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RAM: La réouverture de l’école de formation de pilotes est-elle la solution? Voici le pour et le contre

Après la fermeture de son centre de formation de pilotes en 2014, la RAM a dû envoyer des étudiants à l’ENAC de Toulouse et également embaucher des étrangers pour assurer son programme croissant de vols. L’AMPL propose une réouverture de cette école pour surmonter la crise du sous-effectif. Une source sûre rétorque que cette proposition n’a aucune chance de se réaliser sachant qu’une 1ère promotion de pilotes coûtera au moins 300 millions de DH soit 3 MDH par étudiant.

RAM: La réouverture de l’école de formation de pilotes est-elle la solution? Voici le pour et le contre
Samir El Ouardighi
Le 24 juillet 2018 à 17h04 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Face au bras-de-fer qui s’éternise entre la direction de la RAM et les membres de l’Association marocaine des pilotes de ligne, la question de la réouverture de l’école de formation refait surface.

En 2018, la RAM emploie 540 commandants de bord et copilotes mais ce chiffre est, de l’aveu-même du transporteur et de l’AMPL, insuffisant pour assurer tous ses vols domestiques, moyen et long-courriers qui ne cessent de s'accroitre avec des nouvelles ouvertures de ligne.

Lors d’une conférence de presse le président de l’AMPL a affirmé que la crise actuelle s’expliquait par un problème de sous-effectif dû à la fermeture de l’école de formation de pilotes qui était gérée et financée par la RAM.

Former des pilotes au Maroc pour mettre fin au sous-effectif ?

Si sa réouverture ne fait pas partie des 4 principales exigences du syndicat des pilotes, il n’en demeure pas moins que l’AMPL explique, en partie, la crise actuelle par un manque de structure de formation.

Ainsi, Amine Mkinsi, président de l'association AMPL a affirmé qu’il manque, au moins, une centaine de pilotes pour éviter les annulations et les retards de vols qui se multiplient depuis le mercredi 18 juillet. Se disant débordé par la très forte pression de la compagnie pour couvrir le programme de vols, il a révélé que les pilotes syndiqués devaient désormais cumuler 76 heures de vols par mois contre 64 auparavant.

"Sa réouverture est une nécessité car même sur le marché international, les pilotes sont devenus une denrée rare et donc chère. La preuve est qu’en 2017, la RAM a voulu embaucher 86 étrangers et que seuls 26 d’entre eux ont répondu présents. Il y a eu un turnover rapide dans ces embauches car certains ont préféré rejoindre Etihad ou Turkish qui offrent de meilleurs salaires et conditions de travail", a précisé Mkinsi.

La situation de ce marché de l’emploi a en effet totalement changé entre 2014, début de la crise pour toutes les compagnies internationales du fait du début des attentats qui se multipliaient dans le monde, et les années 2017-2018 qui correspondent au retour de la forte croissance du tourisme et d’ouvertures de lignes.

En 2014, la RAM avait signé un contrat-programme avec l’Etat qui l’avait obligé à fermer ses centres de formation jugés trop chers pour ses finances (75 MDH/an) sachant qu’elle était une des dernières compagnies au monde à prendre en charge la formation de ses futurs pilotes.

Selon une source ministérielle de l’époque qui a requis l'anonymat, le gouvernement avait proposé qu’elle devienne une école publique dépendante de l’aviation civile avant de se rétracter devant l’énormité des frais à engager.

300 Millions de DH pour une 1ère promotion de 100 pilotes

Après 2 ans de flou, la RAM avait donc dû revendre tous les actifs de l’école (avion, simulateurs …) en optant pour un partenariat avec l’Ecole nationale de l’aviation civile de Toulouse dans laquelle elle envoyait 40 étudiants chaque année.

Interrogé sur la proposition de l’AMPL de rouvrir l’école en divisant les énormes frais de scolarité de chaque étudiant (1,5 MDH sur 3 ans) entre la RAM (1/3), l’Etat (1/3) et l’étudiant (1/3), notre source n’hésite pas à parler "d’hérésie économique sachant qu'une école de pilotage est hors de prix pour le secteur public ».

"Aucun étudiant au Maroc ne coûte aussi cher en même temps à l’Etat (500.000 DH par an) et à une compagnie publique (500.000 DH). De plus, il faut préciser que les transporteurs (privé ou public)  qui disposent de leur propre école sont rares dans le monde que le budget d’une école publique d’ingénieurs coûte au maximum 30 MDH pour des promotions de 200 étudiants et pas 100 lauréats comme pour celle pilotage", assure notre interlocuteur qui juge peu probable l’adoption de ce financement dans le cadre du futur contrat-programme RAM-Etat.

Selon lui, cette option est inenvisageable pour une raison très simple que ne manquera pas d’exploiter "notre économe" ministre des Finances auprès de son Chef de gouvernement.

"Même si le besoin de pilotes est une vraie urgence par rapport à 2014 et que le sous-effectif est une réalité à la RAM, il faudra attendre 3 ans avant d’obtenir un 1er contingent d’étudiants-pilotes opérationnels.

"Cela veut dire qu’en comptant (au bas mot) 75 MDH de budget de fonctionnement annuel (chiffre de l’ancienne école) auxquels il faudra ajouter 75 MDH d’investissement (avion-école, simulateurs …), on obtient une facture totale de 300 MDH pour former les 100 premiers pilotes de cette école", conclut notre source qui exclut qu’en cette période de croissance atone, Elotmani et Boussaid puissent donner leur accord à ce qui s’apparente plus à une création onéreuse d’école qu’à une réouverture sans frais supplémentaires (avions école, simulateurs, locaux …).

Pour mettre fin au sous-effectif de son personnel naviguant, le salut pourrait venir de l’installation au Maroc d’une école privée étrangère mais d’ici là, la RAM n’aura d’autre choix que d’attendre la fin du cycle de formation des étudiants qu’elle a envoyés à Toulouse ou de recruter des pilotes étrangers.

 

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Samir El Ouardighi
Le 24 juillet 2018 à 17h04

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