Salaheddine Mezouar: “J’ai passé deux fois plus de temps en entreprise qu’en politique”
Médias24 a reçu, ce vendredi 18 mai, le binôme Salaheddine Mezouar - Faïçal Mekouar pour le deuxième grand oral des élections à la présidence de la CGEM, prévues le mardi 22 mai prochain. Campagne, programme, priorités..., le tandem a répondu à une série de questions de la rédaction et des lecteurs. En voici l'essentiel.
Médias24: Vous êtes en quelque sorte le candidat "surprise" de ces élections. Comment l'idée vous est-elle venue de vous présenter à la présidence de la CGEM ? Qui sont vos principaux soutiens ?
Salaheddine Mezouar. Beaucoup de chefs d’entreprises qui m’ont amené à réfléchir sérieusement à la question. J’ai pris mon temps naturellement. Parce qu’une candidature c’est d’abord une conviction et une envie de mener une bataille et de l’assumer. J’ai pris le temps d’analyser les raisons pour lesquelles un profil comme le mien peut être utile pour le secteur privé et partant pour la CGEM.
Ma conviction vient d’un contexte international et régional difficile et d’un état d’esprit des chefs d’entreprises qu’on ne peut qualifier de positif. Elle s’explique aussi par cette période où il y a une réflexion sur ce que nous devons faire sur les 20 prochaines années.
- Vous avez tardé quand même à confirmer votre candidature alors que les rumeurs circulaient… Pourquoi ?
SM. Au moment où l’information a été diffusée je n’avais pas encore pris ma décision. Je suis quelqu’un de responsable et de sérieux et donc je ne pouvais le faire tant que je n’étais pas sûr d’y aller.
- Vous vous présentez alors que vous n’êtes pas entrepreneur et certains vous le reprochent. Qu'en dites-vous ? Et pensez-vous que cela ne constituera pas un handicap pour la CGEM ?
SM. Je ne sais pas pourquoi on dit ça. Qu’est-ce que cela signifie d’être entrepreneur, chef d’entreprise? Je l'ai été et deux fois plus de temps qu'en tant qu'homme politique. On ne peut pas se permettre de dire que je ne faisais pas partie du monde de l'entreprise. Je suis revenu à ce monde quand je suis sorti du gouvernement et de la politique. Et c’est dans cet esprit-là que j’ai décidé de me présenter.
Mon parcours est ce qu’il est: un chef d’entreprise ayant assumé des responsabilités gouvernementales en relation avec l'entreprise. Cela me permet de présider une représentation de cette nature et de mener des batailles de cette nature. C'est un argument qui a été, à mon sens, fabriqué, faute d'autres arguments, par mon concurrent. Je pense que c’est assez poussé d’aller dans cette voie qui donne l’impression que la CGEM est devenue une secte, alors qu’elle ne l’est pas. La CGEM est une représentation de toutes les expressions économiques au sein de notre pays.
- Quel est votre ressenti après toute cette campagne ?
SM. Il s’agit de cinq semaines intenses. On a fait le choix de rencontrer les entreprises sur l’ensemble du territoire, mais aussi toutes les fédérations et associations. C’est un travail d’endurance. Nous l'avons vécu avec intensité et plaisir.
Nous avons choisi cette démarche d'écoute parce qu’on considère que c’est la bonne démarche. Venir avec un programme tout fait n'est pas la bonne démarche dans le contexte d'aujourd’hui. Nous avions un programme conçu dans ses grandes lignes et nous l’avons confronté et enrichi par l'écoute. Nous sommes arrivés à la conclusion que la seule expression utile et «impactante» est d’aller à la rencontre des entreprises pour recueillir leurs idées et de faire une synthèse mais aussi pour mobiliser.
- Quel a été le budget de votre campagne et qui l’a financée ?
SM. Détrompez-vous, ce n'est pas un gros budget. Faïçal et moi avons apporté ce qu’il fallait pour assurer nos déplacements, notre hébergement. Je peux vous assurer qu'il y a eu véritablement un élan de soutien. Chacun a apporté une contribution à partir de son domaine de compétence.
Il n'y a pas eu recours à un financement, car on n’en a pas eu besoin, ce n'est pas une campagne politique. On est sur un budget autour de 200.000 DH que nous avons partagé Faïçal et moi.
- Etes-vous confiants à quatre jours du vote ?
SM. Nous avons choisi le concept d'élan et il y a eu un élan. On sent un élan très fort envers notre candidature en tant que binôme. Ceci confirme une chose. Notre démarche est la bonne. Aller à la rencontrer des gens, préparer avec eux et concevoir avec eux ce qui les concerne. C'est quelque chose qui a mobilisé les fédérations sans exception.
