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Coronavirus

Covid. La baisse du nombre de tests quotidiens inquiète les experts

Le nombre de tests quotidiens est en baisse depuis plusieurs semaines. Le ministère de la Santé n'a pas expliqué cette tendance qui se confirme. Mais au-delà des raisons, cette baisse de la capacité de dépistage à la veille de la campagne de vaccination inquiète les experts.

Covid. La baisse du nombre de tests quotidiens inquiète les experts
Hayat Gharbaoui
Le 17 décembre 2020 à 19h21 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le 10 octobre, pas moins de 25.131 tests PCR ont été effectués. Le 10 novembre, un peu plus de 20.000 tests ont été réalisés contre 19.179 le 10 décembre 2020. 

Ce jeudi 17 décembre, le bilan quotidien fait état d'à peine 17.010 tests réalisés. Une différence de 8.000 tests si l'on compare le 10 octobre au 17 décembre.

Depuis début décembre, le nombre de tests quotidiens est en dessous des 20.000. 

La tendance baissière se confirme comme le démontre le graphe ci-dessous.

Covid. La baisse du nombre de tests quotidiens inquiète les experts

De quoi interpeller sur les raisons de cette baisse des tests, alors que la stratégie marocaine de lutte contre la pandémie est axée sur le dépistage précoce. Tous les experts sondés par Médias24 depuis le début de cette crise sanitaire insistaient sur la nécessité de maintenir la cadence des dépistages pour détecter le plus rapidement possible les positifs, commencer le traitement tôt afin d'éviter ainsi les complications, la saturation des services de réanimation et la hausse des décès. 

Or, c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui. Car même si le nombre de nouveaux cas quotidiens et le nombre de cas actifs sont en baisse, ceux des admis en réanimation et des décès maintiennent leur tendance haussière. 

Ce qui fait dire au professeur Ahmed Rhassane El Adib que "les chiffres quotidiens publiés par le ministère de la Santé ne reflètent aucunement la réalité. Ils sont biaisés pour plusieurs raisons, en partie par la diminution de notre capacité de testing. Les politiques de gestion régionales laissent à désirer, et on n’a pas d’idée sur l’immunité de la population".  

Pourquoi notre capacité de testing a-t-elle baissé ? Une question à laquelle aucun officiel ne veut répondre. Médias24 a contacté le ministère de la Santé mais n'a pas eu de réponse. 

"Pas de pénurie de réactifs"

Néanmoins, certaines hypothèses s'imposent d'elles-mêmes. La première étant la pénurie de tests. Une piste qui semble à première vue plausible après les récentes déclarations de Moulay Hafid Elalamy au Parlement. "Le kit de prélèvement, on le ramenait de Chine. A un moment on ne le trouvait plus. Cela fait des mois qu'il est produit au Maroc à 100%. Le test PCR, produit aussi par la Chine, était indisponible. On utilise désormais le test marocain produit par Mascir", a déclaré le ministre.

Moldiag, la start-up qui produit et commercialise le Kit Mascir pour le diagnostic de la Covid-19 assure que la pénurie des tests n'est pas la cause.

Ses kits sont les seuls utilisés dans le secteur public. elle a reçu en novembre une commande pour un million de tests, à livrer en 6 semaines. 

La start-up a une capacité de production qui va jusqu’à un million de kits par mois. Elle peut augmenter la production jusqu’à 2 millions de tests mensuellement. 

Tests antigéniques et résistance au dépistage

Certains experts sondés par Médias24 imputent la baisse du nombre de tests quotidiens à plusieurs facteurs à la fois. Il y a d'un côté l'entrée en service des tests antigéniques rapides notamment à Casablanca. Ces tests qui, selon nos informations ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles, sont de plus en plus utilisés dans la capitale économique où sont concentrés le plus grand nombre de cas et de tests.

Il y a aussi, les personnes qui ne vont pas se faire tester et arrivent aux urgences dans un état critique ou grave avec une atteinte pulmonaire de 70% ou 80%. Ceux-là sont admis sur la base d'un scanner pulmonaire. Le test PCR vient en support et des fois il peut même s'avérer négatif car la charge virale baisse à J+10 ou plus de la contamination. 

D'un autre côté, nos sources font état d'une certaine réticence des citoyens à aller se faire tester pour plein de raisons. Soit par ignorance, indifférence, peur, découragement à cause du temps d'attente dans le public, ou par manque de moyens pour aller dans le privé ... Un fait confirmé par le témoignage d'une pharmacienne opérant à Sidi Moumen et reçu par Médias24. 

"Il faut aller voir dans les centres de tri Covid à Casablanca pour constater de visu ce qui se passe. L’Etat teste très peu. De ma propre expérience sur le terrain, je constate que les gens n’ont pas les moyens de faire un test dans le privé. Ils vivent dans le déni malgré les symptômes et préfèrent rester chez eux; donc ils contaminent plus de gens et meurent chez eux sans être comptabilisés dans les statistiques", avance-t-elle. 

"Quand on évoque la Covid avec eux on se fait insulter. Quand on refuse de leur dispenser des anti-rhumes, on est agressé. Et le peu de gens qui suivent notre conseil pour se faire dépister, reviennent bredouilles en nous disant qu'on les a renvoyés", témoigne-t-elle.

Un facteur accentue cette réticence, l'imminence de la campagne de vaccination. L'espoir qu'apporte le vaccin et les annonces faisant état du démarrage au cours du mois de décembre de la vaccination au Maroc sont pour certains une raison suffisante pour attendre et ne pas aller se faire tester. 

Il faut redoubler les efforts 

Cette situation, quelles qu'en soient les raisons, inquiète les experts. "Au moment où il faut augmenter les tests, comme ce qui se fait partout dans le monde, au Maroc leur nombre baisse. Il faut remédier à cela le plus rapidement possible", commente une de nos sources. "Il ne faut pas se leurrer, le nombre de malades en réanimation et le nombre de décès sont toujours élevés et poursuivent une tendance haussière. Il ne faut pas lâcher si près de l'objectif", poursuit-elle. 

"Nous nous apprêtons à lancer la campagne de vaccination, ce n'est pas du tout le moment de lâcher le principal, à savoir le diagnostic et le traitement précoces. Que les tests soient des PCR ou antigéniques peu importe, l'essentiel est de maintenir le cap en termes de stratégie de dépistage", alerte un membre du comité national de vaccination. 

"Nous espérons que le ministère va reprendre en main la stratégie de dépistage en réalisant plus de tests pour éviter une hausse des contaminations qui risque de compliquer la campagne de vaccination", poursuit notre source.

"Et puis, il faut continuer à insister sur les mesures barrières qui doivent rester la principale arme pour contrer la propagation du virus", conclut-elle. 

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Hayat Gharbaoui
Le 17 décembre 2020 à 19h21

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