Emploi : 6 salariés sur 10 n'ont pas de contrat de travail
Travail sans rémunération, faible protection sociale, insertion précaire dans le marché du travail,… sont autant de maux dont souffre les actifs marocains. Détails.
Trouver un emploi au Maroc est un vrai parcours du combattant pour les jeunes. Mais décrocher un job n’est pas toujours synonyme de la fin des problèmes. Car comme le révèle le HCP dans sa dernière note sur les caractéristiques de la population active occupée en 2018, plusieurs actifs ont des emplois précaires, sans contrats ni couverture médicale et des fois même sans rémunération.
Pas de contrat de travail
Selon les statistiques du HCP, près de 6 salariés sur 10 (59,4%) ne disposent pas de contrat qui formalise leur relation avec l'employeur. Seuls 7,1% des salariés disposent d’un contrat verbal, 8% d'un contrat à durée déterminé et 24% d'un contrat à durée indéterminée.
La part des salariés ne disposant pas de contrat s’élève à 79,7% en milieu rural contre 52,1% en milieu urbain. Cette part passe de 48,8% parmi les femmes à 62,1% parmi les hommes.
Mais les catégories les plus touchées par la précarité de l’emploi sont les jeunes et les non diplômés. En effet, selon le HCP les jeunes de moins de 25 ans sont les plus concernés par le travail sans contrat, avec un taux de contractualisation de 21,2% seulement. Ce taux croit avec l’âge pour atteindre 45,7% parmi les âgés de 45 ans et plus.
Les non diplômés enregistrent un taux de contractualisation faible (20,8%) par rapport aux diplômés et surtout les diplômés de niveau supérieur pour lesquels cette proportion atteint 77,2%.
Travail sans salaire…
Ainsi, le HCP révèle aussi que près d’un actif occupé sur six (16,4%) exerce un emploi non rémunéré. Ce phénomène sévit essentiellement en milieu rural (33%). Pour ce qui est des zones urbaines, elles sont faiblement touchées. (3%).
Par genre, ce sont les femmes qui sont les plus touchés. Près de 39,3% des femmes actives occupées travaillent sans rémunération contre seulement 9,5% des hommes. Cette part atteint 70,5% pour les femmes rurales.
Avec une part de 45,5%, les jeunes de moins de 25 ans sont plus touchés par le travail non rémunéré. Les non diplômés demeurent également les plus concernés par l’emploi non rémunéré avec une part de 21,2% contre 9,9% pour les diplômés.
… dans des conditions difficiles
Quand il s’agit d’analyser les conditions de travail, le HCP révèle que 6,2% des actifs occupés travaillent le jour et la nuit (8,6% en milieu urbain et 3,2% en milieu rural).
La part des actifs occupés travaillant le jour et la nuit, parmi les hommes, est le double de celle enregistrée parmi les femmes (respectivement 7,1% et 3,1%). Elle atteint son niveau le plus élevé dans le secteur des services (11,3%).
Selon la loi, le nombre d’heures légales de travail est de 44 heures par semaine. Or, quatre actifs occupés sur dix (40,4%) travaillent plus de 48 heures par semaine (45,3% parmi les citadins et 34,4% parmi les ruraux). Près de la moitié des actifs exerçant dans les secteurs des BTP (48,7%) et des services (47,5%) travaillent plus que 48 heures par semaine. Selon le HCP, la durée excessive de travail concerne principalement les hommes (48,7%).
Le nombre d’heures travaillées, l’insuffisance du revenu du travail ou l’inadéquation entre la formation et l’emploi, sont des indicateurs reconnus par le Bureau International du Travail et observés par l’Enquête Nationale sur l’Emploi pour définir le sous-emplois.
Selon ces critères, le HCP estime que les personnes en sous-emplois représenteraient en 2018 1.033.000 personnes au niveau national, contre 1.044.000 une année auparavant, enregistrant une baisse de 11.000 personnes.
Les hommes plus touchés par le sous-emploi
Le taux de sous-emploi est ainsi passé de 9,8% à 9,6% au niveau national, de 8,9% à 8,7% en milieu urbain et de 10,8% à 10,6% en milieu rural. Plus de 8 actifs occupés en situation de sous-emploi sur 10 (86,6%) sont des hommes.
Selon le HCP, la majorité (83,6%) des sous employés sont soit sans diplôme (54,6%) ou disposent d’un diplôme dont le niveau ne dépasse pas le certificat de l’enseignement fondamental (29%).
Parmi les actifs occupés diplômés, la probabilité d’être en situation de sous-emploi la plus la forte est enregistrée pour les titulaires de certificats en spécialisation professionnelle (16,4%).
26,1% des travailleurs seulement disposent d’une couverture médicale
Avoir un travail est synonyme d’avoir une couverture médicale de base. Ce n’est pas une vérité absolue, car seulement un actif occupé sur 4 (26,1%) bénéficie d’une couverture médicale liée à l’emploi (38% dans les villes et 11,4% dans la campagne).
La diplomation du candidat joue un rôle dans ce sens. La part des actifs occupés affiliés à un système de couverture médicale augmente, ainsi, avec le niveau de diplôme, passant de 14,6 % parmi les non diplômés à 73,4% parmi les titulaires d’un diplôme de niveau supérieur, explique le HCP.
Pour la retraite, près d’un actif occupé sur 5 (19,4%) est couvert par un système de retraite (31,3% en milieu urbain et 4,8% en milieu rural).
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