Faïçal Mekouar. Je veux insister sur le terme conviction. La conviction est un élément fort. Notre binôme s'est construit et a tout construit autour de la conviction. Je viens de boucler six années à côté de la présidente sortante Miriem Bensalah, six années intenses. Je me suis bien demandé s'il fallait y aller ou pas. Donc, il ne fallait partir que s'il y avait une vraie conviction. Salah a un parcours qui parle de lui-même. C'est un entrepreneur, il fédère, il prend les dossiers à cœur, il sait les défendre.
- Votre concurrent a dénoncé une tentative d’OPA sur la CGEM par le politique. Pourquoi ne pas avoir démissionné du parti surtout que vous dites que vous ne participez plus à la vie politique ?
SM. Il ne faut pas infantiliser la CGEM, ni infantiliser les chefs d'entreprises. Arrêtons de jouer avec cela. Quand on passe ce message, cela signifie que la CGEM est une organisation sans fondements. Une organisation prenable. Ce qui est dangereux.
La CGEM est une institution reconnue comme seul représentant du secteur privé, présente au Parlement en interaction avec le politique et avec le gouvernement et les autres institutions. La CGEM est dans la politique par ses décisions, mais elle n’est pas inscrite comme une organisation politique ou partisane, elle ne doit pas l'être. A l’intérieur de la CGEM, il y a beaucoup de membres qui ont chacun leurs convictions politiques, mais pas la CGEM.
Il n'y a pas d'OPA et pas de velléités d’un parti politique de prendre possession de la CGEM parce qu’il n’en a pas besoin. Le parti que j'ai dirigé compte énormément de chefs d'entreprises. Ce parti n’a donc pas besoin de faire une OPA sur la CGEM car ce serait contre-productif. Ce choix n'a rien à voir ni avec une démarche, un positionnement ou une ambition politique.
Je n'ai pas démissionné parce que je suis attaché à la forme. J'ai annoncé, en homme responsable, que si je venais à être élu, il s'imposerait naturellement une séparation entre ma vie politique et mon engagement à la CGEM. Je le ferai tel que je l’ai annoncé. Autrement dit: le jour de l’élection, si on est élu je l'annoncerai officiellement.
- Votre équipe est-elle vraiment partie à la collecte des procurations ?
SM. Oui. Comme l'autre équipe qui est partie à la collecte des procurations. C'est une démarche totalement conforme aux pratiques internes de la CGEM et aux règles.
Nous sommes en train de discuter d’une pratique qui a toujours existé comme si c’était quelque chose de nouveau. Les entreprises ont le choix. Personne ne les oblige à signer une procuration. On nous reproche de faire quelque chose que l’autre binôme a commencé à faire avant nous.
- Est-il vrai que vous avez saisi le comité d’éthique de la CGEM ?
SM. Oui.
FM. Ce n’était pas que par rapport aux pouvoirs. Le comité d’éthique s’est réuni pour rappeler les règles de fonctionnement du processus électoral au sein de la CGEM. Pour moi, ce n’est pas un sujet. Il est tout à fait naturel pour les gens qui sont dans les régions ou ceux qui ne peuvent pas aller voter ce jour-là de donner des procurations pour exprimer leur choix. Il y a un comité de suivi et une présidence qui contrôlent le processus en respect des textes. La campagne est totalement régulière.
SM. La campagne est totalement régulière, mais il y a une question d'éthique relative au communiqué de l'autre binôme tel qu’il a été publié. Il y avait des allégations pas tout à fait sympathiques.
- Avant d’attaquer la partie réservée au programme, on ne peut passer sur la question d’actualité qu’est le boycott. Quelle serait votre position en tant que président de la CGEM ?
SM. La CGEM devra réfléchir et prendre une position. On devra réunir les instances et parler de ce sujet. Parce que c’est un sujet très sérieux. Il y a des dégâts, des dégâts collatéraux et une image à l'international et il y a beaucoup d’aspects qu’il faut prendre en considération.
Il y a un Conseil de la concurrence qu’il faut activer car ça permet au moins de dissiper certains malentendus. On parle d’exploitation, de surexploitation, d’abus… mais elle est où cette instance qui doit s’exprimer sur cela ? Il faut des instances de contrôle pour dire la vérité aux citoyens sur ce qui se passe.
Le problème dans le contexte actuel, c’est qu’il n’y a personne pour s’exprimer sur un phénomène sociétal bien réel. La CGEM doit faire ce qu'elle a à faire pour interpeller, apporter des vérités. C'est son rôle aussi.
