Coronavirus: les annonces de Jouahri très attendues par les milieux d'affaires
Bank Al-Maghrib tient ce mardi 17 mars 2020 son conseil trimestriel qui sera un conseil pas comme les autres. La Banque peut agir sur ses leviers mais aussi proposer des actions au gouvernement. Les attentes du monde économique sont fortes compte tenu des ravages du Coronavirus.
En raison des circonstances nées de la pandémie de covid-19, la traditionnelle conférence de presse du gouverneur de la banque centrale sera remplacée par une intervention en streaming.
Surtout, il y a une forte attente dans les milieux économiques et au sein de l’opinion publique. Le monde économique voit l’inquiétude monter et le gouvernement n’a annoncé lundi, que deux petites mesures contre les difficultés économiques, formulées d’ailleurs d’une manière tellement vague que l’on ne sait même pas si elles ont une réelle consistance. Le communiqué diffusé lundi après-midi fait en effet état de mesures sur les cotisations sociales et les crédits bancaires “au cas par cas“. Une expression rebutante qui évoque une montagne de paperasses et des formalités bureaucratiques.
Abdellatif Jouahri dispose d’une forte crédibilité et d’une grande autorité morale. Il ne manie pas la langue de bois, et lorsqu’il parle, on l’écoute.
Jouahri dispose de plusieurs leviers : ceux de la Banque centrale et ceux relatifs à sa position dans le système économique financier marocain. Bank Al-Maghrib est conseiller du gouvernement. Il peut suggérer, appeler à adopter des mesures plus fortes.
Dans le microcosme économique, on rappelle quelques priorités qui semblent oubliées par le gouvernement :
-garantir la survie des entreprises et la préservation des emplois
-assurer les liquidités et pas seulement en monnaie fiduciaire (ce qui est déjà fait).
-faciliter l'accès au financement bancaire : baisse des taux, des exigences en garanties et en fonds propres, refinancement...
-Freiner l'effondrement de la bourse : décréter une suspension de la cotation ou appeler à cesser les ventes massives.
Dans la forme et dans le fond, l’intervention de Jouahri sera très attendue. C’est un moment de responsabilité, un moment grave. Verrons-nous le Jouahri des grands jours ?
Les impôts ou les salaires, il faut choisir
Au cours des derniers jours, la baisse de l’activité est perceptible à tous les niveaux d’une économie déjà lourdement affectée par la sécheresse visible. Le coronavirus et les mesures de restriction, qui sont légitimes, ont aggravé la situation.
Les paiements inter-entreprises se sont ralenties, et presqu’arrêtées. Les grandes entreprises ne donnent pas forcément le bon exemple. Le président d’une grande institution de Casablanca a donné pour instruction d’arrêter tous les paiements. Les premières victimes sont les TPME évidemment. Des entreprises ayant pignon sur rue ont refusé d’honorer des factures largement échues, alors que leurs services avaient déjà préparé les paiements. Un comportement indécent qui se transmet de proche en proche. Des commandes sont annulées ou reportées. La grande majorité du tissu économique vit dans l’inquiétude.
Dans ces conditions, et dans l’immédiat, au moins 3 catégories de mesures s’imposent, car il faut préserver l’emploi :
-le moratoire sur le paiement des impôts. Il s’agit de repousser des échéances, notamment du 31 mars et d’arrêter les contrôles et les ATD comme l’a demandé à juste titre la CGEM. Il faut que les entreprises en difficulté paient les salaires en priorité.
-le moratoire sur les cotisations sociales.
-le moratoire sur les échéances de crédit bancaire.
Dans certains secteurs comme le tourisme ou le transport aérien, le quasi-arrêt d’activité est imputable à une décision étatique d’annuler les liaisons aériennes. Une décision certes légitime. Mais cela reste un cas de force majeure, prévu d’ailleurs dans le Dahir des obligations et contrats. Un président d’association professionnelle qui se déclare “très déçu“ par les décisions du comité de veille annoncées lundi, estime que la CNSS doit prendre en charge les salaires des employés mis au chômage technique comme dans le cas d’un arrêt maladie.
Une dirigeante d’entreprise dans le domaine du conseil s’exclame : “Nous allons échapper à l’épidémie mais pas à la faillite“.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.
Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.
Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.
Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.
Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.
Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.