2018, année de hausse et de volatilité des prix
Les prix à la consommation ont augmenté de 2% sur les 11 premiers mois de 2018 par rapport à la même période en 2017 qui avait connu une inflation limitée à 0,7%. Carburants, produits frais (viandes, légumes…), enseignement… Les prix de plusieurs produits et services progressent dans un contexte de tassement des revenus.
L’inflation au Maroc repart à la hausse. Sans pour autant atteindre des niveaux inquiétants.
Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat au plan (HCP), les prix à la consommation ont augmenté de 2% sur les 11 premiers mois de 2018 par rapport à la même période en 2017 qui avait connu une inflation limitée à 0,7%.

(Source : HCP)
Cette hausse résulte principalement des produits alimentaires. Alors que les prix de ces derniers avaient stagné l’année dernière, ils ont enregistré à fin novembre 2018 une progression de 1,7%. Celle-ci est certes impactée par l’envolée de 11,8% des prix des boissons alcoolisées et des tabacs, mais elle traduit en grande partie la hausse de 1,3% des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées.
Plusieurs facteurs ont engendré cette inflation :
- Vague de froid en début d’année et son impact sur l’offre de fruits et légumes,
- Augmentation du prix des viandes rouges par les producteurs en raison du renchérissement de leurs intrants et de la hausse de la demande,
- La hausse des prix des carburants entre mars et octobre 2018 et son impact sur tous les transporteurs de marchandises et donc sur tous les produits,
- La baisse de l’offre de volaille au début du quatrième trimestre et l’envolée des prix au détail,
- La grève des transporteurs suite à la hausse des prix des carburants, engendrant l’arrêt de l’approvisionnement des marchés et donc une hausse des prix,
- Les pratiques des intermédiaires qui saisissent la moindre occasion pour amplifier la hausse des prix.
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En parallèle, les prix des produits non alimentaires ont augmenté de 1,9% contre 1,3% durant les 11 premiers mois de 2017. Accélération due principalement à la hausse des prix dans la rubrique « biens et services divers » qui inclut :
- Les assurances transports,
- Les dépenses de bien-être (coiffure, beauté, appareils de soins corporels),
- Les articles de bijouterie et d’horlogerie,
- D’autres services personnels.
Les prix d’autres produits non alimentaires ont poursuivi leur augmentation, comme les transports (+1,5%) et l’enseignement (+2,4%). Ce dernier poste de dépense est en constante progression au fil des années.
C’est en raison de cette évolution, ainsi que d’autres, que le HCP a actualisé la structure du panier de la ménagère en février 2018 pour tenir compte des dernières données relatives aux tendances des dépenses des ménages.
L’institution a réduit le poids des produits alimentaires de 2,7 points, passant de 41,45% à 38,79% ; et augmenté celui des produits non alimentaires qui passe à 61,21%. L’augmentation a concerné les postes de la santé, de l’enseignement, et dans une moindre mesure les biens et services divers ainsi que la culture et loisirs.
Hormis la hausse générale des prix, ces derniers ont été marqués en 2018 par leur volatilité. En effet, l’inflation s’est accélérée entre janvier et juin, passant de 1,1% en glissement annuel à 2,5% après un pic de 2,7% en avril, avant de ralentir jusqu’à octobre à 1,1%.

(Source : HCP)
Cette volatilité est due aux prix des produits frais dont les variations peuvent être drastiques ainsi qu’aux différents facteurs cités plus haut (carburants, grèves…).
Baisse des salaires en termes réels
Cela dit, même si à 2% l’inflation demeure limitée (il s’agit d’ailleurs de l’objectif ciblé par les Banques centrales pour assurer la stabilité des prix), elle n’est pas sans impact sur les consommateurs dont les revenus n’évoluent pas forcément au même rythme, surtout pour les personnes percevant un petit salaire.
Selon Bank Al-Maghrib, l’indice des salaires moyens dans le secteur privé (données de la CNSS) a progressé de 1,3% au troisième trimestre 2018 par rapport à la même période en 2017. Une variation moins forte que celle des prix qui engendre une dégradation des salaires réels (compte tenu de l’inflation) de 1,3%.
Pour les personnes percevant le SMIG, et compte tenu de sa stagnation à 13,46 DH l’heure, le SMIG réel a connu une baisse de 1,6%.
Pendant ce temps, le dialogue social est au point mort… Toutefois, selon Bank Al-Maghrib, l'inflation devrait ralentir à 1% en 2019 avant de rebondir légèrement à 1,2% en 2020.
>>Lire aussi: Marché intérieur. Libéraliser la distribution des produits frais pour faire baisser les prix?
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