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Round Up. Saham-Sanlam: Le “deal du siècle” toujours suspendu à une autorisation

Saham se verra-t-il enfin accorder le précieux sésame pour conclure son «deal du siècle» ? Tout le laisse croire, notamment les dernières infos dans ce dossier. Round up.

Round Up. Saham-Sanlam: Le “deal du siècle” toujours suspendu à une autorisation
Hayat Gharbaoui
Le 2 août 2018 à 16h45 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Le groupe Saham a procédé, mercredi 1er août, à une grosse opération de couverture de change, sous forme de vente à terme de dollars, pour l'opération de cession de son pôle Assurance au Groupe Sanlam. L’information annoncée par Médias24 dans la soirée du 1er août n’a pas manqué de braquer les projecteurs sur le «deal du siècle» toujours suspendu à l’autorisation de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (Acaps).

Nos sources nous ont assuré qu’il s'agit d'une opération de change ferme, ce qui laisse supposer que l'opération pour laquelle elle est contractée est certaine. En d’autres termes, Saham est assuré de conclure son deal comme prévu initialement au cours du mois d’août ou septembre au plus tard.

>> Lire aussi : Coup de tonnerre sur le marché: MHE cède tout le pôle assurance de Saham

Des sources proches du dossier nous rapportent qu’une «remobilisation» des équipes qui travaillent sur le dossier a été constatée il y a quelques semaines.

Cela veut-il dire que le groupe marocain a obtenu l’autorisation de l’Acaps? Plusieurs sources bien informées laissent entendre que Saham a obtenu un accord verbal en attendant la finalisation des procédures. Mais rien n’est sûr tant que le groupe n’a pas une autorisation écrite dans ce sens.

Quoi qu'il en soit, Saham se comporte comme si la vente était dans sa dernière phase.

Médias24 a tenté de joindre plusieurs sources autorisées au sein de l’ACAPS et de Saham pour connaître l’état d’avancement de la demande d’autorisation de ventes du pôle assurances à Sanlam, elles étaient toutes injoignables.

Nos sources assurent que le groupe Saham prépare une sortie médiatique pour la rentrée prochaine. 

Près de 10 milliards de DH en jeu

Ce qui est certain, c’est que cette transaction est loin d’être un long fleuve tranquille pour Saham.

Dès l’annonce de l’opération par les deux groupes partenaires Saham et Sanlam, l’intérêt pour ce dossier n’a pas tari car il s’agit bien d’une opération inédite sur le marché marocain par la taille et l’ampleur.

La transaction, soumise aux autorisations réglementaires consiste en l’acquisition par le sud-africain Sanlam de 53,4% de Saham Finances pour porter son contrôle à 100%. Le prix d’acquisition est de 1,05 milliard de dollars, un peu plus de 9,8 milliards de DH. Le fruit de cette cession servira à la création d’un Fonds d’investissement panafricain, avait déclaré Saham au moment de l’annonce.

Les deux parties ont bien évidemment entamé les démarches pour l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires à la conclusion du deal et cela dans tous les pays d’implantation de Saham Finances.

Pour rappel, Saham Finances contrôle près de 53,4% de Saham Assurances, 70% de Saham Assistance et 100% de Isaaf Santé, les activités de réassurance et de TPA (tiers payant assistance) et toutes les filiales africaines d’assurances du groupe, qui est présent dans près de 20 pays. En tenant compte du Moyen-Orient, Saham opère dans 26 pays.

Selon les dernières informations en notre possession, toutes les autorisations ont été obtenues sauf au Nigéria et au Maroc. Pour le cas du Nigéria, «cela relèverait juste de la procédure».