Naturellement, si on est élu demain, on ne pourra pas rester indifférent en tant que CGEM par rapport à ce qui se passe dans notre société en relation avec l’économie, le citoyen et l’investissement.
- Qu'avez-vous fait pour l'entreprise en tant que ministre des Finances et de l'Industrie ?
SM. J'ai initié différentes choses au profit de l'entreprise dans un contexte d’angoisse du monde des affaires par rapport au choix d’ouverture de l’économie, de démantèlement tarifaire… Nous avons apporté des réponses stratégiques et opérationnelles.
Je suis content de voir le plan Emergence que j'ai initié, permettre 12 ans après à plusieurs secteurs de prendre leur envol notamment l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring… Emergence était une réponse qui a créé une dynamique au niveau du gouvernement pour accompagner les entreprises, les soutenir et leur ouvrir des perspectives. Beaucoup de choses ont été faites dans ce sens comme la mise en place de dispositifs de soutien à l’entreprise en matière de formation, de facilitation de l’investissement…
En tant que ministre de l'Economie et des Finances, je rappelle que dans le cadre de la première loi de Finances, dix jours après ma nomination, j'ai mené ma première bataille en faveur de la réduction des coûts et des charges pour l’entreprise, parce que j’était convaincu que si on voulait surfer sur la dynamique dans laquelle le Maroc était et capter plus d’investissements, il fallait agir sur la fiscalité.
J'ai baissé l'IS de 5 points, c’était un combat terrible, un bras-de-fer à l'intérieur du parlement pour passer une telle mesure. Il y a également l'élargissement de l'assiette de l’IR qui a permis de relancer le pouvoir d’achat; l'investissement public pour contrecarrer les effets de la crise internationale; le comité de veille stratégique qui a apporté des solutions pour éviter que les entreprises ne mettent leur personnel dehors...
- Votre concurrent a déclaré vous avoir soumis plusieurs mesures quand vous étiez ministre des Finances, sans retour de votre part. Lesquelles mesures se retrouvent peu ou prou dans votre programme. Que répondez-vous à cela ?
SM. Je ne me souviens pas qu’il ait jamais proposé quelque chose. Je ne l’ai pas rencontré pour qu’il me propose quelque chose.
- Toujours selon ses dires, votre programme a été conçu par des consultants et non par vous-même et vos équipes…
SM. Franchement c’est une insulte pour les membres de la CGEM. Les cabinets de conseil sont aussi membres de la CGEM.
FM. Ce sont les cabinets de conseil qui accompagnent les entreprises dans leur développement. Mais de toute façon, il n’était pas avec nous et donc il ne peut affirmer que c’est un programme de consultants. Il y a un vrai travail de fond qui a été fait avec des personnes qui ont travaillé au sein de la CGEM (régions, fédérations sectorielles…).
SM. On a eu trois groupes de travail dans notre démarche et il y avait une bonne coordination entre eux. Il y a eu les équipes régionales, il y a eu une équipe dite d’experts qui menait une réflexion et à qui on remontait les éléments recueillis dans les régions, et il y a eu une équipe de consultants qui a fait une synthèse qui a été présentée en début de semaine.
- Revenons à vos réalisations en tant que ministre, et particulièrement au plan Emergence. Ce plan a eu des effets positifs, mais on lui reproche d’avoir mené à une économie qui avance à deux vitesses…
SM. C’est pour ça que dans notre programme, on parle des mêmes mesures, des mêmes avantages pour tous les secteurs et tous les acteurs.
Les secteurs considérés maintenant comme les métiers mondiaux du Maroc avaient besoin d’un effort particulier. Ils ont commencé à prendre leur envol, ils sont structurés, et ont installé la place du Maroc à l’international (Automobile, aéronautique, offshoring…).
Maintenant que c’est fait, et compte tenu des nouveaux défis, on va généraliser l’ensemble des dispositions. Et cela suppose une remise à plat de la Charte de l’investissement pour qu’elle bénéficie à tous les secteurs.
C’est important aujourd’hui car la croissance est faible. Or il faut de la croissance, il faut de l’investissement, il faut des emplois. Et pour y parvenir, il faut la mobilisation de tous.
Le contexte mondial est changeant et nous devons compter sur nous-mêmes et gérer cette réalité.
Notre message qui est au cœur de notre programme, est que nous devons être en mesure de relever les défis d’une manière organisée et en partenariat avec les pouvoirs publics. C’est pour ça que nous voulons un pacte pour la croissance et l’emploi parce que tout seuls, ni le gouvernement ni le secteur privé ne peuvent faire face à ces défis.
