Santé au Maroc: offre sanitaire, financement..., les derniers indicateurs chiffrés du secteur
Nombre d'unités médicales, de lits, de médecins, dépenses de santé des Marocains, financement de l'AMO et du Ramed... Voici les derniers indicateurs chiffrés présentés par le ministère de la Santé lors d'un congrès organisé vendredi 30 novembre.
Le secteur de la santé concentre toutes les attentions compte tenu des dernières orientations royales et des chantiers de réforme lancés. Lors d'un congrès ayant pour thématique principale le financement de la santé, organisé par la Société marocaine de l’économie des produits de santé (SMEPS), le 30 novembre et le 1er décembre, le ministère de tutelle a livré les indicateurs clés actualisés du secteur.
Ainsi, l'offre sanitaire en 2018 est ventilée comme suit :
- Centres de santé et cabinets libéraux : 11.576 (2.101 dans le public - 9.475 dans le privé), soit un ratio de 3,5 pour 10.000 habitants.
- Lits hospitaliers : 32.557 lits (22.838 dans le public - 9.719 dans le privé), soit un ratio de 9,9 pour 10.000 hab.
- Médecins : 8.442 généralistes (3.818 dans le public - 4.624 dans le privé) et 14.932 spécialistes (7.414 dans le public - 7.518 dans le privé). Donc un total de 23.374 médecins soit un ratio de 7,1 pour 10.000 hab.
- Pharmaciens : 9.317 (403 dans le public - 8.914 dans le privé), soit un ratio de 2,8 pour 10.000 hab.
- Chirurgiens-dentistes : 3.611 (490 dans le public - 3.121 dans le privé)
- Paramédicaux : 29.738 dans le public
Il existe une forte pression sur les ressources humaines dans le secteur. Le ministère a besoin de plus d'effectifs pour combler le déficit et remplacer les départs à la retraite. Entre 2007 et 2016, ce sont 1.397 personnes qui sont parties à la retraite.

Le ministère a également livré quelques données relatives à l'état de santé de la population, à la transition épidémiologique ainsi qu'au recours aux soins et les difficultés d'accès.
L'espérance de vie à la naissance au Maroc est de 74,8 ans. La mortalité infanto-juvénile a baissé à 22,16 pour 1.000 naissances vivantes (NV). Pour ce qui est de la mortalité maternelle, l'indicateur est de 72,6 pour 100.000 NV.
Par ailleurs, 21% des Marocains ont au moins une maladie chronique et 75% des décès sont liés aux maladies non transmissibles.
Au Maroc, il est communément connu qu'il y a d'importantes disparités régionales quand il s'agit de l'accès aux offres de soins. Sur ce point, le ministère avance les informations suivantes :
- La fréquentation des urgences : 16%
- Le recours aux soins : 0,6 contact médical/hab/an
- Le taux d'hospitalisation : 5,6%
- Les accouchements surveillés : 86,6% du total des accouchements
Le financement de la santé
Le ministère de la santé a également livré quelques données sur le financement de la santé au Maroc qui a été au cœur des débats de ce congrès (Statistiques OMS 2018) :
- Dépenses de santé per capita : 160 dollars par an
- Dépenses de santé par rapport au PIB : 5,5%
- Dépenses globales de santé par rapport au budget de l'Etat (BGE) : 7,7%
Ces indicateurs sont les plus bas par rapport à un ensemble de pays comme l'Algérie (292 $ per capita, 7,1% du PIB et 10,7% du BGE), la Tunisie (258 $ per capita, 6,7% du PIB, 13,6% du BGE), la Jordanie (257 $ per capita, 6,3% du PIB, 12,4% du BGE) ou encore le Liban (645 $ per capita, 7,4% du PIB, 14,3% du BGE).


Vers une généralisation de la couverture médicale de base
Le Maroc œuvre depuis quelques années pour la généralisation de la couverture médicale de base à travers l'instauration de l'AMO (2005) et du système Ramed pour les populations pauvres et vulnérables (2012).
Les cotisations AMO en 2016 ont été de 11,05 MMDH, soit une évolution annuelle moyenne de 8,9% entre 2010 et 2016. Les dépenses ont été quant à elles de l'ordre de 7,8 MMDH, soit une évolution annuelle moyenne de 10,6% entre 2010 et 2016. Le régime de l'AMO génère actuellement un excédent, cela dit, les dépenses évoluent à un rythme plus soutenu que les recettes ce qui risque de menacer la pérennité du système à moyen et long terme.
Sur ce volet, le gouvernement entame une nouvelle phase de généralisation de la couverture médicale en l'élargissant à la population des travailleurs indépendants. C'est une population cible de 11 millions de personnes.
>>Lire aussi:
CNSS: A peine 23% des personnes éligibles à l’AMO en profitent

En 2017, la population AMO et Ramed compte 19,8 millions de bénéficiaires, dont 11 millions pour l'AMO y compris les étudiants, 7,4 millions pour le Ramed et 1,4 millions des autres régimes (FAR, Chioukh...).
Financement du RAMED
Depuis la généralisation du Ramed, ce sont plus de 7,65 millions de personnes qui ont une carte active dont 91% en situation de pauvreté et 9% en situation de vulnérabilité. Les bénéficiaires sont à 53% des femmes et 47% des hommes. Ils sont à 51% dans le milieu rural.
En 2017, les prestations de soins offertes par les hôpitaux sont réparties comme suit :
- Consultations d'urgence : 6 millions
- Consultations externes programmées : 2,7 millions
- Hospitalisations : 1,2 millions.
Le budget annuel pour le financement du RAMED est d'un peu plus de 7 MMDH. L'Etat verse 6,3 MMDH, les collectivités 541 MDH et les populations vulnérables 164 MDH.

Sur cet aspect, le ministère de la santé note qu'il y a un écart des recettes provenant des collectivités et des bénéficiaires vulnérables par rapport aux prévisions. Le système du financement du Ramed souffre également du manque de visibilité quant à la cadence de recouvrement des contributions dues et de la non utilisation des recettes provenant des contributions des vulnérables au niveau de l'ANAM (165 MDH).

Le taux de recouvrement des prestations CHU à travers les facturations depuis la généralisation est de 66%. De cette situation le ministère tire un certain nombre de leçons qu'il résume ainsi :
- Si la performance hospitalière a augmenté de plus de 250%, les recettes propres ont chuté de 10 à 15%.
- Hausse du coût des soins de santé.
- Absence de subventionnement direct au profit des hôpitaux Segma.
- Faible capacité de facturation des prestations Ramed au niveau des hôpitaux.
- Méconnaissance des coûts réels de production des prestations hospitalières.
- Absence de tarification nationale de référence spécifique au Ramed.
>>Lire aussi: Santé. Le RAMED, un régime pertinent mais lacunaire (ONDH)
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