Charafat Afailal : “Anas Doukkali s’est exclu lui-même du PPS”
Appelée à se prononcer sur la décision de quitter le gouvernement, la réunion du comité central du PPS a abouti à un vote favorable qui a été rejeté par Anas Doukkali. En clamant son intention de rester à son poste, le ministre de la santé s’est attiré les foudres de la majorité de ses camarades. Pour Charafat Afailal, son refus de quitter le gouvernement procède d'une démarche purement opportuniste.
Mardi 1er octobre, le bureau politique du PPS a annoncé sa volonté de ne pas participer au futur gouvernement remanié. Il a soumis cette décision au vote du comité central qui l'a entérinée vendredi 4 octobre.
A l'issue de ce vote, les partisans et les opposants à cette décision se sont affrontés verbalement avec un vrai langage de charretier.
Ainsi, dans une vidéo devenue virale, on peut voir le secrétaire général insulter un membre du BP qu’il accuse de provocation à l’égard des opposants au retrait du gouvernement.
Après le vote largement majoritaire pour le retrait, Nabil Benabdellah s’excusera de son attitude avant d’attribuer les troubles à une infime minorité qui n’a pas accepté le résultat du vote.
Sollicité par Médias24, l’actuel ministre de la santé assume son opposition à la décision des instances du PPS en refusant de se retirer du prochain gouvernement. Anas Doukkali ne nous en dira pas plus avant de nous inviter à une réunion d’explications ce lundi à 17 heures au siège de son ministère.
Sachant que dans d’autres images, il est interpelé assez violemment par sa camarade Charafat Afailal qui lui reproche sa volonté de vouloir rester ministre, notre rédaction a donc contacté l’ex-secrétaire d’Etat pour avoir plus de détails sur leur affrontement dont la vidéo filmée par un confrère a réalisé près de 50.000 vues en 2 jours.
"Je tiens d’abord à m’excuser auprès de l’opinion publique et de mes camarades pour m’être donnée en spectacle car il n’est pas dans mes habitudes de me comporter ainsi. J’ai réagi de cette manière car Anas Doukkali a été très provocateur vis-à-vis de la position adoptée par nos instances.
"En effet, quand nous sommes passés au vote, la tendance pour notre retrait du gouvernement a été claire mais cela n’a pas empêché Doukkali de s’élever violemment contre cette décision unanime.
"Sachant qu’il n’a rejoint le PPS qu’en 2010, je pense qu’il n’a pas compris les règles du jeu politique qui veulent qu’un parti puisse passer de la majorité à l’opposition et vice versa.
"N’ayant pas vécu la longue période d’opposition voire d’interdiction de notre parti, il donne l’impression d’avoir cru que notre participation au gouvernement était éternelle. Furieux, il a voulu influencer le déroulement du vote du comité central en poussant une poignée de jeunes à protester.
"Malgré nos supplications, il a essayé d’arrêter le vote et du coup j’ai perdu mon sang froid face à une minorité qui voulant saboter le processus alors que certains militants venaient de très loin pour valider la décision du bureau politique.
"Encore une fois, je pense qu’il n’a pas assimilé correctement les codes des partis politiques. A titre personnel, j’ai été ministre pendant 5 ans et ce n’était pas la fin du monde quand j’ai dû le quitter. Nous ne sommes pas au gouvernement pour les postes mais plutôt pour servir les intérêts du pays.
"En voulant rester à tout prix à son poste, il oublie que sa fonction de ministre est limitée dans le temps et qu’en plus, il n’a aucune chance d’être repris dans le prochain gouvernement remanié.
"Pour être honnête, sa démarche est clairement opportuniste. D’ailleurs, je ne comprends pas qu’il puisse utiliser les locaux d’une institution publique pour débattre d'une affaire partisane", déclare Afailal en apprenant que Doukkali allait convoquer la presse au siège de son ministère pour expliquer son opposition à la décision du comité central.
Interrogée sur une éventuelle exclusion du parti, Afailal affirme que plus personne ne soutient Anas Doukkali au sein des instances dirigeantes du PPS et qu’il s’est isolé puis exclu lui-même en contestant une décision démocratique largement majoritaire pour des considérations égocentriques et opportunistes.
Ci-après, l’altercation filmée, par nos confrères de Rue20, entre Charafat Afailal et Anas Doukkali :
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