Le WAC perd son bras de fer juridique contre Ammouta
Le WAC perd un litige contre son ancien entraîneur Houcine Ammouta. Six millions de DH en jeu. Un dossier où flirtent le sportif et le juridique.
Ils émanent du monde du football, mais c’est sur le terrain juridique qu’ils ont croisé le fer. Le WAC a définitivement perdu son litige contre Houcine Ammouta. La commission centrale d’appel de la Fédération royale marocaine de football a, en effet, confirmé la décision de la Chambre nationale de résolution des litiges, qui avait condamné le club casablancais à verser 6,2 millions de DH à son ex-entraîneur (entre 2017 et 2018).
La commission centrale s’est prononcée le 16 avril 2019, mais le verdict, dont Médias24 détient copie, n’a été notifié aux parties que le 15 juillet. Il fait suite à l’appel interjeté par le Wydad après sa condamnation en première instance.
La procédure avait été initiée par Ammouta plus d’un mois après son licenciement, annoncé par un communiqué datant du 9 janvier 2018 et publié sur le site officiel du WAC. Assisté par Me Hicham Naciri et Me Yassir Ghorbal (Cabinet Allen & Overy), l’entraîneur accusait la direction du club d’avoir résilié, de manière "unilatérale et abusive", le contrat qui les liait pour les saisons 2016-2017 et 2017-2018.
Qui plus est, le demandeur reprochait à son ancien employeur de s’être "indûment abstenu d’honorer ses obligations au titre de la saison 2016-2017" et de la première partie de la saison suivante. Raison pour laquelle il avait réclamé 6,5 MDH de dédommagements. Ce montant comprend différentes indemnités, des salaires dus (entre janvier et juin 2018 à raison de 150.000 DH mensuels) et des primes (par exemple: 3 MDH pour avoir remporté le championnat national et la Ligue des champions).
Représenté par Me Abdellatif Ouahbi, le WAC, pour sa part, introduit une demande reconventionnelle, invoquant la responsabilité de l’entraîneur tout en lui demandant 3,6 MDH au titre de réparation. Une somme qui correspondrait aux dépenses engagées suite aux "fautes" de l’entraîneur.
En substance, le club avait imputé à Ammouta la série des mauvais résultats enregistrés après la victoire en Ligue des champions africaine et, en outre, d’avoir entamé des négociations avec le club égyptien Zamalek alors qu’il était toujours sous contrat avec la formation rouge.
Rejeté en première instance, cet argumentaire a été réitéré en appel sans pour autant convaincre: «Du point de vue contractuel, les défaites en série du club ne prouvent aucunement une faute de l’entraîneur, le contrat ne contenant aucune clause de résiliation en ce sens. Son travail d’entraîneur repose essentiellement sur la bonne diligence et non sur l’obligation de résultat. Tant que sa négligence n’est pas établie, les prétentions du club concernant les dépenses supplémentaires ne peuvent être imputables à l’entraîneur", a tranché la commission centrale d’appel de la FRMF.
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