Gazoduc Nigéria-Maroc: voici les prochaines étapes
Le projet de gazoduc Nigéria-Maroc entame la deuxième phase, celle des études détaillées. Les deux partenaires, ONHYM et NNPC (Compagnie de pétrole nationale nigériane) ont achevé la première phase ainsi que l’étude de faisabilité et vont maintenant lancer le processus de sélection des cabinets spécialisés qui vont les accompagner dans les études, nous explique Mme Amina Benkhadra, DG de l’ONHYM.
Pour la première phase, les deux parties s’étaient adjoint “les services d’un cabinet britannique et d’un autre allemand“.
Mme Benkhadra relève au passage la parfaite coopération entre l’ONHYM et le NNPC dans la conduite de cette mission.
La seconde phase qui s’annonce est celle appelée FEED, ou avant-projet détaillé.

Amina Benkhadra, DG de l'ONHYM
La première phase ou étude de faisabilité, a permis de progresser et de préciser les options. Pour le tracé par exemple, “7 options ont été étudiées de manière détaillée, nous en avons sélectionné trois majeures“. Finalement, “pour des raisons d’ordres économique, politique, juridique et sécuritaire, le choix s’est opéré sur une route combinée onshore/offshore“, rappelle Mme Benkhadra qui précise qu’à ce stade, le tracé ne peut être dévoilé.
Elle ajoute que tous les pays de la Cedeao sont concernés, de même que la Mauritanie et le Maroc. 16 pays au total. Les pays enclavés, Mali, Burkina Faso et Niger, disposeront de bretelles terrestres. Pour les autres, “nous avons déjà déterminé tous les points d’ancrage“ entre le gazoduc onshore et le gazoduc offshore. Au total, le pipeline mesurera environ 5.660 km.
On n’en saura pas plus sur le tracé.
Pour ce qui concerne les délais, “nous irons vite“, promet notre interlocutrice. Mais la tâche est gigantesque: il faut travailler avec chacun des Etats, relever les challenges de tous ordres, techniques, juridiques et autres.
Y a-t-il une estimation financière de l’investissement? “Oui, mais je ne peux pas dévoiler la fourchette“. Le chiffre est-il situé entre 25 et 50 milliards de dollars? “Même ça, je ne peux pas le dire“. Tout ce que l’on sait donc, c’est que le Capex a été évalué.
Les études détaillées qui vont être lancées, vont permettre de tout affiner, tracé, échéancier, montages financiers, rentabilité du projet.
Sur le trajet du gazoduc, des pays autres que le Nigéria disposent de gisements de gaz, comme le Ghana, le Sénégal et la Mauritanie. Les études en tiendront compte et il n’est pas exclu que la réalisation de deux tronçons démarre en parallèle avant de se réunir en un gazoduc final.
Le projet du gazoduc avait été conçu durant la visite royale au Nigeria, en décembre 2016. Un accord de coopération a été signé à Rabat le 15 mai 2017, engageant la Compagnie de pétrole nationale nigériane (NNPC) et l'ONHYM à parrainer conjointement une étude de faisabilité et une FEED (ingénierie de détail) pour le projet.
Ce pipeline vise à accélérer les projets d’électrification dans la région, servant de base pour la création d’un marché régional compétitif de l’électricité, susceptible d’être relié au marché européen de l’énergie.
Il permettra aussi de développer des pôles industriels intégrés dans la sous-région, dans des secteurs tels que l’industrie, l’agro-business et les engrais, afin d’attirer des capitaux étrangers, d’améliorer la compétitivité des exportations et de stimuler la transformation locale des ressources naturelles.
Le Nigéria est 22e producteur mondial de gaz, 5e exportateur dans le monde et premier en Afrique. Le pays exporte essentiellement par voie maritime, du gaz naturel liquéfié. Le gaz naturel est exporté en petites quantités à travers un gazoduc, qui relie le Nigéria au Bénin, au Togo et au Ghana.
Durant cette étape de FEED, il sera question:
- d’impliquer les Etats traversés et la CEDEAO, en signant des protocoles d’accord,
- de valider les volumes disponibles pour l’Europe par les Majors au Nigeria et par NNPC,
- d’entamer les discussions avec les opérateurs du champ Tortue au large du Sénégal et de la Mauritanie,
- et d’approcher les clients européens qui sont les plus importants Off-takers potentiels.
Parmi les actions programmées, il est prévu:
- d'affiner les estimations de coûts d’investissements et d’exploitation,
- de finaliser l’analyse économique sur la base des volumes et des hypothèses de constructions finalisées,
- et d’entamer les discussions avec les banques internationales de développement pour tester leur disposition à financer ce projet, et de préparer les documents préliminaires.
“Au-delà du technique et du financier, il faut souligner la vision de Sa Majesté et du Président Buhari et la portée stratégique d’un tel projet; il s’agit d’un projet grandiose et historique pour l’avenir de l’Afrique. Ce projet porte l’ambition d’être un catalyseur du processus de développement socio-économique de tous les pays de la région ouest africaine; il porte également une très forte volonté d’intégration et de coopération régionale dans l’intérêt de l’Afrique “, conclut Mme Benkhadra.
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