- Qu’allez-vous faire pour réduire les délais de paiement ? (Question d’un lecteur)
FM. Il y a eu la réforme de la loi 32-10 sur les délais de paiement qui a apporté un certain nombre d’ajustements. Aujourd’hui, on se réjouit du fait que les établissements publics qui sont des donneurs d’ordre importants soient concernés par la loi. On se réjouit aussi de l’amélioration du dispositif fiscal car aujourd’hui, les indemnités de retard ne deviennent taxables ou déductibles qu’au moment du paiement.
Mais aujourd’hui, il nous manque encore les délais sectoriels ainsi que le taux de pénalité qui n'ont pas encore été fixés. Donc aujourd’hui, la mise en place de la réforme n’a pas encore eu lieu mais ça va se faire.
Maintenant, il faut aller au-delà de la loi car le problème des délais de paiement est un problème d’état d’esprit. Il faudrait que la confiance soit installée, qu’il y ait plus de fluidité, que les trésoreries des PME soient soulagées pour qu’on puisse relancer l’investissement. C’est pour cela que nous avons mis en place au sein de la CGEM la charte du bon payeur à laquelle plusieurs entreprises ont adhéré. Je pense qu’il faut poursuivre ce travail de sensibilisation.
- Qu’en est-il du digital ? Fait-il partie de vos priorités ? (Question d'un lecteur)
FM. Nous avons voulu que le socle qui portera l’ensemble de nos mesures et chantiers soit la digitalisation. Aujourd’hui, cela doit devenir le pain quotidien au sein de nos entreprises. On ne peut pas se développer, relever les défis, accroitre la compétitivité, sans que le socle qu’est la digitalisation ne soit mis en place.
Parmi les actions que nous allons entreprendre si nous sommes élus, c’est de donner la possibilité à toutes les startups et à tous les jeunes qui s’activent dans ce monde du numérique et qui sont en contact entre eux au niveau mondial, de travailler ensemble, de faire du coworking. Nous voulons mettre en place une plateforme au sein de la CGEM pour que tout le monde se retrouve et qu’elle devienne la maison de l’entrepreneur, dès qu’il commence à réfléchir à son avenir.
Nous allons aussi renforcer le lien avec le monde universitaire et favoriser la recherche avec la mise en place d’un crédit d’impôt recherche. Car la compétitivité est liée de façon étroite à la formation et à la recherche.
- Avez-vous prévu des mesures de relance du secteur immobilier ? (Question d'un lecteur)
FM. Pour l’immobilier qui est une grosse chaîne de valeur pour la relance de l’économie et le social, nous avons retenu un engagement des promoteurs par un mémorandum clair. Nous avons constaté qu’ils ne demandent aucun avantage supplémentaire.
- Plusieurs de vos mesures ne dépendent pas que de la seule volonté de la CGEM: agir sur la fiscalité, mettre un place un fonds de garantie… Tout cela nécessite l’adhésion du gouvernement. Est-ce que tout ce que vous avez promis est à la portée de la CGEM et à quel horizon?
FM. Si Salaheddine est là, c’est justement pour nous faciliter la tâche. Parce qu’il connaît comment ça se passe de l’autre côté. Il faut être pragmatique, crédible, réaliste… Pour redonner confiance et relancer la compétitivité, il faut être en mesure de défendre son programme et avoir les moyens pour expliquer, convaincre et faire passer les choses. Bien souvent, c’est au niveau des N-1 et N-2 qu’il faut préparer les dossiers.
C’est cette force-là que nous présentons en tant que binôme. Par exemple, nous sommes convaincus que nous pouvons faire passer des mesures comme l’exonération de la TVA sur l’investissement, car nous sommes en mesure de quantifier son impact sur le budget de l’Etat et son apport pour l’économie. Le gouvernement aime bien qu’on vienne le voir avec des solutions et non pas avec des doléances uniquement.
SM. Je vois mal le chef du gouvernement ou un département économique ne pas adhérer à une démarche volontariste de relancer la machine économique. Les mesures que nous proposons ne sont pas énormes et ne vont pas modifier la structure du budget de l’Etat. Ce sont des mesures que j’ai testées par ailleurs, et qui à mon sens sont parfaitement faisables.
C’est un contrat de confiance, un contrat de relance. Le gouvernement aura à faire ce qu’il a à faire et l’entreprise aussi. Parce que la contrepartie c’est plus d’investissements, plus d’engagements sur la création d’emplois.
Il faut oxygéner l’entreprise. Si nous parlons d’un fonds de garantie du fonds de roulement c’est parce que les entreprises sont asphyxiées et le gouvernement a le choix: soit il laisse étouffer les entreprises ou il permet de relancer la croissance. Ce sont des choix qu’il faut assumer publiquement.
