CGEM: Le face-à-face des programmes
À quelques jours des élections de la CGEM, Médias24 décortique les programmes des deux binômes en lice pour la présidence et la vice-présidence du patronat et confronte leurs axes et mesures, à la lumière des défis rencontrés par les entreprises.
Les patrons sont appelés aux urnes le mardi 22 mai pour élire celui qui défendra leurs intérêts et succédera à Miriem Bensalah, première femme présidente de la CGEM. Dans la course, deux binômes: Hakim Marrakchi et Assia Benhida face à Salaheddine Mezouar et Faïçal Mekouar.
Le patronat n’a pas connu pareille élection opposant deux candidats depuis 15 ans. Les candidats doivent convaincre leurs pairs. Chacun a présenté son programme pour défendre les intérêts des entreprises. Médias24 fait l’exercice de confronter les idées des deux programmes.
Globalement, les deux candidats s’accordent sur le fait que le secteur privé est amené à jouer un rôle important dans la prochaine décennie notamment dans le cadre du nouveau modèle de développement économique. Ils s’accordent aussi sur la rupture de confiance entre les différentes parties prenantes, confiance qu’il faut rétablir.
Mais chacun d’eux présente une recette différente tout en se rejoignant sur certains points.
À la lecture des deux programmes publiés sur les sites électoraux des deux candidats, notamment dans la partie réservée aux mesures concrètes, on trouve des formulations générales dans le style «lutter contre…», «faire évoluer…», «adapter…», «revisiter», «simplifier».
Quatre thèmes majeurs -il y en a d’autres- sont traités par les candidats:
- La compétitivité des entreprises
- L’employabilité
- Les régions
- Les PME.
Améliorer la compétitivité par la baisse de la fiscalité
Pour Mezouar ou Marrakchi, l’amélioration de la compétitivité passe par une baisse de la pression fiscale sur le secteur privé. Selon les deux candidats, il s'agit de l'un des moyens de limiter le glissement des entreprises vers l’informel.
Par contre, les leviers fiscaux proposés sont différents. Marrakchi insiste sur une baisse des taxes et charges sociales sur les bas salaires. À ce niveau, le duo Marrakchi-Benhida fait de la baisse du coût de travail sa proposition phare. Cette baisse pourrait être compensée par une TVA sociale. Dans ce sillage, Marrakchi-Benhida proposent de réviser le code du travail aux nouvelles formes de travail tout en respectant les droits et le bien-être des salariés pour «l’adapter aux réalités du monde VUCA (volatile, incertain, complexe et ambigu)».
Il évoque aussi la problématique des délais de paiement des entreprises. Pour y remédier, il propose de corriger «une incitation fiscale à ne pas payer ses dettes». «Les entreprises doivent payer l’IS sur le résultat fiscal avant même d’avoir encaissé l’argent alors que le débiteur déduit la facture de ses charges», a-t-il expliqué à plusieurs reprises.
Le duo Mezouar-Mekouar a choisi quant à lui de structurer sa proposition autour d’axes, déclinés en chantiers puis en mesures. Sur le point de la compétitivité, plus de 27 mesures, pas toutes détaillées, sont proposées. Le volet fiscal est présent, mais à travers une proposition de «suppression de la TVA sur les biens d’équipement». Il propose aussi d’alléger la charge fiscale et d’améliorer les procédures du recours fiscal.
La formation professionnelle, un axe de campagne
Le patronat mène actuellement un important bras-de-fer au sujet de la formation professionnelle et continue, notamment sur le terrain législatif. Les deux candidats se sont donc naturellement saisis de la question à travers un axe dédié au capital humain dans lequel le point de la formation professionnelle est omniprésent.
La mesure proposée par Mezaour à ce niveau est «le reengineering de la formation professionnelle continue», «appropriation par la CGEM et fédérations du processus de formation continue» et «interaction université/entreprise». Il propose aussi la création d’un observatoire des métiers.
Hakim Marrakchi a, quant à lui, proposé de «créer une base de données nationale Job Needs pour mieux cibler les formations, donner un rôle plus actif aux entreprises au sein des écoles et université et de placer la formation continue et professionnelle comme vecteur de performance pour les entreprises et moyen efficace pour lutter contre le chômage».
Les deux candidats estiment qu’il est temps de «rénover le dialogue social avec les syndicats».
Les régions au centre des intérêts
Les régions sont au cœur des préoccupations des deux binômes qui concourent pour être à la tête de la CGEM. D’abord, car il y a un enjeu électoral. Ensuite, car la régionalisation avancée est en cours d’opérationnalisation, ce qui impose à la CGEM la nécessité de suivre le pas.
Hakim Marrakchi propose, entre autres, de «repenser la gouvernance de la CGEM en plaçant les régions au cœur de la CGEM en créant un conseil des régions». Il veut aussi dupliquer au niveau des régions les services aux entreprises (juridique, fiscal…).
Il pense aussi «identifier les potentialités économiques et mettre en place des initiatives de mobilisation des investissements en faveur des régions» et «créer des écosystèmes régionaux spécifiques aux bassins d’activités régionaux au profit des PME et TPE».
Le duo Mezouar/ Mekouar avance pour sa part trois mesures phares sur cette thématique des régions: La stimulation proactive de l’investissement par la mise en place d’un fonds d’impulsion régional et une réserve foncière régionale. Il pense aussi à positionner la CGEM régionale comme co-leader dans la mise en place des CRI 2.0.
La CGEM des PME ?
La place de la PME au sein de la CGEM continue de susciter le débat. Est-ce que la confédération défendra-t-elle les intérêts des petits comme des grands ? Les deux binômes tentent de rassurer cette catégorie qui représente l’essentiel du tissu économique marocain. Chacun d’entre eux lui a consacré un axe de son programme.
Mezouar promet de mettre en place des «solutions de financement spécifiques pour les PME en difficulté, notamment en mettant en place un fonds de garantie de BFR et des lois pour faciliter les formes de financement alternatif». Sur le volet fiscal, il propose un crédit d’impôt «digitalisation de la PME». Il appelle aussi à un engagement des grands groupes par rapport aux start-up à travers un Start-up Business Act.
La même idée est développée par Marrakchi qui inscrit parmi ses mesures adressées aux PME «la capitalisation sur la puissance des grands groupes pour créer un véritable Small Business Act très opérationnel». Le duo Marrakchi/ Benhida pense créer un guichet «GoAhead» pour accompagner les start-up dans leurs projets.
Patron d’une entreprise familiale, Hakim Marrakchi propose aussi «la mise en place un guichet Transmission des entreprises pour les opérateurs qui souhaitent être accompagnés». Il propose aussi «un allègement et simplification des mécanismes de recours et la dématérialisation des procédures administratives».
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