Le nouveau président catalan prend ses fonctions, premier choc avec Madrid
Le nouveau président de la région Catalogne, l'indépendantiste Quim Torra, a pris ses fonctions jeudi 17 mai à Barcelone sans jurer de respecter la Constitution espagnole mais seulement la "volonté du peuple catalan".
Près de sept mois après la vaine proclamation d'une "république catalane" suivie de la destitution par Madrid du dirigeant Carles Puigdemont, les indépendantistes ont ainsi récupéré la présidence régionale.
Mais ils ont organisé une cérémonie expédiée en quelques minutes et quasiment sans invités, à laquelle aucun représentant du gouvernement central n'a assisté.
Dans cette région encore sous tutelle de Madrid, les indépendantistes avaient uniquement accepté la présence d'un représentant "de second rang" du gouvernement espagnol de Mariano Rajoy. Madrid a alors décidé de n'envoyer personne.
Membre de l'aile dure du mouvement indépendantiste, M. Torra ne s'est engagé à respecter ni la Constitution, ni le statut de la Catalogne qui règle les attributions de la région autonome.
Il s'est limité à promettre de "remplir loyalement ses obligations en étant fidèle à la volonté du peuple de Catalogne, représenté par le Parlement de Catalogne", dominé par les séparatistes.
Le ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, a critiqué cette cérémonie "en catimini", comme si Torra "était un président de second rang".
Quim Torra - éditeur de 55 ans, nouveau venu en politique - se considère comme un "président en exercice" en attendant le retour de celui qu'il désigne comme "le président légitime en exil", Carles Puigdemont.
Après son élection lundi 11 mai par le parlement régional, où il avait promis de "construire un Etat indépendant", il s'était rendu auprès de M. Puigdemont à Berlin.
M. Torra a par ailleurs été très critiqué pour des écrits passés offensants envers "les Espagnols", qu'il avait sommés de "partir une fois pour toutes".
Il doit désormais former son gouvernement, condition à la levée de la tutelle exercée par Madrid depuis la tentative de sécession du 27 octobre.
Mais il voudrait y inclure d'anciens membres de l'exécutif destitué qui se trouvent actuellement en détention provisoire.
Si le gouvernement espagnol considère cela comme illégal, il pourrait décider de maintenir le contrôle sur la région.
Il y est poussé par le parti libéral Ciudadanos, qui menace la suprématie du parti conservateur de M. Rajoy aux élections régionales et municipales de 2019.
(Avec AFP)
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