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Élections: De quelle CGEM héritera le futur président?

L’élection d’un nouveau président est toujours l’occasion de dresser le bilan de l’équipe sortante, en l’occurrence celle dirigée par Miriem Bensalah Chaqroun qui a passé 6 ans à la tête de la CGEM. De quel patronat héritera le vainqueur du scrutin du 22 mai ?

Élections: De quelle CGEM héritera le futur président?
Hayat Gharbaoui
Le 22 mai 2018 à 1h16 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Miriem Bensalah-Chaqroun quitte son fauteuil de président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) qu’elle a occupé de 2012 à 2018. Et ce 22 mai, l’un des deux candidats en lice, Salaheddine Mezouar ou Hakim Marrakchi, prendra la relève à l’issue du vote qui aura lieu dans l’après-midi. C’est l’occasion de voir de quelle CGEM, il héritera.

Trois noms des tandems en lice font déjà partie de l’équipe sortante. Faïçal Mekouar, le colistier de Mezouar, est le vice-président général (2015-2018). Hakim Marrakchi, leur concurrent, est quant à lui, vice-président de la CGEM et président de la commission internationale. Sa colistière, Assia Benhida est quant à elle membre du Conseil d’Administration de la CGEM et vice-présidente de la Commission ALE et relations UE.

La composition du conseil d’administration ici.

Les patrons sondés par Médias24 s’accordent à dire qu’en effet, leur organisation a changé de statut et de dimension au cours des six dernières années. 

Tous ou presque évoquent l’important travail fait au niveau de la diplomatie économique. La CGEM a été de tous les importants déplacements du Souverain. Des tournées africaines, aux visites en Chine ou en Russie, une importante délégation d’hommes d’affaires était présente. Souvent des forums d’affaires ont précédé d’un jour ou deux les visites royales. 

Autre fait majeur, peut-être le plus important de ces six dernières années: la reconnaissance par le gouvernement du statut de «syndicat» à la CGEM. "Si je dois résumer le bilan en une seule réalisation, ce sera certainement la reconnaissance de la CGEM comme l’organisation des employeurs la plus représentative par voie de décret", assure un patron membre du conseil d’administration. Selon lui, ce n’était pas gagné d’avance et l’équipe dirigeante a dû batailler pour obtenir ce statut face à d’autres associations patronales, notamment Amal Entreprises. 

Selon un livret présentant le bilan 2012-2018 de l’équipe sortante, dont Médias24 détient copie, cette reconnaissance a été possible grâce à "un travail de lobbying intense étayé par des chiffres et preuves incontestables". La CGEM se targue d’être le porte-voix de 90.000 membres directs et indirects contribuant à 55% du PIB et employant 3 millions de salariés. 

Ce qui est certain, c’est que depuis 2015, la CGEM n’est plus seulement le porte-parole de ses membres, mais bien celui de tout le secteur privé et l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Cette reconnaissance lui a ouvert les portes du parlement dans lequel elle est représentée par un groupe de huit parlementaires au niveau de la chambre des conseillers. 

"Préparation des textes de loi et décrets, réformes des procédures ou mises en place de comités public-privé, la CGEM est consultée pour tout ce qui a trait à la sphère économique", se réjouit l’équipe sortante dans son bilan. 

Une mission d’une grande importance, notamment, dans un contexte où le secteur privé est appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans la création de richesses pour le pays, et pour sa croissance. Le prisme de défendre les seuls intérêts de ses membres devait rapidement être remplacé par celui de défendre tout le tissu économique privé marocain. 

Dans ce sens, certains patrons reprochent à l’équipe sortante un désintérêt pour la PME. "On peut dire ce qu’on veut, mais la CGEM n’a pas suffisamment parlé de la petite et moyenne entreprise. Qu’est-ce que nous trouvons dans la loi de finances ? Des mesures pour les fusions-absorptions, des mesures en faveur des grands groupes, des avantages pour CFC et nous nous sommes peu intéressés à la PME", confie un président de fédération affiliée à la CGEM.

Ce dernier concède toutefois, un élan envers la PME ces deux dernières années, avec "un bon cru fiscal", essentiellement la progressivité de l’IS, tout en assurant que ce n’est pas encore suffisant. "La négociation aura duré trois ans avec le gouvernement et elle a conduit d’abord à la mise en place de l’IS proportionnel en 2017 avant l’application de la progressivité en 2018", est-il expliqué dans le bilan 2012-2018 de la CGEM. 

Le volet fiscal est un des indicateurs importants pour évaluer le mandat d’une équipe sortante. Quelles mesures la CGEM a-t-elle réussi à inscrire dans les dernières lois de finances ? Sur le document dont nous détenons copie, Miriem Bensalah et son équipe mettent en évidence "le remboursement de la TVA due par l’Etat aux entreprises, effectif depuis 2015, alors que l’Etat n’avait jamais remboursé la TVA auparavant". 

Ils citent, entre autres, des mesures facilitant les opérations de restructuration (neutralité IS et IR, exonération des droits d’enregistrement sur les augmentations ou cessions de parts de capital …), l’exonération des charges salariales pour les emplois créés par les nouvelles entreprises.

"Il ne faut pas oublier qu’en plus du travail de la CGEM, il y a aussi le travail des fédérations avec chacune leur tutelle respective. Il ne faut pas minorer le travail des fédérations sectorielles et celui des régions", relativise un vieux routier de la CGEM. 

Pour ce dernier, les fédérations font également un important travail à leurs niveaux pour défendre les intérêts de leurs membres à travers un dialogue direct avec leur tutelle.

Par contre, du côté des régions, le satisfecit n’est pas toujours au rendez-vous. Les tournées régionales des deux candidats à la présidence de la CGEM ont été l’occasion pour les CGEM région d’exprimer leur mécontentement. "Il est difficile pour nous de croire que des choses vont changer, tellement les discours se sont répétés. On nous a fait les mêmes promesses au début du mandat de Mme Bensalah, mais les réalisations régionales sont très modestes", observe un entrepreneur lors de la rencontre de Hakim Marrakchi avec les membres du bureau régional de la CGEM Fès-Taza.

Le président de cette CGEM région, Mohamed Berrada Rkhami, s’est prononcé sur la représentativité de la PME et des régions en ces termes: "la CGEM est-elle vraiment l’institution où vous serez capables de défendre les intérêts des PME ? En découvrant l’institution de l’intérieur, c’est plus la CGEM des grandes entreprises. La PME ne fait l’objet que de discours, car toutes les orientations de la CGEM sont dans l’intérêt de la GE. D’ailleurs, pourquoi doit-on se déplacer à Casablanca pour voter ?".

Mezouar n’est pas en reste. Lors de sa réunion avec la CGEM nord, un des membres de l’organisation régionale, cité par nos confrères de l’Économiste, a estimé que "la CGEM a raté sa régionalisation. Non seulement, elle a été incapable d’aller de l’avant, mais elle n’a pas encore fait de Casablanca une fédération à l’instar des autres régions". 

Les régions reprochent à la CGEM leur faible autonomie financière et réglementaire, leur faible représentativité. Ils lui reprochent également la faible implication des régions dans les sujets importants comme le dialogue social. 

Les critiques des régions envers l’équipe sortante sont autant de chantiers à ouvrir pour la nouvelle équipe. 

 

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Hayat Gharbaoui
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