Energies renouvelables : 90% des entreprises ont connu une forte baisse du CA
Le secteur des énergies renouvelables (EnR) n’a pas échappé à la crise du covid-19. Plus de 90% des entreprises ont connu une baisse significative de leur chiffre d’affaires, dont 26% ont vu leur CA baisser de 75%.
C’est ce qui ressort d'une étude réalisée par le Cluster solaire auprès de 100 entreprises de différentes tailles (grandes entreprises, PME, TPE et startups) opérant dans différentes activités (industrie EnR, ingénierie et services, installation et maintenance, R&D…). Il s’agit notamment de Masen, Novec, Green Watech, Eco-oil, Engie…
Les résultats de l'étude montrent que près des trois-quarts des entreprises répondantes ont déclaré avoir enregistré des pertes d’au moins 25% de leur CA.
Quant aux prévisions sur toute l'année 2020, l’échantillon s’attend à une baisse de 56% du CA. Ce constat est d’autant plus fort, quand on sait que la majorité des entreprises du secteur connaissaient une tendance haussière du chiffre d'affaires, avant la crise.
Les sociétés ont été affectées, à la fois, par les mesures sanitaires, dont 62% par la limitation des déplacements, par la chute de la demande, et par l’arrêt soudain des approvisionnements, notamment en provenance de la Chine et d’Europe. "A la levée du confinement, les défis du secteur seront désormais la relance de la demande et l’absorption des pertes liées au covid-19", souligne l'étude.
Les TPME sont les plus touchées
D'après le Cluster solaire, 28% de l’effectif global du secteur a été impacté par la crise, dont 20% en arrêt partiel. 8% des employés ont perdu leur emploi de façon définitive.
Les TPME sont particulièrement affectées par la chute de l’activité. Leur effectif a diminué de 40%, dont au moins 10% perdu définitivement. "Une situation qui ne tardera pas à fragiliser de façon structurelle leurs bilans, sans apport de capital et avec un faible accès au crédit".
Une entreprise sur cinq a bénéficié des aides financières
Face à l’état d’urgence sanitaire, l’échantillon des entreprises interrogées a mis en place différentes mesures afin de limiter les effets du covid-19, et de pouvoir continuer à-minima leurs activités. 39% d'entre elles ont pu réorganiser leurs activités en adoptant le télétravail ou une modulation des heures de travail.
Quant aux aides financières mises en place par le Comité de veille économique (Damane oxygène, paiement forfaitaire des salaires par la CNSS, et report de cotisations des CNSS), seule une entreprise EnR sur cinq a pu en bénéficier. 70% n’ont reçu aucune aide, et estiment que cela est dû à:
- l'incompatibilité des aides avec les catégories des entreprises ;
- l'accès non rentable aux lignes de crédits, à cause des coûts des intérêts.
A quand un retour à la normale?
Malgré un sentiment d’optimisme pour certains, le chemin vers la reprise risque d’être long, selon la majeure partie des décideurs interviewés.
Seules 22% des entreprises s’attendent à une reprise en automne, et une part négligeable pense que la crise s’étendra au-delà de 2021.
Par ailleurs, 80% de l'échantillon parlent d’un retour à la normale au bout de 2 ans, le temps de relancer suffisamment la demande, éponger les pertes liées à cette crise et revenir au niveau de 2019.
Par ailleurs, la majorité des entreprises interrogées affirment que si les projets prévus ne sont pas annulés ou reportés et si les facturations engagées avant confinement sont honorées, la reprise peut se faire de façon progressive, même si elle sera lente.
Mesures pour relancer l'activité
D'après le document, les mesures prioritaires pour la relance doivent être d’ordre économique et commercial pour plus des 46% des entreprises, d’ordre financier et fiscal pour 39% d’entre elles, et d’ordre législatif et réglementaire pour 15%.
45% de l’échantillon est demandeur de l’organisation de missions de prospection à l’étranger, avec comme destinations privilégiées l’Afrique Centrale et de l’Ouest, 32% sont pour l’organisation de campagnes de communication auprès de décideurs internationaux, et 23% pour l’organisation de visites d’usines.
Ces mesures peuvent être regroupées en trois principaux axes :
- Sur le plan de l’offre, l’objectif est d'atténuer les dégâts causés par la crise du covid-19 pour éviter qu’elles ne dégradent la santé des entreprises à long terme à travers des mesures d’allègement d’imposition (notamment le report, voire l’amnistie fiscale) ;
- Sur le plan de la demande, il est nécessaire de stimuler la demande pour éviter la contraction de l’activité, à travers la promotion de la fiscalité, l’accélération de la commande publique, en donnant davantage de visibilité aux opérateurs et en promouvant les EnR au sein des établissements et entreprises publiques et dans les secteurs productifs notamment industriel et agricole;
- Sur le plan institutionnel, à travers la mise en place d'un cadre favorisant les investissements dans les EnR.
D’autres mesures telles que la mise en place de lignes de financement et de produits financiers pour le secteur des EnR adaptés aux spécificités des acteurs et aux caractéristiques du marché marocain ont été citées en plus de la mise en place de mécanismes de garanties adaptés pour le secteur.
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