Le Maroc peine à réduire son déficit commercial
Le déficit de la balance commerciale du Maroc s’est aggravé de 12 milliards de DH ou de 7,8% entre octobre 2017 et octobre 2018, pour atteindre 167 milliards de DH. Le rythme d’augmentation des exportations doit s’accélérer pour compenser la hausse des importations et commencer à réduire le déficit.
A fin octobre 2018, les exportations du Maroc ont progressé, en pourcentage, à un rythme plus important que celui des importations: +10,3% contre +9,2%.
Mais en valeur, les importations croissent plus vite que les exportations: +33,2 milliards de DH contre +21,2 milliards de DH.
Il résulte de ces évolutions une aggravation du déficit commercial du Maroc de 12 milliards de DH ou de 7,8%, pour atteindre 167 milliards de DH.
Le Maroc ne couvre que 57,5% de ses importations par des exportations : 393,3 milliards de DH contre 226,3 milliards de DH.
C’est ce qui ressort des indicateurs préliminaires des échanges extérieurs à fin octobre, publiés par l’Office des changes.
L'export ne progresse pas assez
Le déficit commercial est structurel et augmente chaque année.
Les performances à l’export sont importantes mais demeurent insuffisantes pour compenser le volume croissant des importations.
Le Maroc réalise de bons scores notamment dans l’export de phosphates (+5,4 milliards de DH ou +14,6%), l’automobile (+5,3 milliards ou +11%), l’agriculture et agroalimentaire (+2,7 milliards ou +6,1%), le textile et cuir (+1,4 milliard ou +4,5%) et l’aéronautique (+1,4 milliard ou +14%).
Mais en face, la facture énergétique augmente fortement (+11,1 milliards de DH ou +19,7%) et les importations de produits de consommation et de produits alimentaires sont de plus en plus importantes (+5,8 milliards ou +7% pour les premiers ; +2,3 milliards ou +6,6% pour les seconds).
Les achats de biens d’équipement (+7,8 milliards) et de demi-produits (+2,6 milliards) gonflent également les importations mais traduisent toutefois les efforts d’investissement et de production de l’économie marocaine.
Les éléments de nature à inverser la tendance
Pour stabiliser le déficit commercial et entamer sa réduction, les éléments suivants sont décisifs :
- L’export des phosphates et de l’automobile, deux secteurs locomotives, doit s’accélérer. Les investissements menés par OCP (100 milliards de DH d’ici 2027) vont augmenter sa capacité de production. Le démarrage de l’usine Peugeot à Kénitra (capacité de 100.000 véhicules qui sera doublée à partir de 2020) donnera également un nouvel élan aux exportations automobiles. Le Maroc cherche à accueillir un troisième constructeur mondial et l’écosystème des équipementiers automobiles poursuivra son expansion.
- Donner un nouveau souffle aux secteurs traditionnels comme le textile et l’agroalimentaire : La logique des écosystème, en marche dans le secteur du textile, devrait lui permettre de dépasser le palier des 30 milliards de DH à l’export qu’il peine à dépasser depuis des années. Pour l’agroalimentaire, le contrat-programme vient à peine d’être signé et ses retombées sont attendues dans quelques années.
- Encourager d’autres secteurs comme l’électronique, le pharmaceutique…
- Réduire la facture énergétique : la stratégie énergétique qui vise à porter la part de l’électricité produite de sources renouvelables à 52% à l’horizon 2030 (objectif appelé à être relevé) contribuera à atteindre cet objectif. De même que le prochain démarrage de l’exploitation des champs de gaz dans l’Oriental.
- Maîtriser les importations de produits de consommation en encourageant la substitution par la production locale et en renforçant les systèmes de contrôle des importations et de défense commerciale.
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