Tourisme, MRE et IDE : un choc de 54 milliards de DH pour le Maroc (CDG Capital)
Croissance inférieure à 1% en 2020, chute de 54 milliards de DH des recettes touristiques, transferts des MRE et des IDE…, CDG Capital a publié une étude relative à l’impact de la crise sanitaire sur l’économie marocaine.
Dans cette étude, CDG Capital s’attend à une croissance économique en dessous de 1%, après 2,2% estimés pour 2019, en retenant comme hypothèse 4 mois de crise (de mars à juin) avec une reprise progressive de l’activité à partir de juillet 2020.
Ce ralentissement devrait résulter :
- D’une baisse de 6% de la valeur ajoutée agricole, après -4% en 2019, en raison de la sécheresse. La production céréalière devrait s’établir autour de 30 millions de quintaux.
- D'un ralentissement à 1,2% de la croissance non agricole compte tenu de l’arrêt d’activité dans plusieurs secteurs qui pèsent dans le PIB.
Ses analystes estiment que la demande intérieure devrait contribuer avec 0,9 points seulement à la croissance, contre 2,8 points en 2019, en raison des pertes d’emplois et de revenus, et ce malgré les mesures de soutien prises par le Comité de veille économique.
L’investissement devrait carrément contribuer négativement à la croissance, de -1,2 points contre +0,2 point en 2019, en raison du décalage des décisions d’investissement par le secteur privé et l’Etat.
Par contre, le commerce extérieur devrait contribuer positivement à la croissance, avec 1,3 point contre -0,4 point en 2019, et ce en raison d’une amélioration attendue du déficit de la balance commerciale avec, d’une part, un recul en volume et en valeur des importations (chute des cours des matières premières, recul de la demande marocaine), et d’autre part une baisse moins accentuée des exportations grâce à l’agroalimentaire et aux phosphates.
Impact certain sur les réserves en devises
En effet, il est attendu que le déficit commercial baisse à 16,7% du PIB contre 18,2% en 2019, et que le taux de couverture des importations par les exportations augmente à 61% contre 58% en 2019.
Cela dit, en dépit de l’atténuation prévue du déficit commercial, les réserves en devises devraient subir l’impact négatif de la baisse des trois piliers compensateurs du déficit : Les recettes touristiques, les transferts des MRE et les investissements directs étrangers.
Sur la base d’une hypothèse de recul de 50% du solde voyage, de 30% des transferts des MRE et d’une baisse des IDE similaire à celle de 2019 (-47%), le flux net global émanant de ces trois sources devrait reculer de 54,5 milliards de DH, à 87,3 milliards estimés pour l’année 2020.
Par ailleurs, la distribution de crédits bancaires, qui a repris en 2019, devrait ralentir en 2020 selon CDG Capital en raison du report des décisions d’investissement, de l’arrêt d’activité de plusieurs entreprises et de la montée prévue des créances en souffrance qui devrait impacter la capacité de distribution des banques.
Enfin, l’inflation devrait repartir à la hausse : 1,3% contre 0,2% en 2019, en raison du renchérissement des prix des produits alimentaires.
>>Lire aussi :
Le Maroc a tiré les 3 milliards de dollars de la ligne de précaution du FMI
Coronavirus : Le Maroc se prépare à un éventuel choc sur ses réserves en devises
Exclusif. Ahmed Lahlimi : voici quelques leçons à tirer du choc actuel
Coronavirus : La facture économique pourrait dépasser 70 milliards de DH
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.