Banque mondiale au Maroc: 823 M$ en trois mois, d'autres financements à l'étude
La Banque mondiale a débloqué plus de 800 millions de dollars en faveur du Maroc pour affronter la crise. Cela s'ajoute à un portefeuille de projets existants toujours en cours d'une valeur de 3,6 milliards de dollars. D'autres financements sont à l'étude. Le point avec Jesko Hentschel, le Directeur du Département Maghreb de la Banque mondiale.
Lors d'une e-rencontre avec le Directeur du Département Maghreb, Jesko Hentschel tenue ce mardi 23 juin, la Banque mondiale a fait le point sur son appui au Maroc, depuis l’avènement de la pandémie Covid-19, ainsi que les enjeux de la prochaine phase.
Le Groupe Banque mondiale prévoit une contraction du PIB marocain de 4% en 2020, un déficit du compte courant de 8,4% du PIB et un déficit budgétaire de 7,5% du PIB. "Ces prévisions seront revues à la lumière de la loi de finances rectificative" sur laquelle le gouvernement travaille encore.
Un soutien financier de 823 millions de dollars
Pour le Directeur du Département Maghreb, "le Maroc a répondu rapidement à la crise avec la mise en place de plusieurs mesures comme le fonds Covid, le confinement, les tests, les aides directes, les produits Damane... Cet effort est très substantiel".
"En comparaison avec d'autres pays, le Maroc a fourni un des plus grands efforts budgétaires dans la région Mena si on exclut les pays du Golfe qui ont des économies différentes".
- Jesko Hentschel est également revenu sur le soutien de la Banque mondiale au Maroc pendant cette pandémie. Un soutien financier, sous forme de prêts, d'une valeur de 823 millions de dollars sur les trois derniers mois. Il s'agit de :
- Un prêt de 275 millions de dollars dans le cadre de la ligne de crédit pour contrer les catastrophes que le Maroc avait contractées avant la crise. Le tirage s'est fait en avril 2020.
- Un prêt de 48 millions de dollars qui s’inscrit dans le cadre d’un financement approuvé en 2015 sous la forme d’un programme axé sur les résultats (PforR) et destiné à appuyer les services de santé primaire. "Ce financement accordé la semaine dernière (17 juin, ndlr), vise à augmenter la capacité de dépistage, la gestion du traçage des cas contact, le suivi de la situation épidémiologique", explique Jesko Hentschel.
- Un financement de 500 millions de dollars validé par le conseil de la Banque mondiale ce lundi 22 juin en faveur de l’inclusion numérique et financière. "Ce programme soutient différentes actions du gouvernement pour affronter la crise et préparer l'économie et le pays pour la relance".
"C'est un effort financier supplémentaire de la Banque mondiale pour contrer la pandémie. On a aussi un portefeuille de projets en cours d'une valeur de 3,6 milliards de dollars", précise le directeur Maghreb.
Un nouveau programme de financement à l'étude
Ce n'est pas pour autant que le soutien financier de la Banque mondiale au Maroc va s'arrêter. Selon notre interlocuteur et en réponse à une question de Médias24, l'institution internationale et le gouvernement marocain discutent déjà de la prochaine étape. Trois principaux axes sont à l'étude.
"Il y a le sujet de la protection sociale sur lequel d'importantes avancées ont été réalisées avec l'adoption de la loi sur le ciblage des bénéficiaires des programmes d'appui social, portant création de l'Agence nationale des registres. Il y a des choses qui sont en cours d'élaboration. On voudrait bien que le soutien de la Banque mondiale puisse contribuer à la mise en place d'une protection sociale intégrée et harmonisée", nous répond Jesko Hentschel.
"Nous travaillons aussi avec le gouvernement pour identifier les projets à soutenir dans le cadre du plan Génération Green notamment pour favoriser l'utilisation des technologies digitales à petite échelle", révèle le directeur Maghreb de la Banque mondiale.
Le dernier axe à l'étude concerne, lui, la mobilité urbaine. "Nous n'avons pas encore un montant fixe pour le soutien financier de cette prochaine étape", précise notre interlocuteur.
Les opportunités post-crise selon la Banque mondiale
Par ailleurs, le directeur Maghreb de la Banque mondiale s'est également exprimé sur les leçons et les opportunités à tirer de cette crise.
"Cette pandémie nous a tous montrés l'importance du digital pour toutes les différentes parties de la société. Que ce soit dans le cadre des services publics, l'accès aux aides, les marchés publics, les opérations financières entre banques et entreprises, ou dans le secteur privé, le paiement électronique ... ", explique-t-il.
Le paiement électronique au Maroc reste faible par rapport à la région. "Il y a 11 transactions par habitant au Maroc alors que la moyenne est de 23 transactions par habitant dans les pays de la région Mena. Donc il y a un gap important".
La Banque mondiale s'intéresse de près à tout ce qui touche à l'accès à l'internet haut débit. "La couverture de l'internet mobile 4G est de 62%, des investissements en infrastructures sont prévus pour porter le taux à 72%".
Ces sujets bénéficieront de l'aide financière de la Banque mondiale dans le cadre du programme des 500 millions de dollars.
Par ailleurs, "cette relance va être différente de toutes les précédentes vues dans le monde, parce que cette relance concerne tout le monde en même temps et un avec d'importants changements".
"Les flux du commerce seront différents, les chaines de valeurs doivent se restructurer, les attentes des populations de leurs gouvernants seront différentes... Tous ces changements amènent dans leur sillage d'importantes opportunités pour le Maroc qui peut utiliser cette relance pour capter des marchés additionnels".
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