventions ont été délivrés par l’OMPIC en 2016, dont 207 d’origine étrangère –issus principalement de la France et des Etats-Unis. Par nature, ces 306 brevets émanent de 4 "domaines technologiques" selon la nomenclature adoptée par l’OMPIC: chimie, physique et électricité; mécanique; pharmacie et biochimie.

Propriété intellectuelle: 1,28 milliard de DH payé par le Maroc en 2017, à peine 58 millions perçus

Les 306 brevets d’invention ont été délivrés suite au traitement de 1.240 demandes déposées en 2016, dont à peine 237 d’origine marocaine. Ces dernières ont connu une modeste progression de 6%, là où les demandes d’origine étrangère ont évolué de 26% par rapport à l’année précédente.

L’écart n’est pas étonnant en soi, quand on connaît la modestie des efforts marocains en matière de recherche et de développement. Paradoxalement, ce sont surtout les centres de recherche nationaux qui sont à la traîne, leurs demandes de brevet ayant accusé un repli de 23% en 2016. A l’opposé, les universités et les entreprises marocaines sont plus dynamiques, enregistrant une progression des demandes respectivement de 20% et 50%.

Par domaine technologique, la mécanique arrive en tête des demandes de brevet d’origine marocaine avec 40% du total. Suivie par la physique et les TIC (27%), la chimie (24%) et enfin la pharmacie et biotechnologie (9%).

Parmi ces brevets marocains, 32 ont été déposés à l’international, l’un des chiffres les plus bas des 5 dernières années !

>Marques

6.052 nouvelles marques nationales ont été enregistrées auprès de l’OMPIC en 2016, avec une timide progression de 3%. A souligner toutefois que les marques marocaines enregistrées à l’international ont quant à elles progressé de 18% (105 demandes), principalement auprès des organismes de l’Union africaine et de l’Union européenne.

En volume, la plus forte progression a été observée sur la classe "Produits pharmaceutiques, préparations médicales et vétérinaires", de l’ordre de +24,7%.

Propriété intellectuelle: 1,28 milliard de DH payé par le Maroc en 2017, à peine 58 millions perçus

Les demandes d’enregistrement de marque permettent d’identifier d’autres segments dynamiques de l’économie nationale. Les plus fortes croissances ont été enregistrées par les produits cosmétiques (+40%), les services commerciaux et la publicité (+32%), le secteur pharmaceutique (+15%) et enfin le secteur agroalimentaire (+4%).

Fait intéressant, les "Affaires financières et immobilières" ont pour la 1ère fois intégré, en 2016, le top 10 des secteurs ayant fait l’objet de demandes d’enregistrement de marques marocaines, avec une progression de l’ordre de 24%.

A contrario, les "Services de restauration et hébergement temporaire" ne figurent même plus dans ce top 10 en 2016 - ce qui devrait interpeller aussi bien les professionnels du Tourisme que le ministère de tutelle…

>Dessins et modèles industriels

Dernier segment de la classification de l’OMPIC, c’est également le seul où les demandes nationales surpassent le nombre de dépôts étrangers.

1.385 demandes d’enregistrement ont été déposées auprès de l’OMPIC en 2016, pour un total de 6.378 dessins et modèles industriels dont 4.043 d’origine marocaine. Uniquement 5 d’entre elles ont été déposées à l’international.

Sur l’ensemble des demandes d’enregistrement marocaines, la pôle position revient à la classe "Emballage et récipients pour le transport ou la manutention de marchandises", suivie par les "Eléments de construction" et les "Objets d’ornement", cette dernière classe enregistrant la plus forte progression avec + 294%!

Propriété intellectuelle: 1,28 milliard de DH payé par le Maroc en 2017, à peine 58 millions perçus

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Zakaria Boulahya
Le 11 avril 2018 à 19h09

à lire aussi

Aïd al-Adha sera célébré le mercredi 27 mai 2026 (officiel)
SOCIETE

Article : Aïd al-Adha sera célébré le mercredi 27 mai 2026 (officiel)

Le 1er Dou Al Hijja de l'année 1447 de l'Hégire correspond au lundi 18 mai 2026 et Aïd al-Adha sera célébré le mercredi 27 mai, annonce le ministère des Habous et des affaires islamiques.

Amendement du projet de loi sur les avocats : les experts-comptables rassurés, les barreaux vent debout
DROIT

Article : Amendement du projet de loi sur les avocats : les experts-comptables rassurés, les barreaux vent debout

En commission, les députés ont apporté de nombreux amendements au texte. Ils ont corrigé la rédaction de l’article 33 au grand bonheur des experts-comptables. Mais la dernière version du texte ne satisfait pas, dans son ensemble, les robes noires qui entendent poursuivre leur mobilisation contre le texte. Voici une revue des amendements adoptés.

Météo du lundi 18 mai 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Météo du lundi 18 mai 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 18 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Perdre la vue et même la vie, les médecins alertent sur les dangers de la médecine esthétique non encadrée
Santé

Article : Perdre la vue et même la vie, les médecins alertent sur les dangers de la médecine esthétique non encadrée

Injections pratiquées sans supervision médicale, lasers utilisés dans des structures non autorisées, produits injectables de contrebande… Face à la banalisation des actes de médecine esthétique au Maroc, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Car l’absence d’encadrement médical expose les patients à des complications graves. Parfois irréversibles.

Le football, nouvelle conquête des géants de l’IA : ce que révèle l’accord Gemini-FRMF
Football

Article : Le football, nouvelle conquête des géants de l’IA : ce que révèle l’accord Gemini-FRMF

Le 12 mai, la FRMF annonce Google Gemini comme sponsor officiel IA des Lions de l’Atlas pour la fenêtre du Mondial 2026. Un contrat pilote, dont le montant reste confidentiel, révélateur d'une stratégie plus large où Google cherche à utiliser la puissance émotionnelle du football pour installer les usages grand public de l’IA générative, avant une éventuelle extension à la performance sportive, au scouting et à l’analyse tactique.

Abdelmalek Alaoui : le Maroc, puissance régionale et puissants défis en perspective
CULTURE

Article : Abdelmalek Alaoui : le Maroc, puissance régionale et puissants défis en perspective

Invité de l'émission le 12/13 de Médias24, l'économiste et président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique Abdelmalek Alaoui revient sur les thèses de son dernier ouvrage, "Maroc, le défi de la puissance". L'ouvrage propose une réflexion sur la manière dont un État parvient à transformer ses contraintes géographiques et politiques en leviers d'influence.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité