Les deux satellites marocains sont une bénédiction pour la cartographie du Royaume (vidéo)
Auparavant, le Maroc achetait au prix fort des images satellitaires pour établir ou mettre à jour ses cartes topographiques. Selon le directeur du cadastre, les deux satellites mis en service en 2017 et 2018 lui permettront de cartographier l’ensemble du paysage géographique national qui ne cesse de se transformer avec les grands travaux d’infrastructures.
Tracé ferroviaire du TGV, nouveaux ponts, terres domaniales, terrains agricoles collectifs ou particuliers …, le visage du Maroc qui ne cesse d’évoluer requiert sans cesse des nouvelles cartes ou mises à jour.
Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil aux anciennes cartes du Royaume affichées à l’Agence nationale de la conservation foncière du cadastre et de la cartographie, qui sont devenues obsolètes et donc inexploitables.
Lors d’une visite guidée à l’ANCFCC, Médias24 a donc pu constater de visu l’apport des images provenant des deux satellites marocains Mohammed VI A et Mohammed VI B, entrés respectivement en service en novembre 2017 et en novembre 2018.
Accompagnés de Mustapha Khahhak, directeur du cadastre, nous avons eu accès aux photos brutes de certaines zones ciblées et surtout au processus de traitement de ces images qui donneront naissance à des cartes.
Avant d’être en mesure d’utiliser ses propres engins spatiaux, le Maroc devait acheter à des puissances satellitaires des images pour cartographier ou mettre à jour la cartographie de son propre territoire.
« Faute d’outil satellitaires, l’ANCFCC était obligée, jusqu’en 2017, d’acheter au prix fort les données satellitaires pour être en mesure d’alimenter notre cartographie et notre cadastre.
« Nos deux satellites ont complètement changé la donne car le Maroc a gagné son indépendance en matière de recueil mais aussi d’analyse des images satellitaires », se félicite Kahhak qui, en réponse à une question, ajoute que le Maroc est en mesure s'il le souhaite, de vendre des images à d'autres pays dépourvus de satellites.
Dans une salle réservée au traitement des images brutes, plusieurs opératrices, les yeux rivées à leur écran, analysent les données envoyées par le Centre royal de télédétection spatiale.
« C’est un processus très compliqué. Les images qui arrivent brutes nécessitent un long travail avant d’arriver à l’étape ultime qui est l’établissement d’une carte topographique. Notre mission est en effet de couvrir toutes les zones du territoire qui ne cessent de connaître de se transformer.
Pour le cadastre, cette technologie permet l’immatriculation foncière de tout type.
Au niveau des terrains d’une commune mais aussi pour l’immatriculation ordinaire parcelle par parcelle pour les particuliers qui en font la demande à la conservation foncière. Ces images facilitent en effet les opérations d’immatriculation que sont le repérage, le bornage et le contrôle.
Elles servent enfin à effectuer des délimitations administratives pour les terres collectives ou forestières, les terrains nus de l’Etat, les opérations de remembrement de terrains de particuliers mais la liste de leur utilité ou complémentarité est encore très longue.
Si la topographie cartographique classique est basée sur les échelles, 25.000, 50.000 et 100.000 millièmes, il faut sans cesse actualiser nos cartes avec des normes internationales. Hormis l’utilisation des images satellitaires, l’ANCFCC possède 2 avions équipés d’appareils photo très puissants.
Ils nous permettent des vues aériennes avec une précision et une résolution plus importantes que celles de la technologie satellitaire, notamment pour couvrir les zones urbaines. A contrario, les zones désertiques où il n’y a pas de construction requièrent des images satellitaires », révèle Kahhak.
Selon lui, malgré les apparences, la technologie satellitaire est beaucoup plus précise que Google map qui ne donne qu’une vue d’ensemble de zones et ne permet pas d’établir des cartographies.
A la fin de notre visite, une salle est réservée à l’impression des cartes détaillées qui seront exploitées par des utilisateurs différents : ministères de l’intérieur ou de l’agriculture, chercheurs, voyageurs, météo...

En haut: la région de Benslimane, photographiée par le satellite Mohammed VI-B.
En bas: la carte issue de cette image, élaborée par la direction de la cartyographie à l'ANCFCC.

« Le produit fini est mis à la disposition de l’Etat, des citoyens marocains ou étrangers. A part les cartes classiques, nous en établissons aussi en 3 dimensions répertoriant tous les reliefs (montagnes, collines, ravins …).
« Le département de la cartographie est essentiel pour le développement du pays. Aujourd’hui, il emploie 270 personnes dont 10 qui s’occupent exclusivement du traitement des images satellitaires mais ce nombre évoluera certainement à l’avenir », conclut notre expert pour qui l’acquisition des deux satellites a été une vraie bénédiction pour son service qui a fait un pas de géant en termes de traitement technologique.
Ci-après, visite guidée du centre de traitement des images satellitaires au département de la cartographie et du cadastre;
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