CGEM: Salaheddine Mezouar a pris ses fonctions de président ce 23 mai
Au lendemain d'une longue journée où il s'est vu porté à la tête de la CGEM, Salaheddine Mezouar a pris ses fonctions ce mercredi 23 mai lors d'une cérémonie de passation de pouvoir qui a eu lieu au siège de la CGEM.
Le 22 mai est une date qui restera dans les annales de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM). Après 15 ans de candidatures uniques, les chefs d’entreprises ont enfin eu droit à une concurrence pour le poste de patron des patrons.
Deux binômes en lice, des profils différents, des enjeux différents et une campagne de plusieurs semaines qui a tenu en haleine le microcosme économique. Une véritable course qui s’est soldée par la victoire de Salaheddine Mezouar face à son concurrent Hakim Marrakchi avec 77,9 % des votes. "C’est un raz-de-marée", commente un patron présent lors de l’Assemblée générale élective.
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Les résultats ont dépassé les pronostics qui donnaient Mezouar gagnant, certes, mais avec une petite avance eu égard à son appartenance politique qui gênait nombre d’entrepreneurs et la crainte de la récupération de la CGEM par un parti.
Durant sa campagne, Mezouar a longuement répondu à ce point et a tenté de déminer cette crainte. Il a même promis de démissionner de son parti s’il venait à être élu. "Je présenterai officiellement ma démission des organes du RNI si je suis investi", a-t-il assuré à maintes reprises.
Ce qui est certain, c’est que l’important écart ne peut s’expliquer que par le fait que tous les patrons ne partagent pas les mêmes craintes que ceux qui ont été exprimés ouvertement par le binôme concurrent ou encore les past présidents de la CGEM, Hassan Chami et Abderrahmane Lahjouji et indirectement par la présidente sortante Miriem Bensalah qui s’est abstenue d’apporter officiellement son soutien à l'un des candidats.
Son discours "d’adieu", prononcé avant l’annonce des résultats, a également comporté, à de nombreuse reprises, des références à l’indépendance de la CGEM de la sphère partisane.
"La CGEM d’aujourd’hui participe directement, et a son mot à dire, au niveau du législatif, à travers un groupe parlementaire dédié qui est estimé et sollicité… par la majorité et par l’opposition. Nous espérons que nos conseillers sauront protéger cette singularité".
"Tout au long de ces deux mandatures, nous avons fait de la construction notre philosophie, du bon sens notre méthode, et, surtout, surtout: nous avons fait de l’indépendance de la CGEM un devoir, un principe, une ligne de conduite".
"La force réside aussi dans l’affirmation de l’indépendance et dans le refus de toutes formes de compromissions ou d’amitiés captives qui pourraient altérer la défense permanente de l’entreprise marocaine".
"Nous avons réalisé beaucoup de choses et il appartiendra à nos successeurs de reprendre le flambeau, par le bon bout, pour que cette institution continue à porter bien haut l’étendard de l’entreprise marocaine, fière de son indépendance, à parfaite distance de toutes les instances partisanes tel que j’ai su le faire jusqu’à aujourd’hui."
Les mots de la présidente sortante, que tout le monde a salués chaleureusement dans une ambiance marquée par l’émotion, sonnent comme de précieux conseils adressés à son successeur.
Les patrons se sont exprimés et la bonne humeur était palpable dans la salle qui a accueilli l’assemblée générale. Dans son discours d’investiture, le président a pris le temps, naturellement, de remercier ses soutiens et les votants, a rappelé ses engagements de campagne en annonçant "mettre entre parenthèses sa politique". Cela se traduira-t-il par une démission effective du parti ? L’avenir nous le dira.
En attendant, la cérémonie de passation a eu lieu ce mercredi 23 mai à 11h. Miriem Bensalah a officiellement quitté le fauteuil qu’elle avait occupé pendant 6 ans. Il incombe désormais à Mezouar de prendre le flambeau.
Sa priorité est de redonner confiance à l’entreprise pour redémarrer l’investissement en lui donnant de l’oxygène.
Pour rappel, il a présenté des actions à court terme "Quick wins à intégrer dans la Loi de Finances dès 2019":
- Fonds de garantie BFR.
- Exonération de la TVA sur les biens d’équipement.
- Contrôle des importations sauvages.
- Engagement de la réforme de la fiscalité locale.
- Révision du mécanisme de calcul de la taxe professionnelle.
Salaheddine Mezouar aura donc du pain sur la planche pour passer ces mesures rapides, promises lors de la campagne.
Il devra également tourner le regard vers les régions, dont certaines l'ont soutenu, afin de dissiper leur colère contre le siège.
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