Le pipe de l’investissement est vide. A part l’investissement public il y a très peu d’investissement privé. Et qui dit peu d’investissement privé domestique, dit pas d’emplois créés demain.
Ce que nous proposons et ce que nous allons proposer demain au gouvernement est tout à fait responsable, dans un cadre de partenariat. C'est un message important à passer au secteur privé, au citoyen, celui de voir que l’économique va reprendre et qu’il y a une perspective pour la jeunesse. Ceci ne peut pas être jeté ou refusé au nom de quoi que ce soit.
FM. Il y a aujourd’hui un vrai partenariat avec le gouvernement. Il y a une plateforme qui a été mise en place avec le ministère des Finances. On parle en tant que vrais partenaires. C’est un élément important sur lequel on va continuer. Par exemple quand on prépare une loi de finances, on se met autour de la table et on voit ce qu’il y a à faire.
- Les trois priorités de votre éventuel mandat ?
SM. Il faut relancer la machine par de l’oxygène, donc de l’argent. Et l’argent c’est le dispositif de garantie au profit des entreprises, l’accélération des mécanismes liés aux délais de paiement, et naturellement le remboursement du crédit TVA, etc.
Deuxième mesure, il faut réguler ce qui entre sur le marché. Il y a un grand nombre de producteurs domestiques en souffrance à cause des importations. Ce glissement vers l’informel et vers la concurrence déloyale doit être régulé. C’est un cri du cœur des opérateurs économiques. C’est avec l’administration des douanes que nous allons mener ce combat. Je la félicite pour son travail et la sollicite pour plus d’effort.
Troisième mesure, c’est la simplification des procédures administratives. Alors que nous sommes en train de réformer les CRI, sur hautes instructions, nous pensons que c’est le moment de franchir le pas. Le choc de simplification passera par l’acte de signature unique au niveau des CRI. Si nous revenons à des CRI autour desquels on va construire des usines à gaz, on va complexifier le processus d’investissement et tous les actes en relation avec l’investissement et l’entreprise. Il faut une seule signature, déléguée à une seule institution dans laquelle les différents organes sont représentés comme cela se fait ailleurs.
Ce sont des mesures rapides qui auront un impact immédiat sur les entreprises.
- Les investisseurs peuvent-ils avoir plus de visibilité fiscale? (Question d'un lecteur)
SM. Les investisseurs ont besoin d’avoir une visibilité sur les cinq prochaines années. Avec moins de pression et plus de généralisation de la charge fiscale. Et en relançant de nouvelles activités, le gouvernement pourra s’y retrouver.
Dans le cadre du pacte pour la croissance et l’emploi que nous voulons conclure avec le gouvernement, il y a cette question de visibilité fiscale et de la réduction de la pression fiscale. Ma conviction est qu’on peut aller vers un plafonnement de l’IS autour de 20% pour les entreprises. On peut aller aussi vers une meilleure répartition de la pression en matière d’IR et de charges sociales notamment dans les régions pour y déclencher une dynamique de relance.
FM. On veut aller vers moins d’impôts et plus d’investissements dans tous les secteurs et toutes les régions.
SM. Taxer l’investissement est une absurdité. C’est une conviction au sein même de l’administration fiscale. L’investissement doit se faire sans aucun surcoût. C’est un principe qu’on doit instaurer et tourner la page une fois pour toutes.
- Votre programme compte six axes, 26 chantiers, 100 mesures. Pensez-vous que c’est un programme réalisable en trois ans ? Est-ce que cela nécessiterait une réorganisation de la CGEM ?
SM. Nous, nous voulons obtenir des résultats. On a énuméré un certain nombre de mesures qui remontent du terrainet tout cela fera l’objet d’un travail de priorisation. Nous allons mener des batailles que nous puissions gagner, pour le pays.
- Médias24 tient à organiser un face-à-face entre les deux binômes en lice. Comme nous l’avons proposé à votre concurrent, nous vous le proposons aussi : seriez-vous prêts à faire un face-à-face avec le binôme Marrakchi-Benhida au cours des trois jours qui restent avant le 22 mai ?
SM. Plus que prêts, c’est même très souhaité. C’est dommage, pour une fois qu’il y a deux binômes, qu’on ne donne pas la possibilité aux membres de nous voir confronter nos idées, nos positions, parler de l’avenir de la CGEM. On aurait pu éviter certains choix de stratégies de communication qui, à mon sens, n’étaient pas tout à fait adaptés ni à la personnalité ni au contexte de l’autre binôme.
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