>> Lire aussi : Saham: C'est Moulay Mhammed qui pilotera la transformation du groupe après la cession

L'ACAPS maintient le suspens

Qu’en est-il pour le Maroc ? L'Acaps est tenue de donner une réponse dans un délai de 30 jours après le dépôt de dossier. Saham a déposé son dossier en avril, un mois après l’annonce. Durant le mois de mai, une source autorisée à Saham nous expliquait: «Il n'y a pas de retard. Nous sommes toujours dans les délais prévus par la loi». De son côté, l’ACAPS nous répond que l’Autorité est tenue par la loi de ne pas communiquer sur les dossiers en instruction.

Le silence des autorités conjugué au temps que prend l’instruction du dossier, n'ont pas manqué d’alimenter les rumeurs les plus folles. D’autant plus que l’annonce du deal a été accompagnée de grosses polémiques.

Le fait que l’opération bénéficie d’une exonération des droits d’enregistrement qui venait d'être instaurée dans le cadre de la loi de finances 2018, pousse certains à crier au scandale et à accuser Mohammed Boussaid, ministre des Finances à l’époque, de faire un cadeau à son collègue de parti et de gouvernement. Cette mesure ferait économiser à MHE quelque 400 millions de DH. Une accusation dont s’est défendu le ministre à plusieurs reprises, allant jusqu’à demander l’ouverture d’une enquête à ce sujet lors d’une réunion du conseil de gouvernement.

MHE a réclamé la création d'une commission d'enquête pour clarifier les données de la disposition de la loi de finances 2018, exonérant les cessions d’entreprises ou d’actions des droits d’enregistrement (au profit de l'acheteur et non du vendeur), ainsi que l'obtention par la Fondation Saham du statut d’utilité publique. Cette dernière information a également fait polémique bien qu’elle n’ait pas de lien direct avec le deal Saham-Sanlam à part peut-être le timing de l’annonce et qu'il s'agisse d'une fondation à but non lucratif.

Dans ce contexte tendu, les rumeurs vont bon train. Certains avancent l'hypothèse d’un possible blocage de l’opération. En cause, le pays d’origine de l’acquéreur, à savoir l’Afrique du Sud, dont les relations politiques avec le Maroc sont marquées souvent de tensions. Les conjectures poussent plus loin encore en évoquant la relation familiale de l’un des actionnaires de Sanlam, Patrice Motsepe, avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Patrice Motsepe est le frère de la Première dame sud-africaine, Tshepe Motsepe-Ramaphosa.

La position politique des Sud-Africains vis-à-vis du Maroc est parfois hostile. Dernier événement en date, ils n'avaient pas voté pour la candidature marocaine à la Coupe du monde 2026 et ce, "pour des raisons politiques".

D'autres sources avancent qu'au contraire, il est très pertinent de créer des courants d'affaires et d'intérêts croisés avec ce pays. Dans le communiqué annonçant la conclusion du dealIan Kirk, chef de la direction de Sanlam Group, avait déclaré: "Nous nous félicitons de cette opportunité de renforcer notre investissement dans le Royaume du Maroc, une grande porte d'entrée africaine et un pays qui jouit d'une stabilité institutionnelle et macro-économique. Nos investissements aux côtés du Groupe SAHAM reflètent un partenariat intra-africain mutuellement bénéfique, et nous espérons pouvoir travailler ensemble sur d'autres projets majeurs à l'avenir. "

La politique étrangère empiètera-t-elle sur le terrain du business ? la question reste entière. Cela dit, les opérateurs sud-africains investissent au Maroc sans que les questions politiques ne s’en mêlent (Hôtel Mazagan, Anfaplace, entre autres). Sanlam a investi à deux reprises dans le capital de Saham sans que cela ne pose de problème de cette nature. Le groupe sud-africain est monté progressivement dans le capital de Saham Finances à 30% puis 45%, avant de chercher à porter sa participation à 100% dans le cadre de l'actuelle opération.

«Le deal du siècle» qui permettra à Moulay Hafid Elalamy de créer son fonds d’investissement panafricain de plus d’un milliard de dollars est suspendu à une autorisation qui tarde à venir sans explications.

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Hayat Gharbaoui
Le 2 août 2018 à 16h45

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