Moulay Hafid Elalamy sévèrement tancé par le Roi Mohammed VI
A Rabat ce vendredi matin, le microcosme ne parlait que de cela, certes à mots couverts. Au cours de la séance de travail présidée jeudi par le Roi, le thème était la formation professionnelle. Mais le principal événement fut la manière dont le ministre de l'Industrie et du commerce a été sévèrement recadré par le Roi.
Jeudi 29 novembre au palais royal à Rabat, le Roi Mohammed VI préside une nouvelle séance de travail consacrée à la formation professionnelle.
Le chantier est essentiel, entre autres pour l’emploi et la réduction des inégalités. La formation professionnelle n’était pas performante, loin de là. Elle fait partie des chantiers prioritaires repris en main par un contrôle direct du Roi Mohammed VI comme la santé, l’éducation et l’emploi.
Les participants viennent surtout de l’Exécutif tels que le Chef du gouvernement Saâdeddine Elotmani, ou les ministres de l’Intérieur, de l’Education nationale et Formation professionnelle, de l’Industrie et du commerce, de l’Equipement et du transport, de la Santé, du Tourisme et enfin de l’Emploi.
Le sujet de la réunion est la réorientation stratégique de la formation professionnelle vers plus d’efficacité et plus d’emplois. Ce n’est pas la première séance de travail du genre présidée par le Roi.
Sur ce thème, les concernés ont été en gros tancés par le Roi Mohammed VI, selon un récit que nous fait l’un des participants. Médias24 est tellement sûr de l’authenticité de ce récit, qu’il a choisi d’en publier les principaux points.
Concernant la formation professionnelle, la conclusion tient en quelques mots : “Vous êtes incapables d’élaborer un rapport valable sur la formation“, constate le Roi. Il décide de reporter les assises nationales de la formation et de l’emploi. Les troupes ne sont pas prêtes.
Mais l’événement le plus inattendu de la séance de travail se déroule au début et ne concerne pas la formation professionnelle.
Le Roi Mohammed VI se tourne vers Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du commerce et lui adresse plusieurs salves de reproches directs. Les participants sont en apnée.
Le Roi Mohammed VI commence par la déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle dans la région du Souss-Massa. Le lancement de cette opération qui doit créer 22.000 emplois et un effet d’entraînement industriel dans la région, a été effectué par le Roi le 28 janvier 2018. Près d’une année s’est écoulée, sans que le projet n’avance, accuse le Roi.
Après le Plan d’accélération industrielle, d’autres points y passent : la double nationalité de MHE, son comportement qui peut être “arrogant au détriment de la responsabilité publique“. MHE est sommé de servir les intérêts du pays avant les siens, et non l’inverse.
Ce vendredi matin, les langues se déliaient et ce sujet alimentait toutes les conversations de Rabat.
LIRE EGALEMENT AU SUJET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE:
LE COMMUNIQUE DU CABINET ROYAL
LE ROI MOHAMMED VI PRESIDE UNE SEANCE DE TRAVAIL CONSACREE A LA FORMATION PROFESSIONNELLE
Formation professionnelle: un taux de chômage de 24% à fin septembre
Formation professionnelle: la commission ad hoc obtient un délai supplémentaire
L'échec de la formation professionnelle, un secret de polichinelle enfin pris à bras-le-corps
À découvrir
à lire aussi
Article : Festival Gnaoua 2026 : les rythmes du Rwanda, de Harlem et du Brésil au cœur des grandes fusions d’Essaouira
Du 25 au 27 juin 2026, la 27e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde fera dialoguer les maâlems gnaoua avec l’Intore du Rwanda, le gospel de Harlem, les rythmes brésiliens de Carlinhos Brown et les univers de Richard Bona ou ganavya. Fidèle à son ADN, le rendez-vous d’Essaouira place cette année les patrimoines vivants et les scènes contemporaines au cœur de créations inédites, entre transmission africaine, expérimentation musicale et ouverture sur le monde.
Article : Législatives : 12 millions de non-inscrits sur les listes électorales, le grand défi des élections
À quatre mois du scrutin du 23 septembre, l’Intérieur veut élargir le corps électoral car le nombre d’inscrits sur les listes électorales a fortement baissé. Derrière la révision exceptionnelle des listes, ouverte du 15 mai au 13 juin, se joue une question sensible : un gouvernement issu de législatives peut-il absorber les tensions sociales si sa base électorale reste trop étroite ? Avec 16 millions d’inscrits pour un potentiel estimé à 28 millions de citoyens en âge de voter, Abdelouafi Laftit met les partis face à une responsabilité directe : aller chercher les non-inscrits, jusque dans les territoires les plus éloignés, pour éviter que la prochaine majorité repose sur une légitimité arithmétiquement fragile.
Article : Après le choc Evlox, le textile marocain confronté à l’offensive turque
La fermeture d’Evlox à Settat constitue un coup dur pour l’amont textile marocain, au moment où les opérateurs turcs renforcent leur présence industrielle et commerciale. En consolidant leur chaîne de valeur, ces acteurs gagnent en compétitivité. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse la production. Il touche à la capacité de bâtir une souveraineté textile portée par des marques nationales.
Article : BCP. Malgré le repli en bourse, un potentiel de rattrapage encore important
Le titre Banque centrale populaire recule de plus de 16% depuis le début de l’année, dans un secteur bancaire coté lui-même en retrait à la Bourse de Casablanca. Cette baisse contraste avec des résultats 2025 en amélioration et une valorisation qui fait ressortir une décote importante par rapport aux niveaux du secteur.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 12 mai 2026 en baisse, avec un MASI en repli de 0,39% à 18.776,54 points. Le volume global des échanges s’est établi à 196,53 MDH, porté principalement par Managem, LabelVie et SMI.
Article : Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais
Alors que la hausse annoncée des frais de scolarité dans les établissements français au Maroc avait suscité une vague de contestation parmi les parents d’élèves, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a finalement revu sa position et annoncé une augmentation de 6% pour la rentrée 2026, au lieu des 7% initialement prévus.