Variant anglais du Coronavirus au Maroc : Le point avec Pr Abderrahmane El Maâroufi
Le Maroc en est toujours à un seul cas avéré de contamination au variant anglais du Coronavirus. Les séquençages génomiques des cas contacts, dont certains testés positifs à la Covid, sont toujours en cours. Eclairages du Pr El Maâroufi, directeur de l'Institut Pasteur.
Toujours asymptomatique, le premier cas de contamination au variant du Covid-19 apparu au Royaume-Uni est, à date, le seul cas confirmé.
Joint par Médias24, Pr Abderrahmane El Maâroufi, directeur de l’Institut Pasteur du Maroc et professeur de santé publique et d’épidémiologie, déclare que “certains cas contacts (du premier cas de contamination par le variant anglais, ndlr) se sont avérés positifs au Covid-19 mais le séquençage génomique, qui permet de déterminer s’ils ont été contaminés par le même variant, est toujours en cours. Il s’agit d’une opération qui dure 2 à 3 jours”.
Dans l’attente de ces résultats, l’application du plan national de surveillance génomique se poursuit. Il s’agit d’un programme lancé par le ministre de la Santé, à travers lequel certaines situations sont ciblées pour détecter l’introduction ou l’apparition de variants du Covid-19.
10% des prélèvements positifs sont soumis au séquençage génomique
C’est dans le cadre de ce programme qu’une enquête au sein des écoles a été lancée. Il s’agit d’une opération de dépistage de 30.000 collégiens et lycées dans 6 régions du Royaume qui a révélé un taux de positivité de 2% et dont les examens génomiques sont toujours en cours, selon Pr El Maâroufi.
Dans le même sillage, il a été décidé, via une circulaire du ministre de la Santé, que 10% des prélèvements positifs effectués dans tous les laboratoires du Royaume soient soumis à un séquençage génomique.
Outre cette décision, les voyageurs et leurs cas contacts ainsi que les cas de réinfection représentent des situations à risques, nécessitant un séquençage génomique. C’est pourquoi, Pr El Maâroufi insiste sur l’importance, pour les citoyens se trouvant dans l’une de ces situations, de le signaler lorsqu’elles se font tester ou lorsqu’elles consultent des médecins en cas de doutes.
Pr El Maâroufi souligne qu’en parallèle, des dépistages sont effectués au niveau des entrées du territoire national, via des tests antigéniques et que toutes les régions sont à l’affût d’éventuelles naissances de clusters inhabituels. "Il s’agit de foyers épidémiques d’une ampleur importante ou qui comptent des formes graves de contamination", précise-t-il.
“C’est grâce à cette surveillance épidémiologique que les Anglais ont découvert ledit variant”, indique la même source.
"Des protocoles sont en cours de développement pour cibler les variants de l'Afrique du Sud et du Japon"
Le plan national de surveillance génomique est l’une des nouvelles mesures introduites dans notre pays dans le cadre du plan national de riposte. Il est déployé au niveau national avec une stratégie claire ciblant des situations suspectes en particulier.
Il a pour premier objectif de prévenir l’introduction des souches mutantes, à travers le contrôle et la veille au niveau des frontières. Il vise aussi à limiter la transmission par la vigilance et à détecter l’apparition de nouveaux variants à travers la veille génomique.
Cette dernière porte sur le variant anglais qui est la seule mutation prioritaire du plan de surveillance. Sachant que pour cibler les autres variants, notamment celui de l’Afrique du Sud ainsi que celui du Japon, des protocoles sont en cours de développement, nous explique Pr El Maâroufi.
Ce dernier insiste, par ailleurs, sur la nécessaire application stricte des gestes barrières qui sont, selon l'OMS, le moyen le plus efficace pour éviter la contamination et ce, quelle que soit la souche.
"Face à un virus dont le taux de transmission est plus élevé de 70% d'après les données publiées en Angleterre et qui présente des formes plus graves chez les jeunes, il est impératif d'appliquer les mesures préventives, de porter le masque de protection et respecter les décisions de restrictions prises au niveau national", souligne notre interlocuteur.
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