Affaire la Samir: Ces dossiers qui attendent le nouveau syndic judiciaire
Le nouveau syndic judiciaire de la Samir a hérité de la plus grande liquidation de l'histoire du Maroc. Voici ce qui l'attend.
Au Tribunal de commerce de Casablanca, on organise l'après Mohamed El Krimi, remplacé par Abdelkbir Safadi au poste de syndic de la Samir. Au nouveau liquidateur, on prête un profil "consensuel" et "expérimenté".
M. Safadi a l'habitude des dossiers chauds. Depuis le 28 mars 2016, ce greffier gère la liquidation de l'Entreprise marocaine des travaux (EMT), filiale du groupe Alliances. Mais avec la Samir, il hérite du plus gros dossier de l'histoire du pays. Cession, vérification des créances, extension de la liquidation aux dirigeants, arbitrage Cirdi... Les enjeux sont énormes et les ramifications internationales.
Un chiffre: 500 créanciers déclarés et plus de 43 MMDH de dettes. L'essentiel des créances ont été vérifiées, puis admises ou rejetées. Mais vu leur importance, d'autres sont en attente. Certaines avaient été contestées par l'ancien syndic et/ou requièrent une vérification approfondie. A ce titre, des expertises ont été ordonnées par Abderrafi Bouhamria, juge-commissaire qui supervise la liquidation de la Samir.
Le groupe Carlyle (4 MMDH), la Banque centrale populaire (1,9 MMDH), la Douane (16 MMDH) ou Glencore (2 MMDH) font partie des retardataires. Avant de soumettre sa proposition sur leur validation ou non, M. Safadi a exigé des délais pour examiner chacun de ces dossiers compliqués.
Le volet le plus complexe est celui de la cession. M. El Krimi tenait un rôle proéminent dans cette procédure, cumulant les tâches de prospection et de négociation. A l'égard des acquéreurs, il faisait figure de principal interlocuteur. M. Safadi gardera-t-il la même marge de manœuvre?
Pour l'heure, le dossier semble centralisé au niveau du bureau du juge-commissaire. Lui, le syndic et les contrôleurs se réuniront le 4 juin prochain pour l'examen des offres. Après le départ de M. El Krimi, les tenants du dossier espèrent réinvestir ce dossier avec une "mentalité plus positive".
Le processus est bloqué depuis plus d'une année. Les raisons du blocage sont connues: si les offres de rachat atteignent les 30 MMDH, aucune garantie n'a été fournie en vue de leur exécution. Légalement, l'absence de garanties rend irrecevables les offres, ce que le juge-commissaire s'évertuait à appliquer. Mais désormais, selon nos sources, le magistrat semble disposé à négocier.
"L'article 604 du code de commerce impose la présentation d'une garantie, sans en préciser la nature. Malgré cela, le juge-commissaire exigeait une caution bancaire délivrée par une banque marocaine, ce qui a rebuté bon nombre de candidats", explique une source judiciaire. Et d'ajouter: "Aujourd'hui, M. Bouhamria est prêt à faire une lecture assouplie du texte et voudrait ouvrir la voie à toutes formes de garanties (réelles ou personnelles), pourvu qu'elles soient solides."
D'autres dossiers majeurs sont en cours. Celui de l'extension de la liquidation au patrimoine personnel des dirigeants avait été initié par M. El Krimi. M. Safadi devra examiner le rapport de son prédécesseur et faire face aux difficultés que connaît cette procédure au niveau des notifications. La majeure partie des concernés ont leur domicile à l'étranger. Tenue ce lundi 28 mai, une audience s'est soldée par un renvoi au 18 juin.
Il reste les dossiers usuels. Nos sources évoquent, à titre d'exemple, le paiement des salariés ou les frais de maintenance de l'usine située à Mohammedia. 867 salariés sont dans l'expectative, la raffinerie dépérit au fil du temps. Là-dessus, il y a péril en la demeure.
Il ne faut pas perdre de vue les filiales de la Samir. Récemment, SDCC a demandé "l'autorisation d'exploiter les réservoirs de sa maison mère, en vue d'y stocker des produits pétroliers. Cette requête est en cours d'examen. M. Safadi a demandé un délai.
Une autre requête est à l'examen. A la baguette, des actionnaires de Salam Gaz. Total Maroc, Afriquia Gaz et Ziz tendent à faire constater l'existence d'une clause de préférence et du droit de préemption dans les statuts de la société détenue à 50% par la Samir. Problème, ces parts ont été incluses dans le périmètre de la cession du raffineur.
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