Emploi : les premiers détails du plan exécutif
Saad-Eddine Elotmani ambitionne de créer 1,2 million d’emplois d’ici 2021. Comment ? Voici les premiers détails du programme exécutif mis en place par la commission interministérielle de l’emploi.
Créer 400.000 emplois par an, soit 1,2 million à l'horizon 2021. C’est l'ambition du gouvernement El Otmani. Le chef du gouvernement et son équipe espèrent atteindre cet objectif, pour le moins qu’on puisse dire ambitieux, grâce à un programme exécutif adopté le mercredi 11 avril à Rabat, dont la teneur n’a pas été dévoilée.
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Médias24 s’est procuré une synthèse de ce programme exécutif conçu autour de 9 principaux dispositifs de soutien, d’incitation et de mise en œuvre.
Les mesures de soutien
Le programme exécutif vise à travers son premier dispositif de soutien à appuyer la création de nouveaux postes d’emploi et la préservation des emplois existants. Six mesures ont été définies dans ce sens :
- Le conditionnement des incitations et des exonérations inscrites dans la charte d’investissement par la création d’emploi,
- La priorisation des investissements publics en fonction de leur impact direct en termes de création d'emplois (PIMA - Public Investment Management Assessment),
- Le développement du secteur associatif, considéré comme un réservoir d'emplois (cadre comptable, incitations fiscales et sociales),
- L’accélération de l’opérationnalisation des stratégies et des plans sectoriels,
- La création d'un comité de vigilance sur le marché du travail,
- L’accélération de la ratification du cadre légal de l'économie sociale et solidaire.
Le deuxième dispositif de soutien est relatif à la préparation des lauréats au marché du travail :
- Renforcer et développer les capacités et les comportements (compétences générales et vie),
- Développer des programmes spécifiques pour améliorer la maîtrise de la langue avec le développement des curricula et des programmes,
- Développer la capacité de la formation professionnelle tout en renforçant la formation par alternance,
- Introduire des approches pour la promotion du professionnalisme dans les filières à accès ouvert (plateformes de formation à distance pour le développement des capacités, de l’esprit entrepreneurial et de l'acquisition du langage, faire bénéficier le maximum d’étudiants de stages sur le terrain),
- Développer le système du baccalauréat professionnel,
- Introduire des unités pour le développement de l’esprit entrepreneurial et l’exploration des métiers dès le primaire,
- Augmenter la proportion des filières professionnelles dans l'enseignement supérieur.
>>Lire aussi: Emploi des jeunes: le plan d'exécution de la stratégie nationale quasiment prêt
Le dernier axe du dispositif de soutien concerne l’amélioration des relations professionnelles et des conditions de travail à travers :
- Le développement d’une charte sociale et l’élargissement de la portée des conventions collectives
- La généralisation de la couverture sociale des travailleurs et l’opérationnalisation progressive de la couverture sociale des indépendants (non salariés).
- Le renforcement du contrôle du respect des droits fondamentaux en matière d'emploi,
- L’adoption de la loi régissant le droit de grève,
- L’adoption de nouvelles formes de travail (télétravail, le travail à mi-temps ou la contractualisation…).
Les mesures d’incitation
Trois importants dispositifs d’incitation ont été retenus. Le premier dispositif vise à rapprocher les demandeurs d'emploi des opportunités d'intégration professionnelle en actionnant les leviers de la formation (technique, compétences, comportements, langues, numérique, recherche d’emploi, l’esprit entrepreneurial) et de la pratique (stages dans le secteur privé, encadrement par des artisans professionnels, stage dans le cadre du service de citoyenneté…).
Il est également question du renforcement et de l’élargissement des services et des mesures destinées aux personnes en situation de handicap, aux femmes en situation de précarité, aux jeunes n’ayant pas fait d’étude ou de formation et aux populations rurales.
Le gouvernement cherche à inciter les entreprises à renforcer l’intégration professionnelle et à les soutenir dans le processus de recrutement :
- Anticiper les besoins en compétences et en ressources humaines en promouvant les études prospectives,
- Aider à identifier les besoins de compétences : la diffusion de manuels de métiers et de professions, le développement d'un système de formation à distance sur les techniques d'exploitation au profit des petites entreprises,
- Suivre le processus de sélection : améliorer la sélection initiale à travers des tests techniques et linguistiques, organiser des caravanes pour la sélection sur le territoire national...,
Les porteurs du projet Moukawalati bénéficieront d’un suivi et d'un soutien particuliers à travers la mise en place de programmes touchant toutes les étapes de vie d’une entreprise :
- Amélioration des services de proximité,
- Renforcement de l’encadrement à distance,
- Promotion des bons projets et création d'une dynamique entrepreneuriale continue,
- Adaptation des procédures juridiques à l’auto-emploi,
- Mobilisation et diversification du soutien financier,
- Ciblage des activités prometteuses.
Les mesures de mise en œuvre
Le programme exécutif comprend aussi trois mesures de mise en œuvre. La première consiste à développer des programmes régionaux d’emploi dans le cadre de la contractualisation avec les autorités. Cela se fera par le biais de la mise en place de centres régionaux de l’emploi et de développement des compétences.
Selon la première mouture, ces centres disposeront du statut d’utilité publique et auront comme membres le ministère de l’Emploi, l’ANAPEC, la CGEM région, l’OFPPT, les universités…

Le plan vise par ailleurs à rapprocher les services des bénéficiaires. L’objectif est ambitieux. Il est question de mettre en place des unités dans un rayon de 20 km au plus, ou accessible en moins d’une heure en transport public.

Le dernier volet du programme exécutif consiste à Lancer un programme pour encadrer les chercheurs d'emploi par des bénévoles expérimentés sous l’appellation : Pacte de générations - Cap sur l’emploi.
Il s’agit concrètement d’un système national de formation des jeunes de 18 à 39 ans par des volontaires âgés de 35 à 70 ans et plus. L’objectif est de soutenir chaque jeune diplômé ou non, pour l'aider à trouver des opportunités d'intégration.
Ce système sera organisé par la mise en place d'un cadre normatif d'orientation : carte des « droits et obligations », procédures de travail (fréquence, localisation, méthodologie ...) et contrat d'orientation. Il sera adossé à une plateforme d'information numérique pour inscrire les jeunes qui souhaitent bénéficier de l'expérience des volontaires (âge, expérience, compétence ...).
Pour mesurer l’efficience et la performance de ce programme, trois indicateurs seront suivis de près : le nombre de contacts avec l’encadrant, le nombre d’intégrations professionnelles et le nombre de micro-entreprises créées.
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