Témoignage : “Des vols à haut risque sanitaire !”
Face au nombre croissant de nouvelles contaminations au Covid19, les autorités sanitaires marocaines ne cessent d’appeler la population à respecter les règles de distanciation pour éviter l’apparition de foyers d’infection. Selon un passager de la RAM qui a récemment pris un vol entre Casablanca et Laâyoune, le personnel de la compagnie est tellement débordé par l’incivisme des voyageurs qu’il n’y a plus aucun rappel à l’ordre à bord de ses avions, où chacun se comporte comme bon lui semble et met en danger la santé des autres.
Si les campagnes de sensibilisation relatives aux mesures de précaution nécessaires pour lutter contre la pandémie semblent tomber dans l’oreille d’un sourd, Médias24 a cependant tenu à relayer le témoignage d’un passager d’un vol intérieur consacré à l’inconscience d’une partie des Marocains et à l’absence de réaction de certains prestataires de services qui donnent l’impression de baisser les bras face à l’incivisme ambiant. Récit d'un vol domestique à haut risque sanitaire.
Aucune prise de température durant tout le circuit
« Mardi 5 novembre 2020 à 18 heures : Arrivé à l’entrée de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, quelle est ma surprise quand je découvre qu’il n’y a personne pour prendre la température des futurs passagers avant de pénétrer dans le terminal qui doit me permettre de m’envoler vers Laâyoune.
« Plus qu’étonné sachant que la prise de température fait partie des mesures sanitaires pour prévenir une éventuelle propagation du coronavirus et s’effectue même à l’entrée des supermarchés.
« En dehors d’une signalétique très détaillée sur les mesures de distanciation sociale à adopter dans l’aéroport, non seulement une grande partie des voyageurs ne prenait pas la peine de les respecter mais en plus, aucun préposé de l’ONDA et de la RAM ne veillaient à les rappeler aux éventuels contrevenants », raconte notre interlocuteur qui pense que l’absence de responsabilité civique doit être encadrée et palliée par le personnel de l’aéroport, de la compagnie aérienne voire même des services de sécurité.
« Une fois les bagages enregistrés au comptoir de la RAM, direction la salle d’embarquement où là encore, il n’y aura aucune prise de température des passagers de notre vol qui décolle à 19h30. Idem au moment de pénétrer dans l’habitacle de l’avion qui s’avère être ultra-complet », raconte notre voyageur.
« En fait, le protocole sanitaire établi par le ministère de la Santé dans nos aéroports ne prévoit aucune caméra thermique fixe dans le circuit des vols domestiques au départ et à l'arrivée, mais uniquement aux arrivées des vols internationaux", nous a assuré une source dans le secteur aérien.
L’obligation du port du masque vite oubliée à bord
« Alors que le commandant de bord a rappelé, bien avant le décollage, l’obligation du port du masque, une bonne partie de la centaine de passagers n'ont pas hésité à le descendre sur leur menton ou l'ont carrément retiré totalement une fois installés à côté de leurs proches.
« Au moment de la distribution des repas, tout le monde l’a enlevé et a oublié fort opportunément de le remettre à la fin de leurs agapes.
3 stylos pour 100 passagers, bonjour la contamination
« Pire encore, avant l’atterrissage, les hôtesses ont distribué des fiches sanitaires à remplir mais en omettant de fournir des stylos.
« Résultat des courses, trois ou quatre Bic finissent par circuler pour plus d’une centaine de passagers avec tous les risques de contamination tactile que cela peut poser au moment de la remise des fiches et de la circulation de ces stylos.
Entre l’absence de rappel à l’ordre et de discipline des passagers, un virus aux anges
« Comme si cela ne suffisait pas, à la fin du voyage, l’avion n’avait pas encore touché la piste d’atterrissage que l’ensemble des passagers étaient déjà debout pour prendre leurs bagages dans les casiers et pour se préparer à se précipiter vers la sortie.
« Idem aux guichets de police où une foule compacte s’est agglutinée pour passer au plus vite sans le moindre égard pour la distanciation sociale ou pour les règles que personne n’essayait de faire respecter.
« Il va sans dire que le même scénario s’est reproduit lors du vol de retour Laâyoune-Casablanca du jeudi 5 novembre, avec une absence de prise de température ou de simple respect des autres », rembobine avec beaucoup d’inquiétude notre interlocuteur qui tient à rester anonyme.
Au moins une personne contaminée dans l’avion Casa-Laâyoune
Déjà inquiet des éventuelles conséquences de son périple pour sa santé, notre source apprend, une fois rentré chez lui, qu’un de ses collègues qui a emprunté le même vol que lui, s’est avéré positif au test du coronavirus.
« Je ne sais pas s’il l’a attrapé lors de son voyage vers Laâyoune ou s’il l’avait déjà contracté avant, mais dans les deux cas de figure, la responsabilité des autorités de transport (ONDA et RAM) est, selon moi, entièrement engagée.
« En effet, on l’a laissé monter dans l’avion sans prendre sa température et on a donc mis en danger pas moins d’une centaine de personnes », conclut notre source qui espère que son cri d’alarme sera suivi dans le court-terme de vraies mesures de contrôle à l’embarquement…
Seule solution, un policier derrière chaque Marocain ?
Joints par Medias24, des responsables de la RAM et de l’ONDA reconnaissent, à demi-mots, que leurs personnels respectifs sont débordés par l’irresponsabilité d’une bonne partie des passagers mais qu'ils ne peuvent pas mettre mettre un policier derrière chaque client indiscipliné ».
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