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ECONOMIE

Volaille: les prix vont baisser dans une dizaine de jours, promet la FISA

La baisse de la production et les pratiques des intermédiaires ont fait augmenter les prix du poulet ces derniers jours à plus de 25 DH le kilo vif. Le président de l'interprofession, Youssef Alaoui, assure que la tendance va s'inverser dans une dizaine de jours. Explications.

Volaille: les prix vont baisser dans une dizaine de jours, promet la FISA
S.N.
Le 26 novembre 2018 à 16h53 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Le prix du poulet poursuit sa hausse entamée il y a environ une dizaine de jours. Sur le système «Asaar» du ministère de l’agriculture, le kilogramme de poulet vif au marché de gros est affiché à 18 DH ce lundi 26 novembre à Casablanca, contre 16,90 DH la veille. A Tanger, il caracole à 20 DH contre 18 DH la veille.

Au détail, les prix sont encore plus élevés. Dans un marché au centre de Casablanca, le poulet est vendu à 25 DH le kilo. Des consommateurs dans d’autres régions du Maroc rapportent des prix qui dépassent ce seuil.

Pourquoi cette envolée sachant que le prix du poulet vif au détail est vendu habituellement aux alentours de 15 DH le kilo ?

«Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, les opérateurs ne brûlent pas les poussins pour faire augmenter les prix», martèle d’emblée Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), joint par Médias24.

Selon lui, la hausse des prix résulte de deux principaux facteurs : la baisse de la production et le comportement des intermédiaires qui ont profité de la situation.

Arrêt d'activité chez les éleveurs en difficulté

Youssef Alaoui explique que la production a baissé en raison de l’arrêt d’activité de nombreux éleveurs.

«Avant la récente augmentation des prix, les opérateurs vendaient à perte pendant au moins une année, de septembre 2017 à septembre 2018. Les prix à la ferme étaient compris entre 7 et 8 DH le kilo vif alors que le prix de revient est aux alentours de 12 DH. Une situation due à l’excédent structurel de production au niveau du secteur».

«Après une année de pertes, les éleveurs étaient en souffrance et nombre d’entre eux affichaient une situation financière difficile, d’où leur arrêt d’activité», explique le président de la FISA.

Face à cette situation, les couvoirs (qui fournissent aux éleveurs les poussins d’un jour) ont levé le pied. Ils ont commencé à vendre leur production d’œufs destinés à l’incubation comme œufs de consommation.

Autre facteur, la grève des transporteurs qui a éclaté en octobre dernier et qui s’est poursuivie jusqu’à début novembre n’a pas été sans conséquences pour les éleveurs. «La mortalité de la volaille a augmenté faute d’acheminement vers les marchés dans les délais, et la performance des élevages a baissé en raison du manque d’approvisionnement en aliments», ajoute M. Alaoui.

S’ajoute à cette baisse de la production le problème des intermédiaires qui caractérise en fait toutes les filières agricoles.

«Actuellement, le prix à la ferme du poulet vif est entre 16 et 17 DH le kilo. Or, dans les marchés, il est de 25 DH. C’est anormal. Le prix au détail doit osciller entre 19 et 20 DH. Quand il était vendu à la ferme entre 7 et 8 DH, il fallait le trouver sur le marché à 11 DH. Or personne n’a jamais acheté le poulet à moins de 13 DH le kilo », se désole le président de la FISA.

Ce dernier appelle les autorités locales à sévir et à mieux contrôler le circuit de vente et les prix.

Relancer la production permettra de détendre les prix

En tous les cas, Youssef Alaoui se veut rassurant sur l’évolution des prix au cours des prochains jours. « Maintenant que les prix ont augmenté et que le seuil de rentabilité est dépassé, les éleveurs vont recommencer à produire, ce qui engendrera une détente des prix. Déjà la demande de poussins a repris », explique-t-il.

Pour lui, l’actuelle hausse ne va durer qu’une dizaine de jours supplémentaires au maximum.

A noter que la hausse des prix du poulet n’a rien à voir avec celle des prix des viandes rouges qui dépassent actuellement les 80 DH le kilo.

D’abord, cette dernière a été amorcée bien avant celle des prix des volailles. Ensuite, les facteurs qui la justifient sont différents.

Selon M’hammed Karimine, président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR), qui s’exprimait ce lundi 26 novembre sur une radio, la hausse des prix est due à l’augmentation de la demande, à la hausse des prix des aliments et des combustibles.

Médias24 n’a pas pu joindre ce responsable malgré de nombreuses tentatives.

 

 

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S.N.
Le 26 novembre 2018 à 16h53

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