Carburants : Nouvelle baisse des prix à la pompe et de la facture énergétique
Le litre de gasoil enregistrera une baisse de 0,9 DH. Le litre d’essence baissera quant à lui de 1,6 DH. La baisse des prix des carburants se poursuit dans un contexte où la demande est au plus bas à cause des mesures du confinement.
Les prix des carburants enregistreront une nouvelle baisse significative après celle de la seconde quinzaine du mois de mars où les prix à la pompe avaient baissé entre 0.80 DH et 1 DH le litre pour le gasoil, et de 1,20 DH le litre pour l'essence sans plomb.
Selon des professionnels du secteur sondés par Médias24, la baisse attendue à partir du 1er avril est de 0,9 DH le litre pour le gasoil et de 1,6 DH le litre.
Ainsi les prix chuteront pour frôler les 7 DH le litre de gasoil sans passer en dessous de ce seuil. Le litre de l’essence sera affiché à un peu moins de 8 DH.
En cumulant ces deux baisses successives, le litre du gasoil a perdu 1,7 DH et celui de l’essence 2,8 DH en 15 jours. Cela sans compter la première baisse qui s’est opérée au début du mois de mars et qui a avait ramené dans un premier temps le litre de diesel sous la barre de 9 DH.
La crise mondiale à l’origine de la baisse
Cette nouvelle baisse des prix à la pompe fait écho à la poursuite de la chute des cours internationaux des matières premières. Le marché international enregistre une baisse de la demande par rapport à l’offre.
« Il y a une surproduction alors que tous les secteurs économiques qui consomment l’énergie à travers le monde fonctionnent à rythme réduit ou sont même à l’arrêt. Transport routier, usines, BTP, transport urbain, véhicules particuliers... », explique notre source.
Ainsi les cours du pétrole raffiné ont de nouveau baissé ainsi que ceux du pétrole brut.
Pour le produit raffiné, la moyenne du platts CIF NWE GO (gasoil) est de 307,5 $/tm contre 419 dollars pour la deuxième quinzaine de mars. Le CIF NWE SSP (essence), dont le cours moyen était de 422 dollars lors de la deuxième quinzaine de mars a chuté à 217 $/tm.
Pour le pétrole brut, les cours « se sont effondrés ce lundi sur les marchés asiatiques, suivant la chute des autres marchés financiers et une aggravation de la crise de coronavirus durant le weekend. Le prix du brut West Texas Intermediate (WTI), référence aux Etats-Unis, a perdu 5,3% à 20 dollars le baril, tandis que celui du baril de Brent de la mer du Nord était à 23 dollars, en baisse de 6,5%, des niveaux jamais vus depuis 2003 », écrit l’AFP ce lundi 30 mars.
Si la baisse des prix du produit raffiné s’explique essentiellement par le ralentissement économique et l’abondance du produit sur le marché, la baisse des cours du pétrole brut s’explique aussi, en partie, par la guerre des prix que se livrent l'Arabie saoudite et la Russie, deux principaux producteurs mondiaux, et qui a entraîné une augmentation des réserves poussant les prix vers le bas.
>> Lire aussi : Carburants: Les prix du diesel sous les 9 DH, la baisse devrait continuer
Le confinement réduit la demande intérieure pour le carburant
Au Maroc, la baisse des prix à la pompe ne profitera malheureusement pas à tout le monde dans la mesure où les mesures de confinement limitent les déplacements de la population au strict nécessaire à savoir aller au travail quand le télétravail n’est pas possible, faire les courses ou aller chez le médecin ou la pharmacie.
Même les déplacements entre les villes sont interdits. Une mesure qui a mis à l’arrêt le transport de voyageurs, grand consommateur de carburants.
Elle est salutaire pour une catégorie de consommateurs seulement comme les opérateurs du transport en commun, le transport routier des produits de grande consommation, les acteurs de la logistique ainsi que les travailleurs qui poursuivent leur activité normalement.
S’il est certain que les opérateurs enregistrent une baisse de la vente des hydrocarbures, il est difficile de l’estimer de façon précise. Nos sources évoquent une baisse de 50%. Une estimation que nous n’avons pas pu confirmer auprès d’autres professionnels du secteur. Cette baisse des ventes n'est pas sans conséquences sur les acteurs du secteur notamment les petits distributeurs et les gérants de stations service.
Soulagement de la balance des paiements
L’autre avantage non négligeable de l’effondrement des cours internationaux des hydrocarbures est son impact sur notre balance des paiements. En ces temps difficiles où le Maroc surveille de près ses réserves de devises, acheter moins cher son énergie est une opportunité pour le Royaume qui ne pouvait mieux tomber.
Avec la baisse de la consommation nationale, peut-on imaginer un double effet sur la balance des paiements : des prix bas conjugués à une baisse des importations des opérateurs ? Un expert écarte cette deuxième hypothèse.
" Difficile de voir les opérateurs baisser leurs importations car d’un côté il y’a des engagements contractuels déjà en place, et de l'autre il faut à tout prix maintenir un stock de sécurité. Les opérateurs ne peuvent pas prendre de risque", nous explique-t-il.
En effet, les opérateurs du secteur profiteront peut-être de ce contexte pour renforcer les stocks de sécurité réglementaires qui doivent être de 60 jours de consommation minimum et qui n'ont jamais été atteints. Ce stock tournait autour d'une trentaine de jours.
Encore faut-il avoir la capacité de stockage pour le faire. Il faut dire qu'avec la fermeture de la Samir, la capacité de stockage du pays a fortement baissé. La tutelle et les opérateurs ont mis en place un programme pour renforcer l'infrastructure de stockage. Entre 2018 et 2019, le ministère de l’Energie avait autorisé plusieurs projets de stockage des hydrocarbures pour porter le stock stratégique de réserve à 45 jours de consommation.
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